‹ Le libéralisme [microforme]Chapitre 3 sur 16 · PIE IX SOUVERAIN PONTIFE · texte numérisé non relu

PIE IX SOUVERAIN PONTIFE

À Notre cher Fils Benjamin Pâquet Prêtre Doyen et Professeu: émérite de la Faculté de Théologie de l'Université Laval.

Bien aimé fils, salut et Bénédiction Apostolique. Nous vous félicitons, cher fils, de ce qu'appelé à enseigner la théologie, vous avez pris soin de prémunir d'une manière toute spéciale les jeunes clercs contre l'erreur très-répandue aujourd’hui du libéralisme ; erreur qui, sous le couvert d'une teinte de modération et du titre de catholique, envahit d'ordinaire les esprits honnêtes et les infectent à leur insu de la peste de principes capables de tout renverser. Imbus de ce poison, ils se croient permis de suivre des opinions que leur nature politique semble mettre en dehors de la sphère du magistère de l'Eglise, peu au courant, selon eux, des besoins de la société civile. Ils imaginent en conséquence qu'elle use d’une sévérité injuste en réprouvant des doctrines que réclame le progrès de l'humanité, et qu'il vaudrait mieux montrer une indulgence propre à opérer la conciliation avec les dissidents. En agissant ainsi, ils ne s’aperçoivent nullement que, dans l’appré-

UN ds ciation de la doctrine, ils préfèrent leur sentiment personnel au jugement de l'Eglise; qu'ils s’éloignent peu-à-peu de la soumission due à la chaire de vérité; que pour celte raison 1ls envisagent avec un esprit prévenu ses droits et ses divines prérogatives; qu'ils rompent l'unité; que non seulement ils divisent des forces qui devraient être opposées unies aux efforts des ennemis, mais encore qu'ils les tournent les unes contre les autres ; qu'ils se rendent aux désirs des adversaires et leur tendent une main amie; qu'ils s'efforcent d'incliner vers l'erreur la vérité infléxible de sa nature; que par cette conduite 1ls déplaisent également à Dieu dont ils s’éloignent et à ses ennemis qu'ils ne satisfont pas pleinement, et qui, plus logiques dans leur raisonnement, admettent sans difficulté, défendent et urgent les dernières conséquences qui découlent rigoureusement de leurs prémisses, bien que rejetées par eux. À la vérité, jusqu’à présent, Nous n'avons pas eu le temps de lire ce que vous avez autrefois enseigné aux élèves sur cette matière et qui se trouve réuni dans le peut livre que vous Nous avez offert; mais le titre même de ce livre et ce que vous avez dit dans la lettre que vous Nous avez adressée, Nous ont assez montré, qu’en traitant du libéralisme, vous avez choisi un sujet très-opportun peur notre temps qui est si infecté de cette erreur pernicieuse. C’est pourquoi Nous ne pouvons Nous empècher de louer

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votre entreprise et de souhaiter le succès à votre travail ; Nous souhaitons que tout ce qui se tronve dans votre enseignement oral ou écrit sur ce sujet et conforme à la doctrine de ce Saint Siége éloisn Un grand nombre des embüches de cette erreur si répandue où ramène à de meilleurs senliments ceux qui s'y sont laissés prendre. Comme Sage de ce succès, recevez la Bénédiction Apostolique que Nous vous donnons, cher fils, en signe de Notre paternelle bienveillance.

Donné à Rome, àS. Pierre, le 23 Octobre 1876.

De Notre Pontilicat l’année trente-unième,

(Signé) PIE PP. IX.

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