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prévoie. Si un impôt, dira-t-on, grève le coût du travail, il augmente ainsi les prix de tous les produits nationaux et semble exiger un droit compensateur sur les marchandises étrangères. Cette assimilation lui paraît injustifiable, car s’il est facile de déterminer l’enchérissement causé par un seul impôt, il est impossible de se rendre compte de celui occasionné en pareil cas, et d'autre part une taxe sur les objets nécessaires à l’existence joue dans la vie d’un peuple un rôle analogue à l’infériorité naturelle d'un sol infertile ou d’un climat ingrat (1).
S'il estime ces exceptions indispensables, Adam Smith émet quelques doutes au sujet de deux autres qu'il juge cependant désirables, en dernière analyse. Les représailles douanières, inaugurées par Colbert et qui furent l’occasion d'une longue guerre de tarifs entre la France et l'Angleterre sont, sans doute, fort nuisibles aux pays qui en usent, puisqu'elles imposent une taxe à la totalité de la nation et profitent rarement à la ciasse d'ouvriers dont elles entendent réparer le préjudice. Il conclut toutefois à leur utilité et elles peuvent même, dit-il, être de bonne politique s'il y a probabilité qu'elles amèneront la révocation des gros droits dont on a à se plaindre. L'avantage de recouvrer un grand marché extérieur fera en général plus que compenser l'inconvénient passager de payer plus cher quelques marchandises pendant un court espace de temps ! Par crainte, en
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second lieu, des désastreuses conséquences que peut
avoir sur l’industrie nationale la brusque substitution d’un régime de liberté absolue à un protectionnisme outrancier, il propose, pour éviter une telle perturbation, de n’abaisser que lentement et graduellement les anciens droits protecteurs (1). Il n'est pas enfin jusqu'aux monopoles contre lesquels il s'élève d’ordinaire avec tant de vivacité qui ne trouvent, en certains cas, grâce devant lui etil accorde le maintien de ceux qu'on a concédés aux compagnies de navigation.
Toujours guidé par son souci de la sécurité, il recommande la réglementation de la circulation du papier monnaie. Il redoute, en effet, qu’une invasion étrangère ne rende l'ennemi maitre de la capitale du royaume et du trésor qui en garantit le crédit, et n'envisage pas sans appréhension, la diffusion dansle pays d’un papier ne reposant plus sur aucun gage véritable. Le prince ne pourrait sans doute plus faire face aux dépenses de paye et d’entretien de ses troupes, les contribuables ayant pris l'habitude d’acquitter leurs taxes en monnaie fiduciaire, dont la dépréciation serait considérable ; ce serait le retour à l'échange et au troc primitifs ! La perspective d'une telle éventualité ne saurait permettre le moindre doute : la liberté doit faire place à la réglementation, le prince doit s'opposer de toutes ses forces à la circulation exclusive ou même exces-