XXXIV PRÉFACE
mouvement tf accroissement accéléré: il suffit qu'il y ait hésitation et langueur chez celui-ci, surexcitation chez celui-là — pour que le compte final se solde par une balance inégalement avantageuse aux deux parties. Or en ce monde rien n'est absolu : tout (surtout la richesse et la puissance qui en découle) est affaire de relationetde proportion.Rien non plus neststationnaire :une loi de progrès est imposée aux peuples sous peine de déchéance. Dans chaque pays il faut augmenter, en raison du nombre croissant des hommes que porte le territoire, la quantité de biens destinés à soutenir leur existence ou à améliorer leur condition. Dans cette concurrence, qui ralentit seulement sa course perd son rang. Un pas rétrograde n'est pas nécessaire : un temps d'arrêt seulement, c'est le déclin et la décadence.
Ces considérations de diverses natures eussent été reproduites sans doute, etdéveloppées suivant un ordre plus systématique dans le traité général dont mon père avait formé le plan et dont les premiers chapitres (les seuls que j'aie pu retrouver)
PRÉFACE. XXXY
complètent ce volume. Ces fragments d'un tout inachevé ne constituent en réalité qu'une Intro- . trduction à l'étude de l'Économie politique^ tout entière consacrée à définir l'objet de la science ellemême, les notions principales qui en forment les éléments, et même les termes dont elle se sert habituellement. J'aurais hésité à présenter au public «n travail si peu avancé, si je n'avais cru remar- <pier que des définitions exactes sont peut-être ce qui manque le plus et ce qui serait le plus nécessaire à la science économique pour asseoir ses principes, terminer les contestations qui s'élèvent dans son propre sein, et se justifier même des reproches auxquels elle est trop souvent en butte. Un vocabulaire bienfait assignant à chaque idée comme à chaque fait une désignation propre qui lui convienne, qui ne puisse être appliquée à aucun autre et à laquelle tous les lecteurs prêtent le même sens, — c'est, on le sait, l'indispensable condition des progrès de toute science. Point de physique possible, si les physiciens n'étaient pleinement d'accord sur ce qu'ils appellent l'électricité