‹ Le libéralisme [microforme]Chapitre 13 sur 16 · SC · texte numérisé non relu

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société chrétienne et de lèse-majesté divine. » Mgr Audisio, de qui sont ces paroles, trace ensuite les conditions et les effets de la coexistence de l'Eglise et de l'Etat.

« La coexistence n'étant ni ia confusion ni l’absorption, mais bien ia concorde et l’amilié reciproque de deux existences entières et parfaites, elle implique nécessairement :

Lune limite à la vie, c'est-à-dire aux actions et aux droits de chacune des deux existences; 2° l’inaltérable respect des droits d’autrui; 3 le libre exercice de ses propres droits, ce qu'on nomme la liberté, et n'est que l’effet ou le résultat du respect mutuel des droits d'autrui. »

« Dieu seul, à proprement parler, ne relève que de lui-même. L'Eglise et l'Etat, étant ses dépeadances, et comme deux provinces ou départements de son gouvernement ici-bas, n’ont qu’une autonomie non pas absolue, mais relative, conséquemment des pouvoirs et des droits non pas absolus, mais relatifs. De ce premier principe sort le second, savoir, le juste respect des droits d'autrui et l’accomplissement fidèle de ses propres devoirs ; les droits et les devoirs, étant relatifs, ue s’absorbent point, mais se limitent mu-

tuellement. Enfin, de ces deux premiers principes s’engendre le troisième, résultat de lun et de l’autre, je veux dire la liberté, ou la libre coexistence de l'Eglise et de l'Etat; car il v a liberté partout où il n’y à ni injure faite, ni injure reçue. »

Aux trois conditions indiquées par lauteur, nous en ajouterons une quatrième, &’esl la subordination eiviie à l’autorité religieuse, de l'empire au sacerdoce. Le respect des droits mutuels ne saurait à lui seul être l’expression que de l'égalité complète entre les deux sociétés, et impliquerait même la séparation de l'Eglise et de l'Etat, doctrine condamné dans la cinquante-cinquième proposition du Syllabus. « Une pareille egalité, dit Le savant Pallottini dans son bel ouvrage du sacerdoce et de l'empire, (vol. IE, chap. IE. art. EL.) est manifestement erronée. L’empire est subordonné au sacerdoce et il ne suffit point d’admettre entre eux des relations de pure Coordination. L’essence des choses, le fait et la nécessité universelle de toute société humaine, l'institution positive du Rédempteur, l’origine, la nature et la fin de chacune des deux sociétés, le témoignage formel des Pères, le demontrent surabondamment. »

L'église, infaillible dans sa conduite pra-

prin-

MUR Lique, comme elle l’est dans son enseignement, rl nc manquera Jainais à ses devoirs. Toujours re elle contribuera de tous son pouvoir à la ? 40 . . r L r . r , r injure tranquilité et à la prospérité des états. L’6tat de son côté, se mentrerait fort peu sou- * l’au- cieux de son devoir et du bonheur de ses , c'est sujets, si non content de ne pas léser les ieuse, droits de l’église, il ne lui facilitait par son droits Concours positif et bienveillant laccomplisse- \pres- ment de sa mission sublime ici-bas, de dideux riocr Îles sujets comme Îles CoUvernants à ration leur fin dernière (1).

lamné on du (1) Voici comment s'expriment suree sujet les Pères du De Concile de Québec, dans le décret 24°, intitulé: avant De libertate Esclesine ejusque cum potestate civili relatioer doce nibus.

) est Profitemur Ecclesiam esse societatem perfectam, inde- Fo pendentem a potestate civili, eaque superiorem. Inter ubor- religiosam hujus societatis auctoritatem, cujus plenitudo d’ad- estin Romano Pontifice et potéstatem politicam christia- ; ni gubernii, ea existit ex ipsis rerum naturis relatio, COOT- | | | ut haec sit illi nedum negative sed et positive subordiet la ( nata, licet indirecte. Potestas scilicet civilis nihil agere hu- potest quod redundet in damnum Ecclesiae, et ab iis teur, actibus abstinere debet qui jura Ecclesiae laederent: imo les debet etiam, quando societas religiosa id exposcit, ad #4 ejus bonum et aü ejus finem supernaturalem attingendum Pc- conferre, Haec est certa doctrina Bonifacii VIII in Bullam

Unam sanctam,in quo docet gladium iateriulerr esse opor-

« Que l'Etat done, continue Mgr. Audisio, en jetant les veux sur l'Eglise, ne la regarde

tere sub gladio spirituali et esse adhibendum pro Æeclesin, non autem contra Ecclesiam. Eadem est sententia Patrum qui scribunt potestatem civilem a Deo esse institutum in praesidium et tutelam Eeclesiae.

Hoc autem non impedit quominus societas religiosa et societas civilis sint distinctae, propriumque habeant finem; prioris en'm est ad felicitacem asternam perducere; posterioris vero, felicitatem tempora'em praebere. Quum autem ratio subordinationis ab excellentia finis desumatur, consequitur societatem civilem esse so-

cietati religiosae subordinatam,

sed indirecte tantum,

siquidem in iis omnibus in quibus sola felicitatis temporalis ratio occurrit, civilis potestas Quae ad eam dirigere debet, est independens, quum ipsa, ct non alia,

propter hunc finem existat.

Nous sommes heureux de pouvoir rapporter ici les paroles de Mgr De Angelis. Dans le premier volume de ses lecons sur le Droit canonique, page 32 et suivantes, l'illustre professeur, en traitant de la division des lois,

dit ce qui suit.

« Remanet proinde demonstrata illa divisio legum, ut alia sint civiles aliae ecclesiasticae; civiles profecto, quas auctoritas suprema civilis in rebus temporalibus constituit ad assequendum bonum commune associationis; ecclesiasticae vero, quas auctoritas ecclesiae condit, et proponit in rebus spiritualibus ad ultimum finem hominum, nempe aeternam beatitudinem obtinendam. Ista duo summa vel suprema sunt, quae hominem dirigunt, et

pro bono associationis civilis,

et pro consecutione

ultimi finis hominis. Quae summa et supremain genere suo dicuntur, quia altera non habet jus quidquam sup-

piendi alii in exercitio suae auctoritatis. Totum quod

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