Ibid
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les besoins de la société actuelle, ils se refusent à concevoir les maux dont elle souffre, et quand ils daignent les envisager, le remède qu’ils préconisent est celui des médecins homoéopathes : le laisser-faire, la libre concurrence. Elle saura faire disparaitre le malaise qui nous oppresse, la vis medicatrix naturæ, l'harmonie naturelle, mieux que les efforts factices du législateur, y mettront fin. Animée au début du large souffle d’émancipatiôn que provoqua en France la chute de l’ancien régime, juste revendication contre des siècles de réglementation arbitraire, dont elle voulait renverser les derniers vestiges, la doctrine libérale croit être parvenue aujourd'hui à la quasiperfection sociale : les phénomènes économiques qu'elle voit en jeu dans le monde actuel lui semblent être des lois intangibles et irréductibles auxquelles nous devons kumblement nous soumettre, et qui sont l'expression de la souveraine bonté. Elle généralise sans doute, trop facilement en dogme ce qui pourrait bien n'être qu’une manifestation contingente et temporaire de l’évolution humaine. Elle accepte d’un cœur trop léger les souffrances qu'engendre la libre concurrence, Car son idéal est la production, et seule, en effet, elle est de nature à en assurer l’entier développement. Enfin, landis que de l’autre côté du détroit, la marée montante de la démocratie trouve ses chefs et ses défenseurs dans le parti libéral, en France, au contraire, après s'être longtemps confondus avec les apologistes des revendications populaires, les libéraux modernes ne sont pas éloignés de
| vorineté absolue du monarque. |