‹ Le libéralisme du P. HyacintheChapitre 6 sur 19 · I. Mgr Freppel · texte numérisé non relu

I. Mgr Freppel

— 86 -^ était déjà dans leur cœur comme dans leur raison ; ils s'en réjouissent. Dans le domaine des mystères et du surnaturel la foi ne peut se consoler que par la foi. La définition des dogmes est donc pour FÉglise catholique une loi d'une éternelle opportunité.

Les hérétiques, les catholiques de nom, les rationalistes, protestèrent contre la définition du concile, ou en rirent. Mais au fond, l'Angleterre et la Russie savent bien que cette parole de morale divine, de justice éternelle, est la seule qui éveille, dans la conscience des peuples et des rois, les devoirs réciproques; elles savent que le jour où on ne l'entendrait plus, ce serait le silence de la mort sociale.

Et d'ailleurs, pourquoi tous ces sarcasmes, toutes ces protestations ? Quel changement ce dogme a-t-il opéré dans la foi et dans les rapports de l'Église et de l'État ?

Si vous aviez sérieusement interrogé la tradition. Père Hyacinthe, vous qui accusez l'Église catholique d'avoir altéré la foi primitive, vous auriez vu se lever à travers les siècles chrétiens une nuée imposante de docteurs qui attestent la croyance de leur époque à l'infaillibilité du vicaire de Jésus-Christ. Leur témoignage a été

recueilli dans de nombreux et de savants ouvrages publiés au moment du concile ou. depuis*. Mais peu importe, les vieux catholiques reviennent sans cesse à ce prétendu changement de l'Église. Ils nous rabâchent en cent endroits des

rieux communs sur les fausses décrétales qui seraient le point de départ de la déviation de r Église catholique et de l'omnipotence du pape. Gela a été dit et répété, cela traîne dans tous les ruisseaux, mais cela est nouveau pour

Heux.

H Les décrétales collectionnées par Isidore sont fausses dans la forme, c'est-à-dire qu'elles ont été rédigées par un faussaire sous la forme de documents authentiques, et attribuées par lui à des personnages qui n'en sont point les auteurs ;

Kmais pour le fond, elles présentent des règles généralement en usage, des principes réellement en vigueur, des enseignements empruntés aux autorités compétentes, c'est-à-dire à l'Écriture, aux Pères, aux conciles et aux écrivains ecclésiastiques ; de sorte, qu'en modifiant la suscription et la chronologie des fausses décrétales, et en

l'^m' I • Dotn Guéranger ; l'abbé Constant : Histoire de Pin-

'^^^falliilfUité ; l'abbé Lcsmayou : De f infaillibilité ; etc.

restituant aux citations altérées ou tronquées le texte original des sources, on aurait Texpression de la vérité basée sur TEcriture et la tradition.

Le calviniste Blondel, qu'on ne peut soupçonner de partialité pour le catholicisme, avoue que ces décrétales, sauf un petit nombre dVxceptions, ne sont qu^un tissu de lois civiles, d^'anciens canons et de passages des Pères qui ont fleuri aux quatrième et cinquième siècles. D'où il suit manifestement que les fausses décrétales nont point inventé « l'omnipotence du pape. »

Il est certain que le but du faux Isidore n'a pas été d'étendre l'autorité et les prérogatives du siège apostolique, mais d'arracher les évêques à l'arbitraire des rois et des seigneurs qui les faisaient souvent mettre en jugement pour disposer des revenus des évêchés. Le but principal du faux Isidore fut donc de soustraire les évêques aux jugements des synodes convoqués par les princes, et de les faire renvoyer à un juge plus autorisé, le pontife romain. Il a voulu remettre en vigueur les vrais principes du droit tombés en désuétude et son tort a été de faire valoir à cette fin des documents apocryphes ou interposés, parfaitement inutiles en présence des documents authentiques. C'est ce qu'établissent les

critiques modernes , non-seulement parmi les catholiques comme Walter, Mœlher^ Phillips, et bien d'autres, mais aussi parmi les protestants, par exemple Spittler, Richter, Kunst, Vasserschleben, Gfrôrer; Eichorn a voulu les contredire, mais il a été. réfuté dans la Revue trimestrielle de Tubingue,par le docteur Héfélé, aujourd'hui évêque de Rottembourg. Les protestants Luden, Léo, Schseneman reconnaissent loyalement aussi que les fausses décrétales tendent bien plus à protéger Pindépeiidance des évêques qu'à rehausser le pouvoir pontifical.

Quant à la puissance et aux prérogatives du saint-siége, il est désormais acquis à l'histoire que les décrétales n'ont pas touché à un seul point qui ne fût établi déjà et que leurs prétendues innovations sont justifiées par des faits et des monuments plus anciens. C'est ce que vient de prouver de nouveau dans une œuvre abrégée et d'une forme très-attachante, M. Rambouillet, vicaire à Saint-Philippe du Roule. Son opuscule n'a que trente-cinq pages in-32, et on y trouve les textes de chacune des fausses décrétales cités par Melchior Canro, suivis des textes des conciles et des Pères des huit premiers siècles de l'Église.

