Herbert Samuel, op. cil., p
à l’exacte observation des lois et règlements, en étendre l'application à des industries qui jusque-là échappaient à son contrôle et surtout enrayer ou faire disparaître le sweating system. Les journaux, les revues, les enquêtes officielles ou privées ont révélé à l’opinion émue les scandaleux abus que faisaient de la misère humaine les employeurs des quartiers pauvres de Londres. Grâce à cette pratique, ces industriels peu scrupuleux peuvent impunément tourner les prescriptions de la loi : les inspecteurs sont autorisés, à toute heure du jour et de la nuit, à pénétrer dans les usines et les manufactures ; des textes limitent la journée des enfants et des jeunes filles, fixent la quantité d’air requise par personne employée, et punissent de peines sévères toutes les infractions ; mais ces minutieuses précautions ne sont-elles pas un leurre si un patron peut s’y soustraire en transformant en atelier la demeure même de ses ouvriers ? Soucieux du bien-être de la classe laborieuse, désireux de lui assurer une vie moins abêtissante, les libéraux réclament, sur ce point, deux réformies dont l'urgence n’échappera à personne : soumettre l’ouverture d’un atelier à domicile à l'obtention d’une licence délivrée par l'autorité sanitaire ou un inspecteur du travail, en subordonner l'octroi à l’observation des conditions d'hygiène, d'aménagement et d'air, que le droit commun exige pour tous les ateliers ; rendre enfin les employeurs aussi responsables de lapplication de ces règles que le sont aujourd’hui les chefs de manufactures. L'adoption de