‹ Le libre échange et l'impôtChapitre 9 sur 118 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

aujourd'hui avec avantage son intervention à l'action nécessaire des particuliers. Les suppositions déjà faites vont encore ici éclairer et résoudre la question.

Si l'État, par exemple, cessait de tracer luimême aux frais du budget national les voies de communication, qui prendrait l'initiative de suppléer à son abstention? Ce seraient évidemment ceux qui ont l'intérêt le plus direct à maintenir sur la surface du pays une circulation libre et régulière. A ce titre, industriels, marchands, cultivateurs, producteurs en un mot de tout genre, seraient évidemment les premiers à se mettre à l'œuvre et en dépense : car c'est à eux qu'il importe avant tout de rendre possibles l'arrivée des matières premières qu'ils travaillent et la sortie des denrées qu'ils fabriquent. Ce serait eux, on n'en peut douter, qui feraient l'avance de la construction des routes, soit par eux-mêmes, soit en payant une redevance à des bailleurs de fonds qui s'en chargeraient pour eux ; ils ne manqueraient pas ensuite de se couvrir de leurs déboursés, en éle-

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vant à proportion le prix de leurs marchandises. Tout le monde contribuerait ainsi en définitive à la dépense exigée par la nécessité commune : mais les producteurs y prendraient part par une avance directe, les consommateurs, par un remboursement prélevé sur le prix qu'ils devraient payer pour la satisfaction de leurs besoins et de leurs jouissances.

Si tel est Tordre dans lequel les faits se passeraient, au cas où l'État et l'impôt feraient défaut pour acquitter les dépenses publiques, il n'y a pas de raison pour que l'intervention de l'État et de l'impôt dérange cette répartition naturelle. Toute l'opération de l'État consistant à faire à meilleur compte ce que d'autres feraient plus chèrement sans lui, il doit partager le bénéfice de l'économie, exactement comme se partagerait la charge de la dépense. Les producteurs, en l'absence de l'État, feraientravance des dépenses publiques, à charge par eux de rentrer dans ces avances aux dépens des consommateurs. L'État survenant, ce sont encore les producteurs qui devront faire l'avance

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