De plus, ces fausses décrétales ne sont qu'une

compilation, sauf quelques exceptions, de textes de droit canon, de lois et de témoignages des Pères des quatrième et cinquième siècles, comme Taffirme Blondel, si peu suspect. Or, comment les vieux catholiques, qui admettent renseignement des huit premiers siècles de TÉglise, se mettent-ils en contradiction si ouverte avec euxmêmes ?

Les vieux catholiques, nous le savons, se mettent singulièrement à Taise avec la vérité et les témoignages historiques; ils poursuivent leur but : en dépit des contradictions les plus notoires, ils dénoncent le pouvoir des papes, « leur omnipotence » basée sur ces fausses décrétales, convaincus que ce qu'ils disent n'est point vrai du tout. Dès lors les conciles, depuis ce temps, ne sont plus des conciles, les papes s'arrogent une puissance qu'ils n'avaient point primitivement, l'Église s'enfonce dans l'erreur, tout marche au chaos; il n'y a plus d'Église, plus de Credo ; saint Thomas d'Aquin, par sa Somme théologique, contribue à développer» cette plante vénéneuse », c'est-à-dire le catholicisme, et nous arrivons jusqu'à notre époque, marchant depuis des siècles dans les ténèbres de l'ignorance et de l'hérésie.

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Comment les chefs de nation, les publicistes qui n'ont plus comme autrefois la moindre teinture de théologie et de droit canon, ne subiraient-ils pas rinfluence de ces illusions. Aussi M. Gladstone en Angleterre, nos prétendus libéraux en France, n'ont pas manqué de reprocher au nouveau dogme d'avoir troublé les rapports de rÉglise et de l'État.

Considérez l'infaillibilité comme dogme et comme fait, et vous verrez si les gouvernements ont lieu de trembler.

Ce dogme opère-t-il une révolution politicoreligieuse ? Nullement. En effet, un dogme est une vérité contenue dans la Sainte- Écriture et dans la tradition, mais implicitement et d'une façon plus ou moins précise, et, quand le temps est venu, une autorité infaillible formule nettement ces vérités. D'où il suit, que cette autorité soit le pape seul ou le pape consultant officiellement les évêques, qu'importe ! la définition d'un dogme dans l'un et l'autre cas ne sera jamais qu'une vérité issue de la tradition. Que fait ici le nombre ? L'infaillibilité vient-elle de Dieu ou de l'homme ? Si elle dérive de Dieu, en quoi l'action divine est-elle moins efficace dans un seul

imme que dans huit cents évêques ? Les vieux

Kl

catholiques auraient-ils la prétention de limiter la puissance de Dieu ? Oh ! sans doute, humainement parlant, une assemblée d^hommes réunis apporte plus de science et d'érudition, et malgré cela ces hommes peuvent errer. Nous n'en sommes point réduits à recevoir nos dogmes de la bouche d'une assemblée humaine. En définitive r Infaillibilité et la proclamation de nos dogmes .ne s'expliquent que par la présence et l'action du Saint-Esprit. Parce que cette action du Saint-Esprit se concentre sur un seul homme au lieu de se répandre sqr cinq cents hommes, comment nos dogmes perdent-ils leur nature et en quoi la situation politico-religieuse se trouvet-elle modifiée ? L'action de Dieu est la même. Dès lors l'Église n'a point changé la nature de son symbole et de son enseignement dogmatique.

Le pape peut définir un dogme en dehors de la consultation officielle des évêques : voilà tout. Cest une simple question d'arithmétique. Le pape s'entourera de lumières , d'expérience , comme par le passé ; il consultera la tradition, et les gouvernements du dix-neuvième siècle n'auront pas plus le droit de s'émouvoir, en face de la proclamation d'une vérité catholique, que les

gouvernements des dix-huit siècles qui précèdent.

Ah ! si rinfaillibilité du pape entraînait la définition dogmatique de tout ce qui peut passer par la tête d'un homme, ou si rinfaillibilité se confondait avec Timpeccabilité (ce que les vieux catholiques à bout d'arguments se plaisent à répéter) je comprendrais les frayeurs des princes, mais ces suppositions sont tellement absurdes qu'elles n'ont de prise que sur les sots et les insensés. Le pape, comme homme privé, est sujet à l'erreur et à mille faiblesses. Le pape, s'il agite des questions en litige et s'il expose un système comme théologien ou légiste, peut encore se tromper. Enfin le pape s'adresseàl'ÉgUse comme docteur universel, définit un dogme, et sa parole, sous l'action mystérieuse de l' Esprit-Saint, devient infaillible. Ces trois situations du pape dégagent trois autorités distinctes et trois jugements divers.

