‹ Le Libéralisme Économique En AngleterreChapitre 55 sur 127 · LES FAITS · texte numérisé non relu

LES FAITS

Le succès du libéralisme en Angleterre, pendant le siècle dernier, n’est pas dû seulement à la valeur des théoriciens qui en exposèrent les données et dont l'influence se fait encore sentir chez les économistes des deux mondes. Fruit du tempérament pratique de l’éducation nationale, sauf chez quelques rares écrivains, il n’a jamais revêtu un caractère utopique. La plupart des grands doctrinaires, dont nous avons plus haut retracé les opinions, ont pris une part active à la vie politique de leur pays. Adam Smith, nous le verrons, inspira les réformes commerciales des ministres même tories, Ricardo fut membre du Parlement, Bentham fit école et fut proclamé le chef des radicaux philosophes, Cobden et les Manchestériens appartenaient tous au monde . parlementaire, Stuart Mill siégea pendant quelque

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temps à la Chambre des communes, mais son esprit logique et généralisateur l’empêcha d'y donner la mesure de son talent, Gladstone subit l'influence de l'évolution des idées de son temps et le gros de l’armée des théoriciens actuels du parti libéral se recrute chez des hommes politiques rompus aux affaires. Nous concevons dès lors la liaison étroite qui unit la doctrine à l'application ; l'étude des principeset de leurs conséquences n’a pas pour but la simple satisfaction d’une curiosité mentale : si le politicien doit chercher un guide dans la morale individuelle et sociale, l’enseignement de l’économiste n'est pas à dédaigner : instruit par l’histoire du mouvement humain, il évitera de retomber dans les erreurs de ses ancêtres et profitera de leur expérience pour accomplir les réformes nécessaires. Si donc, pour la clarté de Pexposition, nous avons dû examiner, dans la première partie de ce travail, l'historique de la pensée libérale anglaise au cours du xix° siècle, nous avons maintenant à rechercher la percussion qu'elle a eue sur les faits, c’est-à-dire sur la législaüon. Nous disions plus haut que l'œuvre doctrinale du libéralisme fut double et, qu'occupé pendant la moitié des cent dernières années à détruire et à renverser il consacra la seconde au travail positif de reconstruction ; nous allons retrouver cette même dualité dans l'attilude du parti en face des questions ouvrières, foncières, commerciales et coloniales, et l'étude de la part qu'il prit à la révolution législative

de ces grands problèmes va nous permettre de suivre,

Pr Ao ime té deM. G. Bry.vc re économique et Rare ær Angleterre depuis les origines Jusqu’ à nos jours », tant pour

LA les informations que nous y avons puisées, que pour les rensei-

ont facilité la référence aux sources.

gnements bibliographiques qu'il nous à fournis, et qui nous

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