Bentham, op. cit., ch. VIIL, p
re
projets » qui recourent le plus souvent aux pré-
teurs d'argent ? Espérail-on arrêter ainsi le développement de cette catégorie d'individus ? Ce serait décourager tout esprit d'invention source du progrès. D'ailleurs, chaque homme étant le meilleur juge de ses actions, lorsque, sain d'esprit et parvenu à l’âge de raison, il agit en pleine connaissance de cause, Bentham ne reconnaît pas au législateur le droit de lui interdire même pour des motifs tirés de son avantage, de faire, comme il l'entend, tel marché que ce soit dans le but de se procurer de l'argent; personne ne doit, par conséquent, être empêché de lui donner ce qu’il demande aux conditions qu’il veut bien accepter (1). Ce n'était, d’ailleurs, pas là le seul point où le maître du radicalisme philosophique différait de Smith : à l’encontre de ce dernier (2), il combattait l'utilité des établissements coloniaux et en proposait l’émancipation, car il soutenait, comme le fit plus tard Stuart Mill, que le capital limitant l’industrie, peu importait, pour son utilisation, l'ouverture ou Ja fermeture des marchés d'outre-mer.
Peu originaux, adoptant, au point de vue doctrinal, la plupart des vues du grand Ecossais, les radicaux philosophes (nom que l'on avait donné aux partisans de l’enseignement benthamique, à
raison de leurs aspirations constitutionnelles), en
1. Bentham, op. cit., ch. XIV. , 2. À. Smith, op. cit., 1, IV, ch. van, t. IT, p. 207 et suiv.
2 et ne ac Enr V'cole ee M FRE fe E dont les exagérations individualistes amenèrent
une réaction théorique et législative. PT neue