Je conclus que le concile du Vatican n'a modifié en aucune façon « la situation politico-religieuse du monde » car l'infaillibilité de l'Église catholique n'a point changé de nature. Le changement se réduit à déclarer de foi catholique une vérité qui n'avait pas encore ce caractère.

Eh ! mon Dieu, ce dogme indirectement accepté par tous les siècles et le bon sens philosophique, puisque le pape confirmait les décrets de chaque concile, et que la vie et la vérité, c'est une loi générale, descendent de la tête dans les membres ; ce dogme contenu implicitement dans les paroles de Jésus-Christ à saint Pierre, le concile du Vatican Ta proclamé, comme le sixième concile œcuménique définit nettement le dogme des deux volontés du Christ implicitement renfermé dans le dogme des deux natures. Le symbole catholique croît, mais il ne change pas. Croître, c'est développer ce qui est en germe. L'infaillibilité accordée par Jésus-Christ à saint Pierre n'a point changé de nature : après dix-huit siècles d'une constante et publique tradition, ce dogme est formulé explicitement.

-En fait les gouvernements se portent-ils plus mal depuis le concile du Vatican? Les vieux catholiques seraient bien bons de nous dire en quoi rinfaillibilité du pape est nuisible à la gestion de leurs affaires, comment ce dogme a changé la face du monde, influé si malheureusement sur les caractères et Les événements ; et une fois lancés dans cette démonstration, je ne vois pas pourquoi ils ne prouveraient pas que l'infaillibi-

lité du pape est la cause des défaites de la France et de rincendie de ses monuments.

Encore une fois, rien n'est changé si ce n'est qu'un dogme déjà contenu dans la tradition vient d'être défini. Ce n'est pas une nouveauté, car ce qui existe depuis des siècles n'est pas nouveau.

Vous n'êtes nullement embarrassé de cette évidence des choses et de ses contradictions multiples. Père Hyacinthe, vous jetez au monde cette magistrale affirmation: Nous sommes TÉglise, r Église pure, l'Église incorruptible dans sa doctrine, dans sa vie, dans sa sainteté, dans sa constitution hiérarchique, et vous exaltez les Dœllinger, les Reinkens, etc.

Vous, l'Église catholique! Mais qui êtes- vous donc? D'où venez -vous? Qui vous envoie? Quelles sont les notes de votre Église ? Quel est votre Credo ? Vous n'êtes qu'une poignée d'hommes ramassés sur tous les chemins. Vous entendez-vous seulement ? Non, car vous. Père Hyacinthe, vous répudiez énergiquement les spoliations et les violences de la Suisse. M. Herzog nie ce que M. Michaud affirme, puisqu'il n'admet aucun concile œcuménique. M. Sainte-Ange

Rèvre fustige avec ardeur M. Herzog, qu'il traite •

de coureur d'épiscopat. Enfin les synodes vieux catholiques n'ont abouti jusqu'ici qu'à une radicale impuissance doctrinale et à des orgies de table. Quand on se dit TÉglise catholique, il faut d'abord s'entendre entre soi, et vous êtes divisés -, proclamer un Credo, et vous n'en avez point ; établir une discipline et elle n'existe aucunement \ constituer une vraie hiérarchie et je ne vois parmi vous personne qui commande, et surtout personne qui obéit.

Ce n'est pas seulement l'infaillibilité du pape qui vous gêne, mais la papauté elle-même, et vous voudriez la supprimer ainsi que son institution, son existence et son histoire.

Dœllinger, votre ami, vous donne en même temps qu'une sage leçon, le démenti le plus net; je le cite bien volontiers : « Une Église natio- « nale ne pourrait pas subsister sans un primat, (( sans un chef suprême maintenant l'unité. C'est « ce que tout le monde comprend, et ce que « ThistDirea démontré....

« Celui qui dit : Je ne reconnais pas le pape ; « l'Eglise à laquelle j'appartiens veut subsister « par elle-même ; le pape est pour nous un étran- « ger.'son Église n'est pas la nôtre, celui-là dit « par là même : Nous nous séparons de l'Église

« universelle ; nous ne voulons plus être mem- « bres de ce corps.

« Affirmer théologiquement qu'il ne doit et « qu'il ne peut y avoir dans T Église, en général, oc aucun primat, que la papauté est une institu- « tion contraire à la volonté du Christ, c'est dé- « clarer en d'autres termes qu'il ne doit pas « exister une Église universelle embrassant toute « la multitude des nations; que les peuples, au « point de vue religieux, doivent être séparés les a uns des autres.... »

Voilà ce qu'a écrit Dœllinger, et ce qui aurait dû vous faire réfléchir, si vous tenez comme vous le dites à rester dans le sein de l'Église universelle. Mais quand on est une fois engagé dans la voie de l'erreur il faut ou se rétracter ou aller jusqu'au bout; et c'est ce que vous avez mieux aimé faire. Toutefois ne pouvant ruiner en un jour le majestueux édifice de la papauté vous cherchez à le miner sourdement.

