De la propriété f p
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fessent les économistes eux-mêmes, une condition oiiéreuse dans Tétat de société, un mal nécessaire, l'impôt serait, pour les contribuables, un véritable hienfait; qu'au lieu d'appauvrir la nation et les ci- ^ens, il les enrichirait, qu'il agirait sur le corps et sur les membres comme une cause de prospérité et comme un principe de Vertu.
Comment s'enrichissent, en effet, les sociétés? Comment s'enrichissent les individus?
£n se soumettant à des privations dans l'intérêt de
i avenir. En s'abstenant de consommer annuellement
totalité de leur revenu, en capitalisant chaque
^^née une portion de leur revenu, et en l'employant
^^ûs un but d'utilité.
A^a prévoyance et l'économie tiennent le premier ^^^S Parmi les vertus sociales; ce sont les sources de Prospérité publique et privée, ^r l'impôt, dans la théorie des économistes, opérerait. Sur les contribuables, précisément comme opèrent \^ prévoyance et l'économie. Il prélèverait une P^^Uou du revenu de chaque contribuable ; il capitaliserait cette portion entre les mains de l'État. L'État ^^^^ît pour les contribuables, en quelque sorte, une P^^^îdence au petit pied, ou, si l'on veut, ce serait un "^^Ur qui forcerait ses pupilles à économiser sur
leurs revenus, en se chargeant de placer le capital qui proviendrait de ces économies utilement pour le pays et, par conséquent, pour eux-mêmes, puisque la prospérité publique n'est que la somme des prospérités privées.
Et comme, en pareil cas, plus le tuteur se montre exigeant envers le pupille, plus il économise, plus il capitalise à son profit, plus il Teûrichit, il s'ensuivrait que, plus l'État retrancherait sur le revenu des contribuables, plus il les enrichirait.
Plus la société serait imposée, plus elle deviendrait riche.
La conséquence est si rigoureuse, et l'absurdité si criante, qu'il suffit de l'énoncer pour faire justice du principe ; et qu'il ne reste plus qu'à chercher où gît précisément l'erreur qui a prévalu jusqu'ici.
L'erreur gît dans l'idée fausse, ou du moins dans l'idée très incomplète que les économistes et les financiers se forment du but même de l'impôt, de la nature des dépenses publiques, et du rôle que l'État est appelé à remplir dans l'économie sociale.
Le but de l'impôt, disent-ils, est de pourvoir aux dépenses publiques; or les dépenses publiques sont essentiellement improductives. « Les valeurs levées sur les contribuables, dit M. Say, sont en général dé-
pensées d'une manière improductive *...les dépenses improductives du gouvernement, . bien loin d'être favorables à laT)roduction, lui sont prodigieusement préjudiciables ^ »
«Le souverain, dit Adam Smith, avec tous les officiers, soit de justice, soit de guerre, qui sont sous ses ordres, l'armée, la marine, sont des travailleurs improductifs. Ils sont les serviteurs du public, et sont maintenus par une partie du produit annuel de l'industrie des autres citoyens. Leur service, quelque honorable, quelque utile, quelque nécessaire même qu'il puisse être, ne produit rien qui se puisse échanger ultérieurement contre une égale quantité de services 3. %
Bès lors ces dépenses improductives ne doivent pas être supportées par le fonds productif de la société, c'est-à-dire par son capital, elles doivent être supportées par le fonds de consommation de la société, c'est-à-dire par son revenu.
L'État, disent encore les économistes et les financiers, garantit à tous les membres de la société la jouissance de leurs revenus ; il est juste et naturel que