‹ Le libre-échangeChapitre 11 sur 20 · UUlUE-ECilANOB tB · texte numérisé non relu

UUlUE-ECilANOB tB

eharcbe à cet égtrd. Je trouYe que nous, les défl»aawsdi Ubre^^ehaiige, les déinMiri de la liberté eonmerciale, qui tooIoos qu'on maintienne les traités et qu'on traraille» ooo pas à tagoMOler les tarift, mais à les diminuer, nous aurions mauTaise grâce à nier les pertes d'iodostriels^ viennent nous dire qu'ils sont obérés. Woo-aeileaaeDt je ne suis pas disposé à prendre oe rôle, mab Je preodk volontiers un râle tout opposé; je dis très-haut qu'il y a des pertes, que ces pertes sont considérables et qu'il est nécessaire d*y remédier.

0 ne faut pas, quelle que soit Is passion qu'on apporte dans la discussion, qu'on puisse nous reprodier fètr» Insensibles aux pertes éprootées par nos concitoyens, par des hommes placés à la tète d'industries importantes et qui rendent de grands au pays; car quiconque déreloppe une ftmcaise, rend un grand serrice à la Franee. (Ms-kisnl trèa-Uenl)

Noos soounes trop bons patriotes et trop équitÉUes pour n'être pas teoehés de tontes les senftnKes hjustement subies, floo-senlement les manufacturiers souffrent, mais nous ssfods que, f|nand un chef d'industrie soaflre, U n'est jaiuis sont, et qât denrière ces grands nooMtqni repré* nn groupe industriel, il y a me quantité

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considérable de travailleurs dont la vie et les inté* rèU nous sont profondément chers. (Très-bien! très-bien I)

Ainsi, loin de vouloir, quand môme je le pourrais, discuter contre nos adversaires, pour atténuer leurs souiïrances, s'ils n'étaient pas aussi bien armés pour les exposer au Corps législatif et à la Franee, je me mettrais plutôt à leur service et je ne voudrais pas qu'il fût dit que, quand on souffre d'une façon imméritée, on ne trouve pas ici des avocats dans tous les côtés de cette Chambre et dans tous les représentants des difTércntes doctrines politiques et économiques.

Je reconnais donc, et je reconnais loyalement toutes ces souffrances; mais je répète que la vraie question à discuter entre nous est le sens et la portée de l'expérience faite pendant les dix amiées qui s'achèvent. Puisqu'on a dit, au début, des deuxedtés du détroit, que le traité serait maintenu pendant dix ans avant toute dénonciation possible, afin que cette période décennale fût une période d'expé* rience ; la vraie questioo à décider, ce if est pas de savoir s'il y a eu des soutBranoes, mais de savoir quelle • été la cause de ces souffrances et si elles doivent être Imputées au traité de commerce ou si elles ont une origine différente. (Très-bien I très-bien I)

tM uwmhêcmMom Bibi0nlllettieurt,paiiriiioatrerqDe les Atoeet d6 ces iodusUieft peuvent venir, et viennent , ettaflèt, d'autres eatnet que du traité de oommeree, voici Tordre que Je ne propose de sdne : j'exposerai d'abord les eewes qui tiennent à la transfor matioo natureile de llndiistrie; eosuitOi eeiles qui tiennent à l'histoire de ees dernières années, et enân, celles qui ont pour caractère d'être essen tiellemeot flrtiicaiees el aodillabies par la loi fren

El, dios cette revue de nos industries, avant de perler des industries textiles et de In métallurgie, je eonneneerai par signaler quelques branches du travail national très-réellement menacées; telles que les constructeurs de navires, la marine marchande, le fer au bois.