Vous avez salué de vos acclamations la chute du pouvoir temporel; vous avez applaudi, au

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nom du triomphe des volontés nationales, à l'union sous un même sceptre de peuples unis de cœur et d'intérêt, divisés par la volonté de leurs souverains respectifs. Eh quoi ! fallait-il donc des armées entières pour servir d'escorte à travers son royaume à celui que vous avez appelé le Libérateur de l'Italie ? Que de soldats, et comme ils étaient bien armés pour une réception toute amicale ! Que le canon faisait de bruit, mais qu'il était lugubre, le jour de l'entrée du monarque dans chacune de ces bonnes villes qui s'étaient données à lui ! L'avez- vous entendue cette voix tonnante qui soufflait partout la mort? Et contre qui ? était-ce contre des sujets soumis s' étant eux-mêmes courbés sous le joug ? Non. Était-ce alors contre des ennemis ? Mais il en avait donc ?... Hélas! et de bien nombreux, si j'en juge par le sang versé, par le nombre de combats livrés, de villes assiégées, de poitrines trouées ! Que l'on rencontrait de visages tristes et mornes devant celui qui comblait tous les vœux ! Et puis, quand les pieds des soldats et des chevaux emportaient les fleurs qui couvraient les chemins, on voyait encore les taches de sang-, et quand les tambours cessaient de battre. et quand la joie bruyante baissait sa voix, on

entendait la douleur plus calme étouffant des soupirs et des sanglots.

Vous avez vu, vous avez entendu toutes ces choses et lorsque vous ne pouviez les dissimuler, vous avez osé nous dire, en face des victimes du roi conquérant, qu^il régnait par la volonté nationale. Vous avez cru vous décharger devant le monde de votre complicité morale avec un prince qui fut le vainqueur de ses sujets, en couvrant sa conduite des grands mots : la Liberté ! rUnité de l'Italie ! le vœu des populations ! Et vous fouliez aux pieds en même temps les choses sacrées qui vous servaient de prétexte; vous n'en gardiez que les noms ! En effet, le vœu des populations reçut-il jamais plus sanglant outrage que celui qui fut fait aux nationalités italiennes par les amis de Victor- Emmanuel ? Le plébiscite, qui est toute votre défense, le plébiscite luimême, que fut-il ? Après qu'on eut éliminé des listes des votants ceux qui auraient osé, malgré les menaces et malgré les soldats, manifester des opinions favorables aux princes qu'on avait résolu de chasser, la force conduisit aux urnes les peureux-, beaucoup s'abstinrent, mais aucun des révolutionnaires ne manqua à l'appel. Certes, la comparaison même du nombre des votants

inscrits et des votes recueillis n'était pas un triomphe pour Victor-Emmanuel, et il n'avait pas le droit d'être fier de son succès. Cependant on lui envoya de toutes parts des félicitations, et ce furent ces mêmes hommes qui, dans leur pays, en France, en particulier se plaignaient hautement, à Tépoque des élections, des manœuvres du gouvernement et des procédés de ses agents ; ils ont approuvé en Italie ce qu'avec raison ils condamnaient en France comme un attentat à la liberté des peuples *, en Italie ils se réjouissaient du triomphe de la ruse et de la force des armes *, chez nous souvent ils se consolaient de leurs défaites en rappelant les moyens mis en œuvre par leurs ennemis pour remporter une victoire souillée.

Qu'aurait fait le conseil des nations, s'il eût existé ?... Eh bien ! il aurait laissé le roi galant homme s'emparer des peuples comme on s'empare d'un château; il aurait fait ainsi qu'ont fait les hommes politiques et les gouvernements d'alors ; il aurait applaudi à ce système de conquêtes barbares qu'il eût repoussé en principe, et qui nous reporte aux siècles païens. Mais pourquoi encore cette inconséquence ?...

Naguère, vous vous demandiez et vous de-

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mandiez aux peuples s^il ne serait pas possible d^appliquer aux gouvernements les lois des individus. Vous pensez, et qui ne le croirait avec vous? que la sincérité, la justice, la bonne foi qui sont la base des relations sociales devraient être aussi le fondement des rapports entre les nations. Et cependant lorsqu'un esprit observateur parcourt le monde et les siècles, surpris, il se demande pourquoi ces immortels principes que les hommes admirent et que les gouvernements maintiennent comme indispensables au sein d'une société sont constamment foulés aux pieds par ces mêmes gouvernements dans leurs rapports entre eux. Ce pourquoi serait une énigme sans ce penchant qui pousse Phomme à employer tous les moyens justes ou injustes pour satisfaire son ambition quand il peut espérer l'impunité ; ce pourquoi serait une énigme sans l'irréligion de ceux qui gouvernent.

