Rambaud, op. cit., p
lité qu’elle souleva contre le ministère tory, l’obligation où elle le plaça de s’incliner devant la volonté nationale reléguèrent au second plan les problèmes économiques, et il nous fallut attendre jusqu’en 1837 pour assister à un renouveau de l'esprit libre-échangiste. Le mouvement reprit, d’ailleurs, avec une intensité telle qu'elle lui assura le succès le plus éclatant, et c'est sur le lerrain commercial que le parti libéral arriva le plus rapidement, le plus complètement, au but qu'il cherchait. L'industrie subissait à cette époque une des crises périodiques auxquelles elle était sujette depuis 1819 ; l'agitation chartiste revendiquait le suffrage universel, l'Irlande réclamait l'indépendance, les manufacturiers manchestériens, las d'adresser en vain des pétitions au Parlement, par l'organe de leur Chambre de Commerce, songeaient enfin à organiser dans le pays une campagne contre le maintien des lois-céréales, où ils voyaient la cause de tous les maux dont souffrait l'Angleterre de leur temps (1). En octobre 1838, sept négociants et manufacturiers réunis à Manchester créaient | « Anti-Corn-law-League » et jetaient les bases de l’agitation nationale.
Ce fut un modèle de l'esprit d'association cher aux Anglais. Aucun moyen ne fut épargné pour inculquer à tout habitant la haine de l’oppression douanière et l'amour de la liberté. En quelques mois les
fonds nécessaires à la mise en marche de l’œuvre