Herbert Samuel, op. cit., p
cratique leur semblent erronées. Ils se défendent de l'accusation de tendances socialistes, dont on prétend voir la manifestation dans la législation foncière d'Irlande, l'inscription au programme du parti de
l'impôt progressif sur le revenu au-dessous comme
au-dessus de 500 livres (17.500 francs), et la taxation de l’unearned increment. Chacune de ces propositions peut, disent-ils, se justifier sur le terrain de la plus stricte équité : ce ne sont pas des attaques des «non-possédants » contre les « possédants », c’est plutôt un remède contre les spoliations dont les premiers ont été, de tous temps, victimes des seconds. Si les {andlords irlandais s’emparèrent, à l’origine, du sol de l'ile et s’arrogèrent le droit d'élever arbitrairement les rentes de leurs tenanciers, au fur et à mesure que ces derniers amélioraient leurs tenures, si le Parlement se propose de faire participer les propriétaires fonciers à la plus-value qu’acquièrent leurs immeubles, du fait du développement des cités et par Paugmentation des dépenses du contribuable; si la législature impose enfin un fardeau plus lourd sur le riche que sur le pauvre, il serait étrange, disent-ils, de venir nous faire accroire que les personnes qui veulent meltre un terme aux agissements des auteurs de ces maux, sont coupables d'’injustice. Autant prétendre qu'il faut punir, pour violence, celui qui jette un intrus à la porte de chez lui, ou taxer de vol celui qui reprend les objets qui lui ont été dérobés. Stuart Mill avait prévu que le retour du peuple au pouvoir, après des siècles d'exclusion,
serait suivi de la réforme des inégalités les plus criantes. Les changements économiques, dont les libéraux poursuivent la réalisation, n'offrent donc point le caractère d'attaques contre les légitimes droits de la propriété. Ils n'ont pour but que de redresser l’équilibre de la balance entre les classes dont un des plateaux a été considérablement surchargé pendant de longues générations (1). Craindre enfin quel’adoption d’un régime purement représentatif ne facilite l'avènement des socialistes, serait se méprendre entièrement sur le caractère britannique. Certes il y a des partis socialistes et leur existence même a servi à attirer l’attention des parlementaires sur différents abus dont la classe ouvrière. était victime. Assez nombreuses ont été les réformes raisonnables que les radicaux ont empruntées à leur programme, mais leurs progrès ont été loin de suivre ceux de leurs coreligionnaires continentaux : rares sont les citadelles électorales qu'ils ont emportées, et leurs victoires ne prouvent même pasloujours leur puissance, car elles sont souvent plutôt la conséquence de leur ardeur plus grande pour l'œuvre réformatrice que dés exagérations de leur doctrine générale (2). Guidé par ces considérations, le parti libéral for-
mule alors les demandes propres à favoriser en Angleterre l'achèvement de la remise au peuple de la direction de ses intérêts. Le suffrage lui parait
r.. H° Samuel,:0p.cit.,"p. 297.