On Taxât., p
Il se peut qu'un producteur atteint par l'impôt, au lieu de se borner à restreindre sa production, s'ingénie pour réparer la brèche faite à son capital, qu'il invente quelque procédé nouveau, quelque machine nouvelle, mais il faut pour cela que la brèche ne soit pas trop forte ; ce sont les profits qui doivent faire les premiers frais, la mise en œuvre de l'invention; si la somme que le producteur doit, à cet effet, distraire de ses profits est trop considérable, il préférera réduire tout simplement la quantité de ses produits et rejeter le fardeau sur le consommateur. Il se peut qu'un salarié, atteint par l'impôt, au lieu de s'éloigner d'un pays où la vie est chère, économise sur ce qui lui reste une petite somme et la place à intérêt pour payer l'impôt de l'année suivante; mais c'est à condition que son salaire ne sera pas trop entamé ; sans quoi, il ira porter ailleurs son travail et ses bras. Gela étant, ne peut-on pas 'dire qu'en temps de guerre un accroissement d'impôt modéré, simplement suffisant pour servir les intérêts et l'amortissement de l^erapruDt, a plus de chances d'encourager l'industrie qu'un impôt énorme qui écrase le contribuable*.
Mais le grand reproche après tout, le reproche éternel que les économistes adressent au système des