RÉCAPITULATION
Reprenons les choses de haut.
Il n'existe, en» ce inonde, que deux ordres de subr stances, Tâme et la matière.
Autant d'hommes, autant d'âmes distinctes. — La matière, au contraire, est répandue indistinctement par tout l'univers.
»L'âme est indivisible, mais douée de facultés diverses. Ces facultés se développent selon des lois invariables.
La matière est divisible à Tinfini. Chaque parcelle de matière est douée de propriétés diverses. Ces propriétés se développent également selon des lois prédéterminées. •
Entre les diverses facultés de l'âme, les unes sont aptes à recueillir et à constater des faits; les autres
sont aptes à combiner ces faits de plusieurs manières.
Les particules de matière se rangent spontanément en divers groupes, en vertu des propriétés qui existent en elles.
Les données recueillies par certaine faculté de l'âme, lorsqu'elles sont combinées diversement par l'active énergie des autres facultés, prennent tour à tour les nojïis de notions, d'idées, de systèmes, selon leur plus'ou moins grande complication.
Les diverses molécules matérielles prennent le nom de corps.
Toute combinaison nouvelle, soit dans l'ordre de la pensée, soit dans l'ordre de la matière, donne naissance à une idée nouvelle ou à un corps nouveau.
Sitôt que l'homme intervient volontairement dans Tune ou dans l'autre de ces deux sortes de combinaisons, il nomme cda produit.
Pour produire, il a deux moyens.'
Réunir ce qui est séparé. — Séparer ce qui est uni.
Rien de plus, le reste se fait de soi-même.
Toute série d'actes qui précède, à peu près immédiatement, une combinaison nouvelle, et qui s'ac-
coraplit en vue de cette combinaison, se nomme production directe. Toute série d'actes qui concourent d'une manière plus ou moins prochaine, plus ou moins éloignée, à telle ou telle combinaison, se nomme production indirecte.
Entre la production directe et la production indirecte, la ligne de démarcation est incertaine et mobile. Les actes dont chacune se compose ne diffèrent point quant à leur essence ; ils sont nécessaires à la confection de chaque produit en particulier. Mais ceux*cî sont plus voisins que ceux-là du moment où chaque changement s'effectue. Tel acte fait partie de la production directe à' l'égard d'un certain produit, et de la production indirecte a l'égard de tel autre produit, et réciproquement.
En un mot, tout produit peut être considéré comme un individu qui naît, subsiste, meurt, qui a en quelque sorte une famille dont on peut nommei* chaque membre, des parents dont il procède directement, d'autres qui lui tiennent de plus loin, mais qu'on reconnaît encore, puis enfin une filiation indéfinie, qui, se perdant dans le temps aussi bien que dans l'espace, attache son premier anneau au premier acte du premier homme.
SECTION VIII