Vous qui avez rêvé une paix perpétuelle et qui seriez prêt à vous sacrifier tout entier pour la réalisation de cet idéal, que n'employez-vous votre zèle et vos efforts à faire accepter par les puissances, pour leur conduite personnelle les lois du Christ qui maintiennent la paix entre ceux qui les observent ! L'Église, elle, les a tou-

jours proclamées ; elle les a opposées comme une barrière aux envahissements des conquérants barbares ; à l'ambition criminelle des souverains, aux conquêtes des tyrans ; elle les a maintenues malgré la résistance qu'elle a souvent rencontrée, les haines qu'elle s'est parfois attirées par sa fermeté. Parcourez son histoire, vous qui l'accusez sans la connaître. Ce sont encore les mêmes principes de la justice et du droit, du droit des peuples comme de celui de leurs souverains, que le courageux Pie IX invoque et défend, en face du monde, contre le roi spoliateur. Sa force c'est la vérité qu'il affirme et il ne consentira jamais à se taire. En vain vous lui mettriez un bâillon, en vain vous prétendrez étouffer la voix de l'Église tout entière, le souffle seul de son âme toujours libre protesterait en même temps et contre votre injustice et contre vos violences. Se résoudre à la spoliation, y adhérer par son silence, ce serait légitimer le droit de la force, trahir la vérité, approuver la violence; l'Église ne le peut pas.

Ses ennemis accusent le pape-roi ; mais quels crimes, quelles fautes osent donc lui reprocher ceux qui ont absous Guillaume et approuvé Victor-Emmanuel?... Les spoliations accom-

— io3 — plies, les parjures réclament une vengeance qui, tôt ou tard, recevra son exécution : les principes admis par l'adhésion ou le silence des nations et des souverains tourneront contre ces nations elles-mêmes et contre leurs maîtres, complices du crime. Leur conscience alors protestera en vain; l'exemple qu'ils auront donné sera plus fort que leurs voix.

Mais quelle fut la cause de leurs applaudissements ou de leur silence ? Que leur importaient les nationalités paisibles de Pltalie ? pourquoi ont-ils paru éprouver de la pitié pour des peuples qui se trouvaient heureux? Leurs prétextes, nous les connaissons, ils les ont répétés assez haut et assez de fois; leur raison, c'est que voulant enlever à l'Église son prestige et son autorité, l'affaiblir, l'anéantir même peu à peu, s'il était possible, ils ont cru y réussir plus facilement lorsque le pape serait dépouillé de sa puissance temporelle, et ils se sont réjouis de voir l'audace d'un autre réaliser leurs souhaits et accomplir ce qu'ils n'auraient osé faire. Joignant l'insulte à la perfidie, ils disaient au roi pontife d'un ton ironique : a Les affaires temporelles sont pour vous un embarras; les soins du gouvernements vous fatiuent et sont un obstacle à l'accomplissement

de cette tâche si lourde et si difficile de Tadministration spirituelle de T Église; nous voulons vous en décharger-, vous n'avez que faire de provinces et de villes : nous vous donnerons tout ce qui vous sera nécessaire. » Comme si c'était, les insolents, leur amour pour Pie IX qu'ils violentaient, et leur sollicitude pour F Église qui les dirigeaient, tandis qu'ils employaient les armes contre cette même Église et foulaient aux pieds ses préceptes en même temps que ses droits. « Nous vous donnerons, disent-ils, tout ce qui vous sera nécessaire. » Oui, cette année. Tannée prochaine encore, c'est possible; mais si leur budget éprouve quelque variation qui les oblige à l'économie, la rente faite au chef de l'Église en souffrira tout d'abord ; si l'ambition ou la défense les entraînent à la guerre, ils régleront euxmêmes la dépense du pape, et trouvant qu'il n'a pas besoin pour vivre de la somme qu'ils lui donnent, ils la restreindront sans scrupule ; ils voudraient avec leur or faire ployer la règle de la vérité et fléchir la loi du Christ, acheter la conscience du pape et l'approbation de l'Église. Car son approbation c'est leur innocence, et son suffrage, leur force et leur autorité; ils ont foi dans sa justice et sa puissance, ils briguent son amitié,

— io5 — son appui, et leur conduite rend témoignage en faveur de celle que leur paroles outragent. Et si le pape consentait à être leur pupille, s'ils pouvaient devenir ses tuteurs, et qu'il refusât de céder à leurs exigences, ils seraient bien aises de le punir par la privation de son revenu annuel, de sa liberté quelquefois, et TÉglise ayant perdu son indépendance se trouverait livrée à la merci des souverains qui pourraient être ses ennemis, d'un Henri VIII ou de quelque Bonaparte empereur.

