‹ Le Libéralisme Économique En AngleterreChapitre 78 sur 127 · G. Bry, op. cit. La question foncière. Livre V, ch. vr · texte numérisé non relu

G. Bry, op. cit. La question foncière. Livre V, ch. vr

campagnes, la congestion des villes et les maux qu'elle entraîne à sa suite. Des remèdes plus énergiques sont nécessaires pour créer une nouvelle race d'ouvriers agricoles, retenir les paysans dans les districts ruraux, les soustraire à la fascination des centres urbains. Permettre au salarié d’ajouter quelques ressources à son modeste revenu, en cultivant le jardin dont serait entouré son cottage, lui en faciliter l'acquisition, tel a été le but de Allotments Acts adoptés sucessivement de 1887 à 1894. Les County Councils se voient attribuer le pouvoir d'exiger l’aliénation ou la location de terrains qu’ils divisent en lots d'un acre, pour les sous-louer ensuite aux ouvriers ruraux oucitadins. Mais ce n’est là surtout qu’une mesure destinée à combattre les conditions malsaines des anciens logements et il convient d’attacher le paysan par des liens plus puissants. Le spectacle de l’amour que le cultivateur français porte à sa terre, le souvenir des enseignements de Stuart Mill, dont la trace se retrouve dans les projets de Gladstone, le désir de rétablir, en face de l’aristocratique gentry, l’ancienne classe des yeomen, imbus d’un esprit plus démocratique, d’égaliser les fortunes immobilières déterminent les libéraux à développer la petite propriété, et c’est là l’objet du Small Holding Act de 1892. Les assemblées locales n'ont plus, en ce cas, le droit d’expropriation, c’est à l’acquisiion amiable qu'illeur faut recourir pour obtenir les domaines dont ils opèrent le lotissement en

tenures de 50 acres au maximum. Moyennant un

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versement immédiat d’un cinquième de leur valeur elles les cèdent à celui qui veut en devenir propriétaire et lui facilitent le paiement du reliquat en lui accordant, pour se libérer, un terme de cinquante années (1). L'application de ces mesures n’a pas répondu aux espérances qu’on fondait sur elles, nous avons exposé plus haut quelques-uns des reproches que leur adressent les libéraux modernes et les réformes qu'ils se proposent d’y introduire.

En dépit du respect qui s’attachait à elle et que la gentry avait pris grand soin d'entretenir, la terre a donc cédé à son tour aux exigences de la démocratie. Successivement se sont effondrés les contreforts de la puissance foncière, et les derniers remparts succomberont bientôt sous les coups répétés de Ja poussée du peuple. C'est qu’à l'encontre de la France, où sa possession immémoriale et la vieille notion du dominium romain, lui ont donné les éléments nécessaires à la résistance, la propriété terrienne en Angleterre est livrée sans défense aux assauts qu’elle subit de tous côtés. Les plus grands jurisconsultes ne lui reconnaissent que le caractère précaire et conditionnel d’une concession, d’une tenure (2); le souvenir de la suprématie territoriale

du roiet de son droit de propriétaire éminent est

Gbry. op.nait., La question foncière, 1. V, ch. tv,

2. E. Boutmy. Psychologie politique du peuple anglais, p. 398 et suiv.

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