Si je dis toute ma pensée, je ne crois pas seulement que rindu<trie des eonstructenra de navires soit en souffrance, je la erois très-aériensement me> naeée de périr. C'est une des industries qui ont été le plus directement atteintes non pas par les traités de commerce, mais par la loi de 1866, qui, en permettant l'introduetion en France des navires étrangen et la ftandsaHon è des conditions plus que douces, a eu pour résulUt que nos armateurs vont chercher leun navires en- Angleterre. Il y aurait

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sans doute une réponse, ce serait de dire que si on faisait mieux en France, les armateurs n'iraient pat renouveler leur matériel en Angleterre. Mais si nous cherchions par quels motifs les constructeurs det navires anglais remportent sur les constructevn des navires français, cela nous obligerait de diseuter tous les détails de la loi de 1866. Je veux prendre seulement le résultat. Notez bien que je n'éoirie pas la difGculté en disant : c'est la loi de 1866, ce n'est pas le traité de commerce. Non 1 Je ne trouverais pas cela juste, je ne le trouverais pas loyal ; car la loi de 1866, surtout en ce qui coo* cerne la construction des navires, est une application du principe qui a dicté le traité de con* merce. Le traité de commerce a été fait dans l'intention de supprimer la prohibition, de diminuer les tarifs, de s'approcher du libre-échange, et la loi de 1866 se rapproche encore bien plus du hbreéchange que le traité de commerce.

M. TuiERs. C'est le système" !

M. Jules SuioN. Oui, c'est lesyslèmel Je dis eiaoteinent comme vous le dites vous-même, qu'il M serait pas juste, que ce qe serait pas une diseussloo honorable que de rejeter la détresse des leurs de navires sur la loi de 1866 pour eo

ror le traité de conmeiee, parée que le traité de eewBeree eet reepemaMe de la loi de 1866.

Ceet notre traité, notre doctrine; c'est bien plus BM doctrine, à moi, qne la doctrine do traité» pimiine je ne sois pas aettenent pour le maintien profiaeire dn trailé» mais que je suis librelana tonte retendue du terme. Je le done tf èa eiplicitement, il y a là nne industrie qui souffre beaucoup et qui souffre par lea conaéqnanees de noire doctrine.

Il y en a une autre à côté qui m'occupe encore plos que rindustrie des constructeurs de navires : c'éM la marine marchande.

La marine marchande est, à mes yeux, une des tndoilriea qui ont le plus de droits à l'intérêt dea légiaiateurs du pays. Noos avons absolument besoin de notre

peor dea éfeotoalltés qui deviendront de

en moins probables, et qu'il n'est pourtant paa

peraria à on patriote d'oublier et de négliger.

Elle m'inléreaae ataai» j'oae le dire, d'une façon partieolière, parce qu'elle inléreaae ooacoioniea, et qoa ai notre iMrine marchande disparaU, al s'il n'y a pload'aolra mof» do transporter nos boaunes et nos denréea dana nos coloniea, ou de transporter

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les denrées de nos colonies en France, que de prendre les Anglais et les llambourgeois pour convoyeurs, il en résultera une humiliation et une dislocation de la patrie française, qui est tout aussi bien dans nos lies, seul reste de notre magniflque héritage, que dans le sol de la mère patrie. (Trèsbien 1]

Il y a là un intérêt do premier ordre, et avec la même loyauté qui me faisait déclarer que je ne pouvais pas séparer la loi de 4866 des traités de commerce, je dirai qu'elle a été plus dure pour la marine marchande que les traités ne l'ont été poar toutes les autres industries, car elle a supprimé les surtaxes de pavillons immédiatement et les surtaxes d'entrepôt à bref délai. Et, tandis que le traité de 1860 était un acheminement vers le Libre- Échange parla modération des tarifs, la loi de i866 a été, à beaucoup d'égards, la suppression 'complète de protection pour la marine marchande.

M. Thiers. C'est vrai t

M. Jules Simon, $$ tournant vert la gauekê. Je désire ardemment montrer la plus grande modération dans ma discussion , el je yoos assure que quand je me trouve en désaccord atee des hommes dont j'estime autant le talent et les cbn'>

victiout • Je ie rc^reiio proCoodémeut ; c'est ce i|iii explique le total que Je meU à éviter tous les msleoteodiiSt ei à reoemaltre la légitimité des motifs de plainte qui me peraisMOt josliflés.