Or, l'Église a besoin de sa liberté et de son indépendance pour résister plus efficacement aux sollicitations intéressées et injustes des gouvernements et des princes-, elle a besoin de sa liberté et de son indépendance, non point, comme je l'ai déjà dit, pour proclamer la vérité, mais pour que la vérité puisse être entendue.

Ne craignez pas, disent-ils, pour cette liberté, elle est sous la protection des garanties. Or, veut-on savoir comment le gouvernement italien respecte les droits du Pape. Il se prépare à frapper d'un impôt de i3 à 20 p. 100 les aumônes que Pie IX reçoit de ses sujets catholiques, et qu'il distribue en partie aux évêques d'Italie privés de leur mense épiscopale. Ce qui se passe est un acheminement à soumettre le Pape aux

— îo6 — tribunaux italiens. Sa liberté ne se compose pas seulement de sa personne, mais de ses biens. Il serait vain de prétendre qu'il garde sa liberté, s'il ne peut disposer de ses biens. Si le projet d'impôt est voté, ce sera un grand acte de persécution et, de plus, une insulte à tous les catholiques et à tous les souverains d'Europe.

Ils ont dit encore que saint Pierre n'avait point de domaines, que les premiers papes n'avaient pas où reposer la tête, que le Christ était pauvre, et que Pie IX agirait sagement s'il adhérait à la constitution du royaume italien, remerciant la Providence de ce qu'elle a, par les événements, replacé les pontifes rom.ains dans une situation moins opposée aux exemples du Maître et de ses premiers disciples. Pie IX, vous pouvez l'entendre tous les jours, sa grande voix domine les mesquines agitations parlementaires, il bénit le Seigneur au milieu de ses épreuves et de celles de l'Église*, quant à regarder Victor- Emmanuel comme son bienfaiteur^ ce ne peut être dans le même sens que vous.

Et d'ailleurs est-ce au monde qu'il appartiendrait d'enseigner la pauvreté? est-ce à lui qu'appartiendrait, sur ce sujet, le droit de remontrance envers le Pape, lorsque sur la terre il ne pour-

— loy — suit que la richesse, la gloire, les plaisirs, n^aime qu'eux et fait en eux seuls consister le bonheur? La pauvreté est une vertu, mais qui a le droit de forcer à la pratiquer? Vous invoqueriez votre liberté, vous crieriez à la violence si quelquMn prétendait vous faire une obligation de la générosité, vous obliger à vous dévouer complètement pour les malheureux, à soigner vousmême les malades, à panser leurs plaies. Et si Ton vous disait, afin que vous puissiez arriver à une plus grande perfection et avec plus de facilité, donnez-moi tous vos biens ou je m'en empare, vous répondriez à Tinsolent qui oserait vous parler ainsi : Commencez d'abord par vous corriger de votre avidité et de votre ambition, puis vous pourrez peut-être, avec moins de danger, posséder des richesses*, travaillez à votre salut et à votre perfection, vous travaillerez à la mienne ensuite, car votre générosité me paraît suspecte.

Et cependant cette conduite, ce langage, c'est la conduite, c'est le langage que l'impiété a tenu envers le Pape. Lisez l'histoire de la Grèce et de Rome : les grands hommes que vous y rencontrez et qui sont l'objet de votre admiration, grands parleur autorité, aussi bien que par leurs

— io8 — talents, n'avaient pour la plupart d'autres richesses que Fintelligence, l'amour et le respect de leurs concitoyens; pourquoi ne suivez- vous pas l'exemple qu'ils vous ont donné ? — C'est que, dites-vous, l'autorité de nos jours a besoin, pour être respectée, d'un certain prestige dont elle pouvait autrefois se passer. — Mais pourquoi ne faites-vous jamais que des applications partielles ?

Oui, le Christ fut pauvre, et le pape-roi jadis comme aujourd'hui pratiquait la pauvreté, sans contrainte^ par choix, par amour, à l'imitation de Celui dont il tient la place. Ses richesses, il les distribuait aux pauvres, à tous ceux qui en avaient besoin ; son or c'était son amour qui en avait la garde et en était l'économe; sa charité faisait recueillir ceux que l'amour criminel engendre et puis abandonne; il nourrissait ceux que leurs mères ne veulent point nourrir, et puis il les rendait à leur patrie, qui les eût laissés mourir, aussi dévoués citoyens que fervents catholiques. Ses revenus, ils servaient encore à l'entretien des missionnaires qui vont chez les barbares porter la lumière et la civilisation, travailler à l'amour des peuples, au développement de leur commerce et de leur industrie.

