‹ Le libéralisme du P. HyacintheChapitre 5 sur 19 · LE PAPE · texte numérisé non relu

LE PAPE

De l'infaillibilité. — Du pouvoir temporel.

L'Église est la dépositaire de la vérité, mais dans la société religieuse comme dans la société civile, il faut un chef ; pour vaincre dans les luttes de la doctrine, il faut un guide sûr et qui ne puisse pas tromper. Où trouver ce fil conducteur à travers le labyrinthe des erreurs modernes? Où découvrir au milieu de la tempête le phare qui indique le port? La papauté qui a présidé à Féducation des nations chrétiennes,

tqui s'est inclinée sur leur berceau pour le cou-

^84vrir de ses bénédictions, qui les a enveloppées de ses lumières et de sa sollicitude dans tout le cours de leur vie historique, la papauté ne pouvait assister en silence à la destruction d'une œuvre qui est en grande partie la sienne. Elle devait élever la voix pour donner au monde un enseignement pour disputer les consciences à la Révolution. •

Et c'est là rimposant spectacle auquel nous assistons depuis cent ans : la lutte de la papauté avec la Révolution. Depuis le bref de Pie VI au cardinal de Larochefoucauld jusqu'à Pencyclique Quanta cura de Pie IX, la chaire apostolique n'a cessé de faire entendre au monde moderne ses solennels avertissements.

« Chaque fois que la Révolution dépouillait d'un rayon la royauté sociale de Jésus-Christ, une encyclique partait de Rome, pénétrante comme la pointe d'un glaive, lumineuse comme un éclair dans une nuit d'orage. Elle allait frapper tout droit la fausse liberté, la fausse égalité, la fausse autorité, toutes ces idoles contemporaines, aux bras d'airain et aux pieds d'argile. Elle rappelait aux rois et aux peuples que la religion est le fondement de la société civile ; que le règne de Jésus-Christ est la fin principale des

institutions humaines; que Pautorité n'est pas la somme du nombre et des forces matérielles; que a volonté du peuple ne constitue pas la loi suprême de ce monde; que les faits accomplis n'ont pas par cela même la valeur du droit ; que rÉglise catholique est une société pleine et parité, et qu'il n'est permis à personne de mettre obstacle à sa liberté. Voilà ce qu'ont dit et répété en face de la Révolution les pontifes romains, vicaires de Jésus-Christ, sur le trône comme dans l'exil, prisonniers ou libres, au Vatican comme à Fontainebleau et à Gaëte ^ ».

Et comme les peuples égarés par la Révolution étaient tentés de mettre en question J'autorité doctrinale du siège apostolique, le concile du Vatican'a proclamé l'infaillibilité du pape, lorsque en matière de foi ou de morale il s'adresse au monde comme docteur universel; et cette infaillibilité, le concile l'a imposée à tous les croyants comme un dogme de foi.

Quand les catholiques, qui depuis dix-huit siècles avaient reconnu l'infaillibilité du pape, apprirent que cette reconnaissance était un dogme, ils n'en furent pas étonnés : le dogme

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