M. TuicM. Je vous disais que vous étiez dans le vrai.

M* Jules 801011. PaKaitemeot, et je vous explique que je tiens à y être.

Eb bien! nous aurioDS à regarder de près, pour la narioe marchande, s'il n'y a pas un certain nombve de lemèdes à apporter à sa situation, autres qoe le retour à un système de protection qui ne peut plus être rétabli.

Je me permettrai de dire à la Chambre qu'il est possible à la rigueur, même pour des partisans de la liberté eommerdale, de persévérer dsns une protection qui existe ; mais quand on a aboli une protection, y revenir, c'est aussi impossible que d'abandonner on principe auquel on est dévoué. Peol-étre a4-on été vite; je ne veux en ce moment ui le nier, ni l'examiner; mais qu'on ait été vite ou non» à présent qoe la chose est fiûte, il n'est au powoir d'aooon partisan de la liberté eommerciale de revenir sur ses pas; ce serait abandonner le principe, et cela est aussi impossible pour des es-

igO l.h I.IJUCK-J.» liAM.K

prils convaincus, que de désobéir à la loi morale.

Mais y a-t-il des remèdes? y a-t-il des moyens de venir au secours de notre marine marchande réellement et sérieusement menaeée? On en désgne un grand nombre, on parle par exemple d'une question bien controversée, de Tinscriplion maritime. Beaucoup de personnes croient que l'état d'asservissement dans lequel sont maintenus nos marins, est, pour la marine marchande, une condition d'infériorité. C'est un point très-discuté parmi les armateurs. (Interruptions diverses.)

Je puis vous afQrmer que c'est un point très-discuté parmi les armateurs, et mon motif pour Tat* tester est aussi simple que possible : c'est que j'en connais personnellement qui déclarent qu'en supprimant l'inscription maritime on faciliterait les opérations de la marine marchande, et d'autres qui déclarent le contraire.

Il n'est donc pas possible de venir me dire qneoela n'est pas contesté. Je le sais, je l'affirme. Pour moi, je suis radicalement opposé au maintien de l'inscription maritime. Ce n'est pas au point de vue de l'intérêt de la marine marchande ; c'est à un point de vue à mes yeux supérieur à tous les intérêts : au point de vue de l'égalité des citoyens Arançais.

Je ne veux pas ad^neltre que, entre l'homme qui

ut

«MVi ima Ibis dans la vto k ebaoce de payar «a malhaamix impôl do aaog» q/â mm parait si lourd, alealui qui jusqtt'àdiiqiiaiila ans, eslaiposé chaque Joor à la réqoWlkMi, U y ail égalité. Nod» je ne ladaMia paa* et je dteqoa e'aat un resta de nos législatkNis ancieonaa paasaot par^lessos le grand mouveoMOt réfoiitioDoaire • et subsistant encore i rbave eè Je p«le« C'aat une sorte d'attentat hiatoriqve» et je ne négligerai rien, quand la queatioo fiendra. pour expliquer, à cet égard, mon opposition la piua abaohie et la plus ardente.

Mais il y a deux dioaes : la justice, sur laquelle il eai iapdÉaibie d'héaiter et de transiger, et l'intérêt du eoasawee asaritime, qui est moins érident. Je crois que la luppieaiion de rinscription mariiime peut proûter à la marine naatchande» mais seuleà une condition : c'est que nous trouvions un de dire exécuter au dehors les contrats étahBa «I dedana aalie lea amateura et lea nateiota ; cTest qu'ai mmàmà où le natire abandonne nea rifagea» la loi ftancalaa puiase cavfrir encore de aan autorité lea confentiona anéléea entre le capitaine et son équipage; c'est que noua ayons un aoyan «auré de lea conalater ou de les foire respeelar dans lea porta étrangers de débarquement. k cette conditièn, l'émancipatien de la proiession

m LK LIBKK-eCllANOK

de matelot sera aussi utile à la marine qu'elle Juste pour les hommes.