Vous avez cru qu'en dépouillant F Église et le Pape, le gouvernement italien contribuerait à Taffaiblissement de F Église romaine, à la ruine du papisme ^Siinsï que vous appelez Tautorité du saint-siége, mais ses efforts tournent contre le but qu'il voulait atteindre. Les chrétiens à genoux ont supplié leur père d'accepter leur offrande afin qu'il pût encore sécher des larmes, calmer des souffrances, et que ce plaisir de son âme généreuse fût une compensation de ses amers chagrins -, ils ont voulu qu'il lui fût permis de contribuer encore à l'extension du règne du Christ et au progrès comme au bonheur de l'humanité.

Grand dans la prospérité, Pie IX s'est montré plus grand encore quand, autour de lui, a disparu ce qui fait ordinairement la gloire de l'homme ici-bas ; quand, dépouillé de tout prestige, on le vit calme et souriant au sein de la tempête, noble et fier devant ses ennemis, et supportant sans en être accablé tout le poids d'une rude épreuve, consoler lui-même ses amis qui pleuraient, soutenir leur courage, entretenir leur espoir. N'aviez- vous donc pas songé à cette auréole de gloire et d'admiration, qui tout àcoup se dégage des nuages obscurs qu'amoncellent en vain les revers et l'humiliation, pour entourer

celui que Ton croyait vaincu et qui sait triompher du monde et de ses injustices ?

Le même vent qui emporte les fleurs desséchées, soulève la poussière des chemins et les flots de la mer, entr'ouvre aussi les roses ; c'est lui qui brise le vaisseau contre les sables de rOcéan et qui, vers le port, à travers les écueils dirige la nacelle et enfle ses voiles ^ c'est le même souffle qui dessèche ici et qui rafraîchit là-bas, qui fait trembler les feuilles et nous découvre des profondeurs inconnues et mystérieuses, lui qui balance majestueusement la tige, la courbe avec grâce et la relève avec fierté. Ainsi agité par le vent de la souffrance, Pie IX s'incline devant la puissance et la volonté de Dieu et son âme s'élève pour le bénir; le souffle delà douleur épanouit ses vertus et les nobles qualités de son cœur, écarte les voiles qui nous les cachaient et nous les montre dans toute leur beauté. Il est resté debout comme l'antique statue, affermi non par le poids des siècles, mais par la force de rÉternel; il est demeuré, comme le pilote, sur la barque assaillie par la tempête, confiant au Dieu tout-puissant, confiant aussi dans l'étoile qu'il a vue luire aux cieux et montrée aux nations. Dieu qui mesure les jours lui donnera

peut-être aussi la joie de voir la terre promise. Les plus jeunes : Cavour, Napoléon III, ont passé -, des empires plus puissants que T Italie ont été démembrés. Avez-vous le droit de sourire quand les vrais catholiques proclament la politique de Dieu ? Prêtez plutôt Poreille à la voix du canon. Qui sait si de grands événements encore ne vont pas venir déjouer les projets de la politique des humains ?

Quant à lÉ'glise, vous savez bien qu'elle peut se passer de vos faveurs *, elle a pour elle les promesses du Christ, et quand elle verrait armés contre elle les individus et les peuples, les philosophes et les rois, la science et la haine, le monde entier, elle ne serait point abattue et garderait Tespoir. Elle s^est formée, elle s'est assise au sein du puissant empire romain et malgré lui, fécondée par les sueurs et le sang de ses enfants; elle s'e5.t fortifiée par les persécutions qu'elle eut à endurer, et la lutte qu'elle soutient • depuis le commencement contre les passions humaines et la nature corrompue; les bénédictions et les bienfaits furent ses vengeances. Plus on lui livra de combats, plus elle remporta de victoires; ses douleurs engendrent de nouveaux enfants et ses souffrances donnent la force à ses fils.

Car ce vent de la douleur noblement supportée, qui fortifie les individus, affermit et développe les institutions qu'il ne peut détruire. Ce vent qui glace, il est aussi le messager de Tamour, de la nature et de Dieu, le père des enfants nés sous d'autres cieux*, c'est lui qui sur la côte lointaine sème les fleurs de la rive étrangère, donne à la plante une patrie nouvelle, et relie par des échanges intimes tous les membres d'une même famille. Le souffle empoisonné, qui parfois éteint ici le divin flambeau, rallume là-bas la mèche qui fume et porte ailleurs la lumière et l'espérance. .

