‹ Le Libéralisme Économique En AngleterreChapitre 24 sur 127 · Bastiat, op. cit. W.-J. Fox, Discours du 25 janvier · texte numérisé non relu

Bastiat, op. cit. W.-J. Fox, Discours du 25 janvier

1844, p. 227. ‘ 2. Bastiat, op. cit.; Cobden. Discours de Manchester, octobre 1842, p. 86.

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N’avons-nous pas vu des luttes, qui, pendant de longues années, ont ensanglanté l’Europe, déchainées par des rivälités économiques ! Est-il besoin de rappeler le souvenir des guerres maritimes du xvue siècle ? L’acte de navigation n’a-t-il pas été dicté par la haine des Hollandais que les Anglais voyaient avec peine accaparer le trafic entre leurs propres colonies et l’Europe ? L'esprit de conquête des terres lointaines, fomenté par le désir d'ouvrir des marchés réservés aux seuls conquérants, n’a fait qu'’entretenir une perpétuelle suspicion entre les Etats européens. Et cependant les peuples euxmêmes, par-dessus les gouvernements, employaient fort habilement les moyens de tourner ces obstacles que leurs souverains voulaient leur imposer : en dépit de toutes les restrictions, en dépit de toutes les barrières, en dépit même d’un état de guerre déclarée, les belligérants savaient bien aller chercher, jusque chez leurs ennemis, les produits qu'ils leur fournissaient avant les hostilités. La paix ainsi obtenue par l'établissement d’un régime de liberté dans les relations commerciales de tous les pays, comment ferait-on pour la conserver? C’est au même principe qu'ils préconisaient en matière économique, que recouraient les Manchestériens pour amener ce résultat. Non intervention à l'extérieur comme à l’intérieur, tel était leur mot d'ordre: la paix à tout prix ne pouvait s'acheter que moyennant une abstention complète dans les affaires des nations étrangères. Cobden, le plus illustre repré-

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sentant de cette école, avait, du reste, fait ses premières armes dans un pamphlet sur la matière. La question d'Orient, alors dans toute son acuité, avait soulevé les passions anglaises contre la Russie. On y voyait une .usurpatrice menaçant d’absorbër complètement la Turquie, et M. Urqhuarth défendit ceite dernière contre son puissant voisin. Sous le pseudonyme de Manchester Manufacturer Cobden publia alors une courte étude intitulée Russia, où il prêchait à ses compatriotes une politique de neutralité absolue. L’Angleterre, affirmaitil même, avait intérêt à la conquête de la Turquie par la Russie, elle substituerait à une domination barbare celle d'un peuple civilisé, où le commerce trouverail plus facilement le placement de ses produits. Il se défendait d’ailleurs de prôner une conduite égoïste que n'auraient pas manqué de lui reprocher ses adversaires sous prétexte qu'il laissait écraser une puissance faible sans venir à son secours. Un sentiment de haute humanité guidait, au contraire, sa proposition : le désir fervent d'éviter à tout prix la guerre, de mettre fin à la suspicion qui préside aux relations internalionales et de la remplacer par des rapports juridiques seuls compatibles avec la dignité individuelle des personnes morales que sont les Eiats. Du jour où elle adopterait la ligne de conduite qu'il lui conseillait « la « Grande-Bretagne verrait son navire flotter sur une « mer calme et profonde, récifs et ouragans de la «guerre étrangère seraient pour toujours évités »,

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£a rébellion canadienne redonnait enfin un regain d'actualité à la question coloniale, reléguée au second plan depuis Adam Smith: elle posait brutalement à l'Angleterre inquiète le problème des relations qui doivent unir la métropole et les colonies, et elle permit à nos libéraux de nous exposer leurs vues sur cette si délicate matière. Si la liberté sÿmbolisait pour eux l'idéal des rapports entre communautés aussi distinctes par les origines et le tempérament que des nations différentes, il ne pouvaient aller chercher ailleurs la solution de ce nouveau problème : ils n’admettaient point que l’on recourût à la contrainte pour réunir sous une même domination les éléments d’un empire déjà rapprochés .par les liens du sang, de l’affection et d’une langue commune. Aussi, sur ce point comme sur les précédents purement négative fut leur théorie : ce n’était pas en les pliant sous le joug d’une oppression féroce, en les obligeant à se pourvoir dans la métropole de tous les produits manufacturés qu'ils utilisaient, en n'ouvrant à leurs matières premières qu'un seul marché, celui de la mère-patrie, qu'on cimenterait l'union de l'empire. Voulez-vous conserver et tirer avantage de vos colonies lointaines, accorder-leur l'autorisation de se gouverner ellesmêmes, avait déclaré dans une proposition prophétique Fox, le vrai fondateur d’un libéralisme distinct du « whiggism. » (1) L'intérêt de la dépen-

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