A côté de cette question capitale, que je puis à peine effleurer, je signale aussi la masse des exigences imposées par la loi française aux armateurs de navires; la quantité d'inspections, de droits et de règlements, qui font que nos armateurs et nos capitaines sont livrés à la mer, en quelque sorte garrottés ; tandis que leurs concurrents des autres nations sont maîtres de leur outil, gouverneurs de leurs intérêts, nos capitaines de navires ne peuvent faire un pas sans obtenir une permission délivrée par le capitaine du port, une permission délivrée par le génie maritime, une permission délivrée par le service de santé, une permission délivrée par le service des inspections des machines, une permission délivrée par les consuls dans les ports étrangers. Ils ne sont pas libres de proportionner la quantité de leurs hommes d'équipage à ce qui est nécessaire pour la manœuvre; s'ils augmentent la dimension de la coque et du tonnage, il faut qu'ils augmentent leur personnel, ce qui entraîne des frais supérieurs à ceux des navires étrangers et compense la dif* rérence de gages qui pourrait être à noire pro&l et le cbillre moins élevé de différentes dépenses

ut UBIlB-tCllANaK M

11 y a sans doute un abiodon de droits à faire par le domaine de Tl^tat au profit de la liberté iodi? i« daalle ; et dans la marine marchande comme partout •Uioort, plua noua livrerons Thomme, plus noua IhrrenMia le conmerte, ploa noua Uvrerona l'argent lui-même à aa liberté et à son initiative, et plus OOM hû domMicoa de Ibrce expaosive et d'avenir. (Vhre approbation de divers côtés.)

Ce qui importe suKoul pour la marine marehnde, à mon avis, ce qui fait à l'heure qu'il est aoo grand mal, bien outremeoi que le traité de coouMrce et la loi de IM6, c'est une circonstance qui tient à la nature de nos produits, c'est l'absence do (iret de sortie, abaence qui n'est pas complète, ■Mis qui, dans beaucoup de circonstances, oblige DOS navires à partir sur lest et à embarquer des erilloux. Eh bien f il y a un remède à cela, et c'est préeiaéaaat le même remède dont je parlais tout à nMwe : ce n'eal pas de revenir à la prohibition, ce n'eal paa d'augmenter lea tarifli; non, non, c'est de faire appel à la liberté, surtout à la liberté com- (Très-bien I sur plusieurs bancs.) que noua mma trompons en philosophie iaooa que hen n'est plua fécond que la liberléT Eat-ee que noua noua trompona eo politique quand oooadiaeiia que rien ne peut fonder la

IM LE LIBRB-RCHAKOB

prospérité et l'ordre mieux que la liberté ? Est-ce que nous nous trompons en économie quand nous disons que la liberté doit avoir pour conséquence de développer toutes les ressources d'un pays? (Marques d'adhésion sur divers bancs.)

Non, Messieurs, nous ne nous trompons pas, et quand il serait vrai, — ce qui cependant est faux, — que dans la période que nous venons de traverser il y a eu déchet pour l'industrie française, je prétends que plus nous serons libres et plus l'industrie française prendra d'élan, et, pour revenir à nos na* vires de commerce, plus nous aurons de chancade leur donner des frets de sortie. Nous n'avons à présent que des marchandises légères, et très-peo de marchandises pesantes; ce qu'on appelle les articles de Paris tient une grande place dans nos exportations ; mais quand nous aurons développé nos industries métallurgiques, quand nous aurons développé nos indusVries vinicoles, nous auroos bien plus de frets d'encombrement, et par conséquent nous aurons des frets de soKie ; ce que nons (>ouvons faire de mieux pour la marine, o'esl de les lui préparer; faites ce que vous voudrai afee tos tarifs» avec vos lois, ce n'est pas avec cela que vous remplaeerei jamais les frets de sortie; ce sont des éeononies de rien du tout ; ce qu'il faut faire, e*est

