Malthus. Principe de population, 1. II, ch 1x, p
er
«fût-ilmême entouré des murailles d’airain de l’évé- « que Berkeley. » (1).
Aussi l'établissement de barrières et de privilèges ne lui paraissant nullement aller à l'encontre du but qu'il poursuivait, il se détacha alors nettement de l'enseignement du grand Ecossais,dont il n'hésita pas à réfuter les opinions sur les primes d'exportation et les droits douaniers ! Un régime de protection modérée était, au contraire, à son avis, le moyen tout indiqué d'établir l'harmonie nécessaire à la prospérité nationale. Elle était liée à l'augmentation de la production, et le seul moyen de la favoriser était d'encourager une plus grande quantité des capitaux à s’y porter. Pour atteindre ce résultat, ne fallait-il pas accroître temporairement le profit du producteur ? les primes à l'exportation, en activant la demande, et en haussant le prix, n’étaient-elles pas de nature à produire cet effet ? Elles imposaient bien au peuple une taxe momentanée, mais l’avantage qu'il en retirait ensuite faisait plus que compenser cet inconvénient passager (2). Les nécessités d'un approvisionnement abondant et de l’indépendance du pays le poussaient également à préconiser l'adoption de droits d'importation, au moins dans les années de production moyenne. Ils échappaient à l’objection, que soulevaient les primes, de frap-
per la nation d’un impôt accidentel, et pouvaient
1. Malthus. Principe ae population, 1. HE, ch. x, p. 405. 2. Malthus. Principes de population, 1. TL., ch. x, p.412 ets.
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même constituer une précieuse ressource pour le Trésor public. Il était loin, du reste, d'en recommander l'emploi perpétuel et universel : il ne s’opposait pas à ce que l’on admiît en franchise les blés étrangers aux époques de disette, et il avait trop conscience des besoins pratiques, pour proposer d'étendre à un Etat, dont la surface ne lui permettait pas dese suflire à lui-même, les mesures restrictives applicables à un pays de productivité moyenne et ayant un sol de grande étendue (1).
Nous sommes donc à même, à présent, de porter un jugement d'ensemble sur ie caractère du libéralisme d'Adam Smith et de Malthus. Le rapide examen de leurs doctrines ne peut laisser subsister dans l’esprit l'illusion qu’ils proposaient d'apporter aux problèmes de leur époque des solutions radicales, sans souci de leurs conséquences désastreuses. Ils souffraient, sans doute, du régime d’oppression et ‘de restrictions auxquels étaient soumis lPindustrie et les échanges ;ils en proposaient l'abolition, mais leur sens pratique leur interdisait d’en exiger la suppression immédiate : il fallait faire la part des droits acquis, du trouble que produirait une réforme intransigeante et procéder, par conséquent, très progressivement. Si, tout en partageant ces mêmes vues, les deux grands économistes dont nous venons d’esquisser l'œuvre, divergent cependant sur quelques points, il faut, croyons-nous, l’attribuer à ce que le
1, Jbid., 1: IIL., ch, xur, p. 428 et suiv.
ÉReUre
second vivait à une époque où l’industrie se débattait dans la période d’enfantement et de crise qu’avait causée la substitution des machines au métier manuel. Le spectacle des misères de ses comtemporains ne pouvait le laisser indifférent, il cherchait à y porter remède et la trace de ses préoccupations pratiques se manifestait dans la haine qu'il avait vouée à l’industrie manufacturière. La libre importation des blés étrangers amènerait peut-être, disaitil, un essor du bien-être de la population, mais il n'hésitait pas à considérer ce progrès comme trop chèrement acheté s’il contribuait à augmenter le nombre des fabriques et l’immoralité qu’elles engendraient. |