Plus terrible que les voleurs des grands chemins qui ne demandent que la bourse ou la vie, et répétant à tous : « Crois ou meurs ; » tandis que les fils du prophète venaient de sommer les nations orientales de remplacer l'Évangile par le Coran, et de transformer les églises en mosquées, lorsque l'Eglise grecque se séparait de l'Église de Rome, la religion catholique s'étendait au nord. Pendant que Luther et Calvin prêchaient leurs erreurs et faisaient des prosélytes au centre de l'Europe, de hardis missionnaires plantaient la croix sur le sol nouveau découvert par Colomb, et enseignaient aux peuplades barbares l'immortel

— ii3 — symbole altéré par les hérétiques, mais que r Église gardera jusqu'à la fin du temps. Aujourd'hui, nouveaux enfants prodigues, les protestants reconnaissent leurs erreurs et reviennent courageusement vers nous, foulant aux pieds le respect humain, et méprisant les rires sarcastiques, épouvantail de ceux qui se disent braves. Et rAnglais, ce peuple qu'égarèrent les passions d'un roi, et que le despotisme retint si longtemps sous le joug, le voilà aussi qui brise ses chaînes et s'agenouille aux pieds du pontife romain ! Calme et froid, cet homme-raison que rien ne surprend, que les difficultés n'arrêtent point, qui marche avec lenteur et prudence, mais d'un pas ferme et sûr, sans se laisser éblouir jamais par le faux éclat des théories brillantes, ni entraîner par l'éloquence des mots ; cet être positif ]! et réaliste, attaché à la poursuite de la vérité et cherchant à découvrir le fond de toutes choses ; lui dont l'intelligence est brave comme le cœur des Français, dirais-je, s'il était permis de parler ainsi, le voilà abjurant ses erreurs, et, appuyé sur la science, la raison, la conscience, déclarant que l'Église catholique romaine est la seule véritable Église, et qu'elle est seule héritière des promesses du Christ ! Le retour de savants

distingués, de docteurs éminents à la foi de leurs pères, est une consolation et un espoir pour rÉglise, attaquée non-seulement par ses ennemis, mais aussi par ceux qui furent ses enfants, et, fils ingrats, se sont tournés contre elle et Pont insultée.

Car si le mouvement imprimé par une nation qu^on retrouve en tous lieux exerçant Tinfluence de ses mœurs, de sa civilisation, de ses principes, de son intelligence; si ce mouvement continue, et tous les jours il fait des progrès, bientôt il aura envahi le monde entier : la vérité se fera jour partout, et elle triomphera cette Église qu'on voudrait anéantir, à qui les vieux catholiques ont prédit la mort et que vous. Père Hyacinthe, avez appelée un cadavre.

Il n^en sera pas ainsi de la patrie italienne \ les Italiens ont couvert Naples, Florence, Turin avec les plis du drapeau italien *, mais Naples, mais la Toscane, mais le Piémont luimême frémissent encore sous le suaire, et, comme Mazzini, l'autonomie expirée parle encore de résurrection. Quel est celui qui a traversé r Italie, pendant ces deux dernières années, sans être frappé de la situation que je

— ii5 — signale ? Qui n'a pas entendu gronder sourdement le mécontentement du peuple romain?

Indépendamment de tout ce qui touche à cette grave question de Tadhésion nationale et au grand côté des principes et des intérêts religieux, l'occupation de Rome n'a pas encore produit toutes les conséquences redoutables qu'elle contient en germe, et le gouvernement italien commence à sentir qu'il s'est mis dans une impasse.

Le Moniteur officiel de l'empire d'Allemagne, organe de M. de Bismark, écrivait il y a quelques mois : Le gouvernement italien est responsable de tous les actes de Pie IX, et les puissances étrangères ont droit de demander raison au Quirinal de tout ce qui se fait au Vatican.

a La loi des garanties, répète le journal allemand après la Gaiette nationale^ ne saurait avoir aucune force en dehors du territoire italien, et tout État, quel qu'il soit, qui se sent offensé par les actes du pape, peut en demander satisfaction au gouvernement italien. Le pape n'est nullement mis en dehors du- droit italien par les puissances étrangères qui accréditent à Rome des représentants diplomatiques \ c'est le

— ii6 — royaume d'Italie seul qui donne au pape iapossibilité de recevoir des étrangers sur le sol italien. »

Après l'exposé des principes vient la menace : ^( C'est donc au royaume d'Italie à voir quelle mesure il jugera à propos de prendre pour qu'il n'arrive rien sur son territoire qui puisse blesser le droit des États étrangers. Il ne peut se soustraire à la responsabilité internationale qui lui incombe en vertu de sa souveraineté, que par une loi restreignant à l'intérieur, dans une certaine mesure, cette souveraineté. »

En face d'une telle injonction, il n'y a qu'un moyen qni puisse épargner au gouvernement italien la responsabilité dont M. de Bismark entend le charger. Il n'y a qu'à chasser le pape de Rome; mais les ministres de Victor- Emmanuel trouveront que M. de Bismark en parle bien à l'aise ; ils savent ce qu'il leur en coûterait s'ils franchissaient cette dernière limite qui sépare la persécution à la mode italienne de la persécution à la mode allemande.

D'autre part, la menace des journaux allemands leur cause quelque embarras -, et le jour viendra où cet embarras sera absolument inextricable, et où le grand crime politique dont le

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