deeherdier un remède diot la linniformation du treuil national. Je ne dédaigne pas un ioxie de loi quand il est bon; mais ThistiNre m'apprend que la loi ne peut rîeo eonife lea lluts et que les laits penveot lem eenUe la loi. Créons, si nous pouvons, une industrie poissante et donnons à la France on aoitrolt*de production en matière de colture; c'est là ce qui fournira dci frets de sortie ; aotrameot, voos n'en aorei jamais. (Cest cela ! — Très-bien I)

Je vais parler à présent du fer au bois. Le fer au bois est en souffrance. Eh bien, quelle est la principale eaoae de bi souffrance du fer au bois? M. Johnston fa dit l'antre jour à cette tribune ; il a été interrompu, son assertion a été contestée. Il n'est pas le seol qui l'ait dit. Dans un excellent et substantiel discours, M. Haentjens, à qui je ne reproche qu'une cbose, c'est de ne pas bien cboisir ses autorités. . .

M. HABtTim. Cesl toos que j'ai cité ; je ne poovais pas cbobir une autorité plus puissante.

M. Julea 8UI0IC. En effet,ll. Haeo^eosa prétendo qoe le véritable adversaire du fer au bois c'était l*aeiar Besseaser, al, è défont d'une autorité plus il a bien voulu*in\*oquer la mienne, est-ce que nous avons la prétention

ns LE LIBRE-ÉCHA2fOB

les uns et les autres d'être compétents personnellement dans toutes les questions apportées à la tribune? Compétents sur la question générale, il faut bien que nous le croyions, sans quoi nous n'aurions pas le courage de franchir ces marches; mais compétents sur les questions de détails, non t Nous apportons ici la compétence des témoins sérieux que nous avons consultés.

Quand on a objecté à M. Haentjens et à M. Johnston que l'acier Bessemer ne pourrait jamais être employé que pour les rails de chemins de fer, je suis convaincu qu'on s'est trompé ; je suis certain que l'acier Bessemer peut être employé à autre chose.

M. MoNY* Vous avez raison!

M. Jules Simon. Je n'ai pas entendu rinterni|h tion.

M. DE FoRCADE. M. Mouy dit que vous 6t«s dans le vrai.

M. Jules Simon. La déclaration de Hionorable M. Mony me dispenserait de citer d'autres auloriléSy car assurément il est très^ompétenl dans celle milière. Mais j'ai consulté M. Iresca» directeur du Cooienraloire des Arts el Métiers, M. Victor Bois, membre du conseil de la Société d encouragemeol.

1^ uauMlciu^Kis m

et un Irto-grand ioduslriel qui m'a demandé pour toute gràeede ne |)as dire son nom; — car, c'est le mal en France, on donne des renseignements à l'orateur, et on lui dit : je yous en prie, ne me nom- OMS pas! Je ne comprendrai jamais cela ; il me semble qu'au ooniraire on devrait dire : je vous donne ces renseignements, faites-moi la grâce de me nommer. — Tous les savants, tous les praticiens m'affirment que Tacier Bessemer est dès à présent employé à la fabrication de plusieurs pièces de machines, surtout des pièces qui ne demandent pas de aoudages. Si l'emploi de cet acier n'est pas eneore généralisé, c'est qu'on ne sait jamais, en faisant la coulée, quel sera le degré d'homogénéité de l'acier obtenu. De grandes maisons, comme la maison Petin et Gaudet, qui sont des marchands d'acier, ayant des aciers de toutes les sortes, les utilisent déjà pour des usages trèsKlivers ; et l'opinion de tout les hoomiea du métier que j'ai consultés est qm Taeier Bessemer doit nécessairement empiéter, aoD aenlement sur nos fers au bois, mais sur les fers à hi houille de première qualité.

