‹ Le Libéralisme Économique En AngleterreChapitre 37 sur 127 · Herbert Samuel, op. cit., ch. IT, p. 26, 2, Ibid., p · texte numérisé non relu

Herbert Samuel, op. cit., ch. IT, p. 26, 2, Ibid., p

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donc, la législation ouvrière pourra soustraire les travailleurs à l’asservissement auquel les assujettissent les habitudes industrielles. L'opposition d'un petit groupe de récalcitrants ne peut, par sa résistance ou son inertie, perpétuer des usages que réprouve la majorité, et les libéraux ne voient aucun inconvénient à ce que l'Etat vienne mettre sa puissance à l'appui de ses légitimes revendications.

Son rôle est donc considérable, il peut faire beaucoup pour les progrès sociaux : le développement de la civilisation, le recrutement des hommes placés à latêle du gouvernement, leur compétence mieux appropriée aux services qu'on attend d’eux, ont fait disparaître le préjugé que nourrissaient contre lui les anciens individualistes. Est-ce à dire cependant qu'il peut tout accomplir et que ses pouvoirs sont illimités ? Ce serait se méprendre sur la portée de l’enseignement des libéraux que de lui attribuer semblables conséquences : les problèmes que notre époque soumet à notre attention sont loin de pouvoir être tous résolus parle seul fait de l’action gouvernementale : les uns sont trop vastes, d’autres trop subtils, d’autres enfin dépendent de conditions trop subjectives pour entrer dans la sphère des solutions législatives. Nous disions, il y à un instant qu'une foule de mesures restrictives de la réglementation industrielle développaient plutôt qu'elles n'’entravaient la liberté individuelle, mais il faut pour cela rester dans les limites d’une intervention raisonna-

ble : aller au delà, les dépasser, serait certainement

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empiéter sur le champ qu'il convient de réserver à l’activité privée ; si des mesures et des réformes modérées peuvent être un stimulant favorable au commerce el à la prospérité nationales, elles aboutiraient, sion en poussait les conséquences à l’extrême, à la destruction pure et simple de l'esprit d'entreprise, de la confiance et du placement des capitaux (1). L'Etat, collectivité puissante, a du reste à côté de lui des émanations plus modestes de l'association, susceptibles de lui rendre de grands services et de le suppléer dans les fonctions qui lui échappent à raison même de leur caractère. L’énergie que déploient lesindividus à leur développement, à l'amélioration de leur situation sociale, à l’augmentation de leur influence personnelle, sont des mobiles avec lesquels il serait injuste de ne pas compter, et c’est peut-être là la véritable source, le véritable foyer du progrès et de réforme de la société. Le domaine de l'Etat, pour être très étendu, n'en est donc pas moins borné par celui de l'initiative particulière, et le problème de la limitation de ces terrains respectifs est un de ceux qui s'imposent au théoricien libéral. La définition en a été souvent tentée depuis Stuart Mill qui, nous l’avons vu, en reconnaissait la nécessité. Son critérium était si vague qu'il pouvait autoriser, au nom de l'utilité, toute intervention. Jevons s'y est essayé et sa définition est peut-être celle qui se rapproche le plus de l'idéal

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