Seignobos, op. cit.,. p
pays. Les élections se firent sur la simple question parlementaire. « Le bill. tout le bill, rien que le bill » fut le cri de ralliement de tous les éléments libéraux, radicaux et ouvriers, unis dans une même haine de l’ancien régime oppressif, et dans le désir de voir mettre fin à la suprématie de l’oligarchie aristocratique des gentlemen. La nouvelle Chambre vota le projet à une forte majorité, mais les Lords, qui sentaient leur échapper leur ancienne importance s’opposèrent à son adoption. Leur refus entraîna dans le pays une agitation si considérable, l’action des associations ouvrières du Nord prit une allure si dangereuse,les meetings des Whigs, alliés aux travailleurs, se multiplièrent tellement que, sous la menace d’une nouvelle fournée que déclina d’abord le roi, mais à laquelle il allait consentir, après la vaine tentative du duc de Wellington, la Chambre haute se décida enfin à capituler. Le bill devint loi à la majorité de 9 voix. 56 bourgs de moins de 2.000 âmes, qui procédaient autrefois à la nomination de 111 députés, voyaient supprimer leur représentation, 44 villes nouvelles recevaient le droit d’élire deux membres chacune, 20 celui d'envoyer un député à la Chambre. Les membres des comtés passaient de 95 à 159 (1). Le mérite de la réforme appartenait
aux leaders libéraux Lord Grey et Lord John Rus-
1. Seignobos, op. cit,, Ch. IT, p. 33-34. — H. Reynald. Histoire de l'Angleterre. — J. R. Green. Short History of English people, p. 814.
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sell qui, depuis 1820, avait consacré sa vie au succès de son projet. Ses effets ne tardérent pas à se manifester. Les élections de 1832, faites aux termes de la nouvelle loi électorale, changèrent complètement la physionomie du monde parlementaire : l’ancienne majorité tory faisait place à une majorité libérale de 314. Les aspirations des centres industriels allaient recevoir satisfaction : les tendances économiques des doctrinaires libéraux allaient trouver leur écho dans les discussions de la Chambre et dans les mesures législatives. 1832 marque, en effet, la substitution de la classe moyenne des villes commerçantes à la gentry uniquement préoccupée desesintérêts personnels.
Certes, la mesure est loin d’être démocratique : elle consacre simplement la victoire d’une partie de la nation sur l'autre partie, mais elle donne cependant la direction des affaires à celle qui représente : le mieux les aspirations nationales. Les privilèges de la gentry tombent un à un, sous les coups des nanufacturiers. Lord Melbourne dissout, par Pacte de 1535,les anciennes corporations fermées, corrompues et vénales, à la solde des grands propriétaires fonciers, et les remplace par le régime moderne des conseils municipaux, en dépit de l'obstruction des lords dont les amendements multiples et anti-démocratiques sont balayés par les communes. Les exigences du cens foncier deviennent moins rigoureux : en 1836, on atténue son caractère exclusif, et il dis-
parait en 1558 (1). L'enseignement des économistes