Je me rappellerai toujours que j'ai assisté aux premières eipériences de l'acier Bessemer à Shérif et que j'ai vu là les créateurs de cette industrie Tivresae de leur triomphe, pr^ugeant pour

IM LE LIBKE-ÊCHANOB

elle l'avenir le plus glorieux, et disant : Nous allons porter Rotre acier partout. J'avoue que j'ai eu des doutes sur le développement futur de cette industrie, quand j'ai entendu les dénégations qui se sont produites. Et c'est pour cela que j'ai insisté et que j'ai fait des démarches nouvelles, et je suis arrivé à une conviction de plus en plus sérieuse ; et revenant à l'industrie du fer au bois, je dis que c'est là une de ces industries qui se transforment, parce que la science les transforme, et que la loi et les traités ne sont pour rien dans cette transformation. Je vois aux bancs des commissaires du Gouvernement M. Amé, et je me rappelle quç, dans set études sur l'administration des douanes, qu'il a publiées en (859, et qui sont un livre excellent et très-instructif pour tout le monde, il signale des usines métallurgiques situées dans les Pyrénées,^ où l'on portait le minerai et le combustible à dos de mulets. Ces usines vivaient sous le régime de la protection, de la vie factice que la protection leur faisait en dépit de la nature et du sens commun. Il y a des industries qui ont été établies dans des conditions anomales, et qu'un progrès inattendu de la science industrielle fait descendre tout à coup à la condition de ces hauts fourneaux pyrénéens. Si cette décadence coïncide avec des événements, soit

LE UlUUhÉCHANOK |f»

écoDonique», soit politiques, oo oo msnque pas de difa, eomme ici pour les feA au bois : Voilà les eonséquences du traité. Pas du tout, c'est la sdeoee qui fait uo pas eo avant; elle eo fait tous les Jours, elle eo Tait d'éfMNrmes; le monde eommertlaL le monde indusirtel se modifient ; nos lois n'y peuvent pu grand'cbose« ei moins nous introduirons nos lois dans le mouvement économique ei dans le mouvement du travail, plus l'économie polltiqoe et le travail marcheront ; nous disons trop de réglementations, nous nous mêlons trop de ces choses qui ont besoin du grand soufDe de la liberté. Ce n'est pasiciqu^il faudrait placer le gouvernement de TindustriOy c'est au Conservatoire des Arts et Métiers, c'est à la Sorbonne, c'est à l'Académie des Sciences, car c'est dans le nnonde de la science qu'on transforme l'industrie et le travail, et ce que peuvent faire de mieux les législateurs, c'est de confier l'industrie à l'industrie et l'homme à l'homme. (Vives marques d'adhésion et d'approbation.)

De diten cété$. C'est vrai! c'est vrai I

M. JulesSaiON. Quant à l'industrie de la soie...

Plusieun memhm, Reposei-vous.

tOO LB LIBRE-ÊCRANOB

M. Jules Simon. Je remercie les membres de la Chambre qui me proposent de me reposer, mais si j'osais leur faire une demande, ce serait de m'écoûter en silence; quoique j'aie à remercier la Chambre de son attention, j'éprouve quelque difficulté à me faire entendre. Je suis obligé d'avouer à la Chambre que j'ai ce matin travaillé pendant quatre heures dans une commission et que j'y ai parlé trcs-longuemenl.

Je reprends. Quant à la soie, elle a souffert ; mais, Messieurs, il faut bien tenir compte d'une chose, c'est qu'il y a eu là quelque chose de trèftdifférent de l'acier Bessemer et d'aussi redoutable : il y a eu la maladie des vers à soie. La production de la soie indigène en 1860 était de 8 millions de kilogrammes et elle e^t tombée à 4 millions eo 1865. Lorsque l'élément de la production a diminué dans une proportion aussi considérable, on ne saurait s'étonner de la décadence momentanée et accidentelle de la fabrication.

