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“ A ceux qui demandent que le clergé soit proscrit de notre société, de notre politique, nous demandons par quelle influence morale 1ls se proposent de diriger à l'avenir te peuple ? Nous leur demandons s'ils réfléchissent à ce qu'ils font ! Nous n'avons pas peur de dire ja vérité, et nous seatons qu'elle doit être dite bien haut et bien fort dans le moment actuel. Faites disparaitre le clergé de ia politique, et :e peuple canadien-français sera gouverné par l'argent, par la boisson, par les préjugés, par la mauvaise presse et, conséquence rapide, par l'élément anglais.
“ Nos adversaires le savent. Ils nous accuseront néanmoins de calomnier nos compatriotes. Non, nous ne calomnions pas en disant ces choses. Tous les peu- “les se ressemblent : trouvez-en un seul qui, s'étant séparé de la religion, ait échappé à la corruption, au joug des préjugés, à la tyrannie...
“ Que le clergé ne laisse pas détruire sa puissance : nous l’en supplions dans l'intérêt de notre chère Province de Québec. (Il faut suivre aujourd’hui ce conseil en luttant contre M. Tarte lui-même. Eût-il pu le croire possible, lorsqu'il écrivait ces lignes ?) Elle ne restera française qu'en autant qu'elle restera attachée à l'Eglise qui l’a enfantée à la vie des peuples, qui a veillé sur elle avec toute la tendresse d’une mère au cœur pur et généreux. Certes, ces soins jaloux, dont nous avons été l’objet de la part de l'Eglise, sont parfois récompensés par une singulière ingratitude. ”
Rien de plus vrai que tout cela, rien surtout qui condamne plus formellement les principaux actes de M. Tarte en ces derniers temps. En effet, n’a-t-il pas, en compagnie de M. Laurier et d’une quarantaine d'autres leur faisant queue, porté plainte à Rome contre le clergé et, en particulier, contre les évêques ? Ne les a-t-il pas accusés d’être intervenus, aux élections de juin