‹ Le Libéralisme Économique En AngleterreChapitre 25 sur 127 · À.-C. Forster Boulton. Zibéralism and the Empire (P. Ge ÿ · texte numérisé non relu

À.-C. Forster Boulton. Zibéralism and the Empire (P. Ge ÿ

ET

dance, non celui de l'Angleterre devait désormais guider l'élaboration de la législation coloniale. L’octroi des libertés locales la décentralisation administrative à laquelle on attribuait la prospérité de la métropole, leur paraissait le meilleur moyen d’assurer celle des établissements de l’autre côté de l'Atlantique. Pourquoi leur refuserait-on le droit qu'avait acquis la moindre paroisse d'Angleterre, de gérer elles-mêmes leurs finances et de procéder à l’élection de leurs mandataires ? Seule cette initiative était de nature à leur donner la conscience de leur force et le souci de leur dignité : si la liberté individuelle avait été pour le citoyen une excellente école, comment celle du self government en seraitelle une mauvaise pour les colonies ? Elles avaient enfin atteint l’âge, où adultes, elles pouvaient, sans danger, se détacher de la tutelle protectrice de la mère-patrie. Ce n’élait plus à Londres qu'était dévolu, par l'entremise d’un gouvernement élranger aux besoins du pays, le rôle de leur dicter la conduite des affaires locales. L'Empire n’était plus destiné à leurs yeux à former une immense entreprise commerciale, réservant sa clientèle et ses fournitures, à tous ses associés et à eux seuls : liberté aux colonies de traiter avec qui bon leur semblait, liberté d’exporter leurs produits là où on leur en offrait le prix le plus élevé, de les acheter où elles les trouvaient au meilleur marché, telle devait être pour elles, comme pour le reste de l'univers, la devise parfaite. Jointe aux libertés civiles et politiques, elle contri-

buerait à augmenter la paix, le loyalisme et la prospérité des établissements coloniaux et rendrait plus étroite, parce que volontairement consentie, l'union qui reliait les différentes parties de l’Empire britannique (1).

Erigeant la liberté en dogme .absolu, sans tenir compte des traditions politiques, faites de l’expérience des siècles passés, sans se soucier des intérêts particuliers que heurtaient leur désir de justice, leur haine des privilèges, fiers du succès qu'avait remporté leur campagne contre la loi céréale, les ligueurs de Manchester crurent tout pouvoir espérer de l'initiative privée et de l’association destinée à suppléer en certains cas à la faiblesse des efforts isolés. L'Etat ne leur apparut plus que comme un mal nécessaire, une association politique réduite à garantir à chacun sa liberté et sa sécurité contre toute agression unique, soit au dedans, soit au dehors. Son rôle était, d’ailleurs, appelé à aller sans cesse en diminuant, par le progrès de la civilisation et la conscience grandissante de l’harmonie et de l’équité à l’intérieur, par les progrès du pacifisme et la suppression des conflits internationaux à l’extérieur. Si pendant longtemps l'individu avait courbé le front devant l'omnipotence gouvernementale, il prenait alors une revanche éclatante, mais, par l’évolution naturelle des choses humaines, cette restriction croissante du domaine de l'Etat devait fatale-

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