PRÉFACE. XI
en concentrant l'opération entre ses mains, au lieu de Fabandonneràdes efforts individuels épars et isolés, il en réduit notablement les frais. C'est l'application sur une grande échelle de l'économie que tous les industriels connaissent, et qui fait la fortune des grands établissements, celle qui résulte de la concentration des frais généraux. En ce sens on peut dire, par une expression saisissante mais qui n'a rien d'exagéré, que l'État est l'entrepreneur des frais généraux de la production sociale et que l'impôt représente le montant de son abonnement.
Si cette conséquence est admise, elle peut fournir un moyen facile de déterminer l'assiette naturelle et normale des impots. On ne peut nier, en effet, que l'impôt le meilleur et théoriquement préférable est celui qui trouble le moins possible le cours naturel des faits, et cause ainsi à la société le moindre dérangement. Tout se réduit dès lors à savoir par qui seraient opérées, et comment seraient réparties, si l'État s'abstenait d'agir, les dépenses publiques pour lesquelles il substitue