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Centre du commerce anglo-américain, Liverpool suivaitla même marche ascendante. Sheffield, Birminzham faisaient des progrès énormes et réunis saient, dans leurs murs ou dans leurs banlieues, des agglomérations ouvrières sans cesse grandissantes. La puissance politique était pourtant toujours concentrée aux mains de la gentry, qui l'avait accaparée au siècle précédent: la Chambre des communes comprenait 186 députés des comtés, 467 des bourgs et 5 des universités ; mais la répartition en était si défectueuse que dans plusieurs bourgs pourris ou de poche, vendus au gouvernement et aux patrons, le nombre des électeurs atteignait à peine celui des élus. Le Nord-Ouest de l'Angleterre, personnifiant alors la richesse croissante de l’industrie et du commerce, était réduit à une représentation hors de proportion avec son importance nationale. Lenécessité d'une réforme électorale pointait déjà à la fin du xvrn siècle dans les écrits et les programmes des radicaux philosophes. Plus originaux en politique qu'en économie politique, ils abandonnaient les anciennes théories whigs des avantages de la complexité gouvernementale, et, logiciens serrés, ils poussaient à ses conséquences extrêmes le principe de la souveraineté du peuple. Longtemps joint au mouvement d’agitation ouvrière, quijetait alors letrouble dans le pays, et obligeait le gouvernement à recourir à des mesuresrépressives, regardant avec défiance les libéraux aristocrates qui ne rêvaient que la substitution d’une nouvelle classe dirigeante à l’ancienne, les
en 244 ce radicaux commençaient cependant à comprendre l'utilité d’une action commune à celle des whigs, pour aboutir à une réforme partielle, cheminement progressif vers le succès final.
Revendiquant leur part de pouvoir politique, les industriels réclamaient une meilleure distribution de la représentation nationale ; le but qu'ils poursuivaient n’offrait rien d’excessif : ils proposaient simplement le transfert de l’ancienne franchise des bourgs pourris aux villes nouvelles abondamment peuplées. Telle était la teneur du projet Russell qui se heurtait à l'hostilité ou à l'indifférence de la faible majorité tory soutenant alors le gouvernement. La Révolution de 1830 en France vint activer le mouvement dans les régions ouvrières : aux associations professionnelles s’adjoignirent des unions politiques. Le premier ministre, le duc de Wellington, refusant de se rendre à l’évidence, affectait de ne pas avoir conscience de la nature de lopinion publique et déclarait le 16 novembre que « rien dans ce qu'il avait « lu ou entendu ne lui avait révélé la nécessité d’une « réforme du système de la représentation du « pays » (1). Obligé de se démettre à la suite de l'opposition formée par les Whigs et les Canningites sur la liste civile, il céda la place à Lord Grey dont le projet de réforme n’obtint qu'une seule voix de majorité. Le roi recourut alors à la dissolution de
la Chambre des communes et soumit la question au