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DIVERSES SORTES DE RICHESSES

La richesse, étant l'ensemble des choses douées de valeur en usage, se divise naturellement en autant de fractions que la grande communauté du genre humain, et reçoit les mêmes appellations.

Ainsi l'on dit : la richesse universelle^ la richesse nationale ou publique^ la richesse départementale , provinciale^ communale^ individuelle.

Les choses douées de valeur en usage étant des richesses, elles prennent diverses désignations, selon les divers points de vue sous lesquels on les envisage.

Les considère-t-on sous le rapport de la manière dont elles tombent dans la possession de Thomme, les unes lui sont données gratuitement; ce sont des richesses naturelles ; les autres il les obtient pour prix denses efforts; ce sont des richesses acquises.

S'occupe-t-on du mode de leur possession? Les unes sont de nature à devenir exclusivement la propriété de tels ou tels individus, ce sont des richesses privées; les autres ne sauraient être possédées qu'en commun, ce sont des richesses collectives.

Veut-on les étudier dans leur nature intime?

Il en est qui existent actuellement, qui tombent sous les sens, dont nous avons, tant qu'elles durent, une perception physique, continuelle; ce sont des richesses matérielles. Il en est qui n'existent que virtuellement, et, pour ainsi dire, en puissance, qui dorment tant que le besoin ne s'en fait pas sentir, et ne reparaissent qu'alors que la volonté humaine les sollicite et leur fait appel : telles sont les facultés humaines, et les forces physiques dont ces facultés disposent; ce sont des richesses immatérielles.

S'agit-il de leur mode d'action, de la manière dont chacune accomplit le rôle qui lui est assigné ?

Il en est qui procurentdes jouissances immédiates; il en est d'autres qui ne contribuent au résultat définitif que par le concours d'un nombre plus ou moins grand d'intermédiaires.

Le pain dont se saisit l'homme affamé, le tableau que le peintre vient d'achever sont des richesses directes. La charrue du laboureur, l'instrument du

musicien, la palette du peintre sont des richesses indirectes.

II est enfin une dernière distinction qu'on peut démêler, entre les richesses ; elle est puisée dans la différence de leur durée respective.

Les unes sont passagères, et se dissipent en même temps que la jouissance qu'elles font naître; ce sont des richesses instantanées; les autres survivent en partie à l'emploi qu'on en fait, et renouvellent leur service pendant un temps plus ou moins long. Ce sont des richesses durables.

Ainsi l'air que le musicien exécute s'évanouit sur le champ, le morceau de pain dont s'empare l'homme affamé peut le nourrir pendant un jour ; la maison qu'il habite peut durer pendant un siècle.

Toutes ces appellations sont , à ce qu'il semble, claires, exactes, correctes, et portent dans l'esprit des idées parfaitement nettes.

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