‹ Le Libéralisme Économique En AngleterreChapitre 22 sur 127 · APR · texte numérisé non relu

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brables broches et métiers de ses usines, et sur l'ouverture des marchés du monde entier pour y écouler le flot sans cesse grandissant de ses tissus. L'Angleterre d’alors leur offrait, par ailleurs, ample matière à critique : et cette explosion du sentiment libéral contre un régime d’entraves, chez des hommes prêts à entamer, à armes égales, le combat économique avec leurs concurrents de tous les points du, globe, les entraîna à des conclusions plus radicales que celles de leurs devanciers. Hommes d'action, forts de la prépondérance industrielle de leur pays, il leur fallait frapper fort pour frapper juste, réduire en quelques formules brèves et saisissantes les arguments qu’ils développaient devant un auditoire appartenant à la classe moyenne et ouvrière, et c'est l'étude de leur programme et de ses exagérations qui va maintenant retenir notre attention.

Le libre-échange y occupe naturellement la première place, dégagé de toutes les restrictions et transactions que leurs prédécesseurs avaient cru devoir conserver du vieux système protectionniste. Au nom des grands droits de l'humanité ils en vantent les qualités et rien n'égale l'enthousiasme avec lequel ces nouveaux apôtres en chantent, tour à tour, les louanges. € Qu’entendons-nous par «l'émancipation du commerce, pourquoi combat- «tons-nous, pourquoi sommes-nous réunis ? s’écrie «Bowring. Nous voulons donner à tout homme, à tout ouvrier, à toute entreprise, les plus grandes «raisons possibles de marcher de perfectionnement

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«en perfectionnement; nous désirons que les.

€ Anglais disent au monde : Nous n’appréhendons «rien dans la carrière où nous entrons, nous ne «demandons qu’à être délivrés des biens qui pèsent « sur nos membres. Brisez ces chaînes et nous, race « de Saxons, qui avons porté notre langue, celle de « Shakespeare et de Milton, aux quatre coins de la « terre, nous qui avons enseigné le grand droit de « représentation au monde altéré de liberté, nous « qui avons semé des nations destinées à nous sur- « passer nous-mêmes en nombre, en puissance, en « gloire et en durée, nous ne craignons aucune riva- «lité pour nous, car il faut en venir à cette simple «proposition que nous soyons libres de vendre «aussi cher et d’acheler aussi bon marché que « possible. » (1). Cette dernière phrase résume, pour eux, toute la sagesse commerciale; tous les plus anciens établissements de la cité voudraient la voir inscrite sur le fronton de leurs portes, et c’est pour la faire passer dans le domaine de l'application, qu'ils s’attachent à l'abolition de tous les obstacles et de toutes les barrières qui s'opposent à sa réalisation. Ils y voient, en effet, la reconnaissance du droit naturel antérieur à toute civilisation qu'a l’homme d'échanger le produit du travail de ses bras, de ses capitaux, de son intelligence contre ce

qu'il juge le plus utile à sa subsistance et à son

1. Bastiat. Cobden el la Lique. Bowring, discours du 13 avril

PRET Qu

bien-être (1). Si la loi céréale, qui avait déjà subi les attaques de leurs devanciers, devient le centre de leurs assauts et finit par succomber sous leurs coups, c’est qu’elle symbolise à leurs yeux les monopoles, tant décriés par Adam Smith, et qui n’en survivent pas moins tout-puissants (2). Leur résultat est de causer une hausse artificielle de tous les prix, évidemment nuisible aux consommateurs, dont ils se sont constitués les défenseurs : aussi peu leur importent les exceptions que, plus soucieux de la prospérité nationale, les grands classiques apportaient encore au principe de la liberté des échanges.Toutes les considérations doivent s’effacer devant celle que nous reproduisions plus haut et qui revient à chaque ligne de leurs discours ; les achats à bon marché. La spécialisation industrielle des différents pays permettra un approvisionnement facile et peu dispendieux, des relations multiples naîtront entre nations et la règle s’établira d’échanger entre elles les produits que, grâce à leur situation naturelle, la richesse de leur sol ou l’industrie de leurs habitants, elles pourront obtenir dans les meilleures conditions. Nous n'aurons plus alors à nous préoccuper d'encourager, par des primes ou des droits, les cultures ou les manufactures qui

sans eux péricliteraient misérablement. Les pays

1. Bastiat, op. cit, W.-J. Fox. Discours du 25 janvier 184h, p. 226.

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