Une autre industrie est en souffrance : c'est la laine, qui souffre par suite des arrivages de l'Australie et de La Plata ; le traité de 4860 est très-innocent de ses embarras. J'iyoute que c'est surtout la laine fine qui a souffert* et elle n'intéresse qu'une petite partie de nos départements.

LE UBR»ÉCRA]C«I W

Le coton, sous toutes ses (bmies, a supporté des pertes importeoles.

Pour cette industrie, îodépeodammeiil de tous les évéoemeotsgéoéraui dont Je perlerai tout à Tlieure, je crois qu'elle a contribué elle-même à produire la crise dont elle se plaint» par une erreur imputable aux fabricants. Je m'explique.

A la suite du traité de commerce, il s'est produit une surexcitation d'espérances dans les ateliers. J'en fus fort surpris à cette époque, et voici pourquoi.

Au moment de la publication du traité de commerce, je me trouvais à Lille. Je vis là un grand nombre d'industriels et des personnes appartenant, à des titres divers, à l'industrie, et je dois dire, en présence d'un des auteurs du traité de commerce, qu'on n'avait pas assez d'imprécations contre le traité et qu'on déclarait que c'était la ruine même du pays. On en parlait avec autant de véhémence qu'en mettent aujourd'hui plusieurs de nos honorables collègues, au bout de dix années écoulées, à montrer que l'industrie française est perdue, et que c'est le gouvernement de leurs amis qui en est

J'ai été témoin de cela, je l'ai entendu de oreilles, je l'ai lu dans une foule de lettres qu'on m'écrivait à cette époque.

Sût • LB UBRB-àCRANOK

l'ai donc été irto^tonné de lire deroièremeot. dans une adresse remise, si je ne me trompe, par des fabricants de Lille, à M. Ozenne, iors de son passage dans le Nord, une déclaratioo telle que celle^i :

« On nous ovait dit que, après le traité, nous allions fabriquer plusqu'auparavant, el nous TavioDs cru. »

Ils Tonl cru ! Au moment ou ils se plaignaient avec une si grande énergie, ils lisaient les déclarations contenues dans le préambule du décret et dans les circulaires qui raccompagnaient ; malgré leur indignation, ils y croyaient, et non pas seolenieiit dune façon platonique, car ils raconleotà M. Oienne que, dans les anciens établissements de Lille, on a njouté 20,000 broches et qu'on a créé d'autres établissements contenant ensemble 90,000 broches, soit 410,000 broches nouvelles dans un centre industriel qui n'en contenait pas auparavant plus de 500.000.

Ce n'est pas là seulement qu'en dépii des colères et des récriminations ardentes on n cru à un surcroît d'écoulement pour les marchandises : la fabrication a augmenté partooi, et partout, j'en ai la ferme conviction, on s'en serait bien trouvé si les événements politiques n'étaient venus à la traverse.

Ge n'est pu par reflet du traité que tant d'eapéraocea ont été déçiiaa : c*eat par dea évéoeaaeQta dont peraonne n'eat reaponanble ;— pardon; je veux dire, dont le IraUé n'eal paa reaponsable, ce qui est vrai, et ee qoi eat trèa^liflérent. — Il est résulté de cea évéoenaents que la production augmentait, tandis que la vente diminuait, et que le surcroît de lUmcation, ne trouvant pas d'issue, a étéunectnae de ruine au lieu d'être une cause de gain.

U y a dans ce Tait une part considérable de la dépréciation des fabriques de coton.

U y en a une autre dans la prépondérance croisaaote dea grands établiaaeiiients, et je me trouve encore ici obligé de tliscuter une assertion de rhoDorable M. Ttiiers.

