‹ Le libre échange et l'impôtChapitre 40 sur 118 · Princ. of polit, econ., t. II, p · texte numérisé non relu

Princ. of polit, econ., t. II, p

aè LE LIBRE ÉCHANGE ET L'IMPOT.

Que si le gouvernement, en descendant sur le marché, y demande, non des bras, mais des marchandises, du drap, par exemple, pour mieux vêtir ses troupes, ou, ce qui revient au même, s'il procure à ses serviteurs, à ses employés, en augmentant leur traitement, le moyen de se mieux vêtir, de se mieux nourrir, d'accroître, en un mot, leur aisance ; comme les serviteurs du gouvernement, militaire ou civil, ne sont, en tant que tels, ni des propriétaires fonciers ni des capitalistes, comme ils appartiennent à la classe qui vit de salaires, et ne différent des ouvriers ordinaires qu'en ce sens que leur salaire est fixé par l'autorité, au lieu de l'être par la concurrence, et que leurs services sont dédiés à tout l'ensemble des producteurs, au lieu de l'être à quelques-uns d'entre eux seulement, le gouvernement, en agissant ainsi, ne fait qu'opérer une nouvelle distribution du revenu net aff'érent à cette classe. Ce qu'il prend aux uns, il le rend aux autres ; ce qu'il prélève sur le grand nombre, il en gratifie le petit nombre : mal à propos si la part du petit nombre était suffisante; justement, si elle ne l'était pas; mais, dans tous les cas, sans entamer cette branche du revenu social. Et s'il résulte de cette distribution nouvelle, en la supposant sage, équitable, que la part du grand nombre devient trop

exiguë, que Touvrier ordinaire se trouve atteint jus* que dans son strict nécessaire, c'est une preuve que le taux général du salaire n'était pas assez élevé; un temps d'arrêt se manifeste dans la population ; le prix de la main-d'œuvre hausse, et l'impôt, dans la partie qui porte sur le nécessaire de l'ouvrier, tout au moins, est rejeté sur le capitaliste.

« Quand les salaires sont imposés, dit Ricardo, le prix de la main-d'œuvre s'élève; s'il en était autrement, il serait impossible que la population nécessaire se maintînt*. »

4 Quand le produit d'une taxe sur les salaires, dit M. Macculloch, est employé à accroître le traitement des fonctionnaires publics, ou la solde des troupes déjà sur pied, il ne diminue point Ja quantité de travail qui se trouve sur le marché, et doit, en conséquence, tomber au premier moment sur les ouvriers; mais même en ce cas la taxe ne continuera probablement pas à être supportée par eux. En diminuant leur aisance, peut-être même leur nécessaire, elle ne peut manquer d'arrêter les progrès de la population, soit en retardant l'époque des mariages, soit en accroissant le taux de la mortalité, et de rejeter sur les capitalistes tout ou partie de l'impôt on élevant le

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