Boutmy. Dével, de la Const. en Angl., p. 332 et
classiques peut alors librement porter ses fruits dans une assemblée dont les membres en ont étudié les principes. L’abrogation des Corn-larws en 1846, l'abolition de l'acte de navigation en 1849, la disparition, en 1853, des immunités fiscales des successions immobilières, marquent les étapes déjà étudiées de la pensée libérale. Pendant près de vingt ans le. parti whig va conserver le pouvoir : recruté parmi des hommes d’affaires au courant des besoins économiques, son œuvre est surtout financière. Grâce à sa sagesse et à sa modération, Gladstone obtient bientôt des excédents budgétaires si considérables qu'il est à même d’abaisser progressivement nombre de taxes fiscales et de supprimer presque tous les droits de douane qui subsistaient encore.
La réforme de 1832 avait été le premier pas de fait vers l'émancipation du peuple anglais du joug de ses anciens chefs, maisla classe moyenue, devenue à son tour maitresse de la situation, en tirait profit en vue de ses propres intérêts, et toute la législation, pendant une quarantaine d'années, ne fut guère, nous venons de le voir, inspirée que par le souci de ses avantages. La pacification de la ciasse ouvrière, après les spasmes chaotiques de lPagitation chartiste, la hiérarchisation des Trade-Unions, la fédération d'associations locales en un vaste organe central : le Conseil des Unions montraient que les travailleurs avaient compris que la vraie voie à suivre, pendant la période d’organisation, était la réalisa-
tion de réformes purement économiques, à l’encontre
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— 248 Cp , des mouvements politiques. Cependant, l'arme qu'ils possédaient, la grève, à l’aide de laquelle seule, ils “pouvaient espérer mener à bonne fin, leurs revendications était entourée de restrictions si grandes qu’elles en rendaient le jeu impossible.
Il fallait, à tout prix, pour lui donner son utilité, apporter des corrections aux lois existantes et obtenir à cet effet l’appui des membres du Parlement. Mais comme les députés, alors élus par la classe bourgeoise, se montraient peu favorables à l’émancipation ouvrière, ils virent qu'ils ne devaient chercher lesalut que dans leur propre initiative, et ils demandèrent dès lors l’extension du droit de. suffrage que
tout en étendant la loi de 1832 avait encore maintenu dans d’étroites limites. À la mort de Palmerston, son successeur, Lord Russell, devenu président du Conseil, proposa, par l'organe de Gladstone, leader des communes, dans le sens des revendications populaires, un bill de réforme parlementaire, dont la désertion d’une fraction du parti libéral, appelée les Abdullamites, empêcha l'adoption. Voté en deuxième lecture, à une majorité de cinq voix, le projet du gouvernement fut, en effet, battu en comité sur un amendement important. Le Cabinet démissionna pour faire place à une combinaison Derby- Disraëli. Le parti conservateur se trouvait cependant en minorité à la Chambre, et le nouveau ministère devait, pour se maintenir, s'appuyer sur les Abdullamites, hostiles à toute modification électorale. Le sort du bill de réforme libéral avait soulevé
les passions du pays. L’'agitation ouvrière, entretenue par la Reform League et les secrétaires des Trade-Unions, ne tarda pas à prendre une tournure menaçante, Un meeting monstre, tenu à Trafalgar Square le 2 juillet 1866, vota la résolution suivante: € La Chambre des communes, élue seulement par «une population adulte et mâle du pays, est une
« violation et une dérision des principes de la cons-
« Utution, et l'opposition factieuse des Tories et des
LA
« pseudo-libéraux contre le projet deréforme modé- « rée, etle langage insultant qu’ils emploient envers «les classes ouvrières, imposent au parti libéral « la nécessité de rester uni dans le pays pour arri- «ver à améliorer la représentation de la nation
jusqu’au suffrage pour tous les hommes adultes « domiciliés. » (1). Emus par Ia nouvelle démonstration du 23 juillet, au cours de laquelle une foule furieuse arracha les grilles d'Hyde-Park, le gouvernement se décida à une complète volte-face. En février 1865, au milieu des rires de l’assemblée, Disraëli, se levant aux communes, déclara, qu’à son avis, la réforme parlementaire ne devait plus être propre à décider du sort des ministères : aussi proposail-il de traiter le problème par voie de résolution, c’està-dire en en renvoyant indéfiniment la aiscussion. Mais ce procédé ne convenait ni à la Chambre ni au pays, et il fut contraint d'y renoncer. Il tenta enfin une dernière manœuvre en faisant rédiger deux