Je lui en demande pardon, ce n'est pas une assertion portée à In tribune. Hier, un de nos collègues soutenant fci la même thèse que moi, disait que c'étaient suKout les petites fabriques qui avaient souffert, et M. Thiers disait, de sa place : « Non, ce sont surtout les grands établissements. »

Eh bien f pour moi, je suis si loin de penser que les grands établissements sont plus menacés que lea petits, que mon opinion est, au contraire, que les petits étabHaaements, dans tona lea genres, sont I, qu'eux seuls sont menacés, et qu'ils ne

toi LR UBRE-ÉCHANOB

sont, en aucune façon, menacés par le traité de commerce. Ces petits établissements dont les souffrances sont très-réelles, et qui, n*ayant que des ressources restreintes, voient très-rapidement la ruine à côté d'eux, poussent des plaintes vraimeot douloureuses. Je suis certain que, dans l'enquête sommaire qu'il a faite, M. Ozenne a dû entendre de ce côté les lamentations les plus déchirantes. Que pouvait-il répondre ? La ruine est prochaine sinon consommée. 11 a trop d'expérience cl de portée pour ne point le voir. Il se fait dans la vente au détail, le commerce en gnis et Tindustrie, une véritable révolution, qui marche à pas de géant, que les lois a'ont point faite et qu'elles ne pourraient empèclier : c'est l'absorption des petits établissements, par les grands.

Nous le voyons à Paris ; nous voyons à Paris de grands bazars de vente s'établir et supprimer en quelque sorte le petit commerce. Je ne dis pas que cela soit heureux ; je dis, ce qui est bien diiïérent, que cela est. J'aimais, pour ma part, le petit commerce; c'était l'avenir des bons employés ei des ouvriers laborieux. 11 était plus près du leur ; il lui faisait crédit, en ami plutôt qu'en dant; il s'approvisionnait suivant les baaoloa de aa clientèle, dont il se faisait parfois le conseiller. Plus

ut UBIUhÈCUAXOB t»

d'un, parmi cet péliu mareluiiids, ivait un atelier à côté de sa boutique, e( y travaillait avec set ouvriers, tout en se tenant prêt à servir les clialaods. Tout cela est bien ohangé. Dans nos places, sur nos boulevards, se soccèdeoi des palais magninquet où il y a 800, 1,000, l.iOO commis, qui vendeot des objets de toute nature, où l'on ocliète en gros, où l'on a un moyen do forcer la vente par l'annonce, où Ton fait des sacrilkes volontaires, des ventes à perte, dans l'espoir, souvent justiflé, qu'on arrivera à attirer vers d'autres rayons des chalands qui apportent des bénéfices cfrcctifs.

Nous voyons cela ici, sous nos yeux, dans le eonunerce de la vente au détail.

Il en est de même pour les établissements industriels, et notamment pour les établissements métallur^ues. Si je pouvais ine permettre de citer, jlndiqoerais en France de grands établissements métallurgiques qui sont dans un état de prospérité admirable et qui doivent cela à la poaaeation de trèsgrands capitaux, par le moyen desquels ils peuvent se procurer tous les éléments de la prospérité industrielle.

Le cbef d'un de ces établissements me disait l'autre jour un mot qui m*a frappé : < Non-seulement, me disait-il, avec nos capitaux nous |)ouvQOt

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avoir un grand outillage, mais nous pouvons accumuler une plus grande somme de pensée, en employant au service de noire industrie, en y attirant par de gros traitements une plus grande quantité d'esprits capables. »

Gela m*a frappé, cela m'a touché. J'étais bien aise d'entendre un homme qui passe sa vie au milieu des forges et des marteaux me dire qu'il tenait compte enfin du premier de tous les outils ; qu'il comprenait que mettre à son service plus de pensée, c'était mettre à son service plus de chances d'avenir. (Très bien ! très bien !] C'est une puissance qu'on commence enAn à comprendre; le jour où on se décidera à compter l'homme pour une des causes productrices de la puissance et de la richesse de l'homme, je crois que le monde aura marché et que la civilisation aura fait un progrès décisif. (Trèsbien ! très-bien f)

Cette révolution de la vente en grand et de la production par masses se rencontre dans toutes les industries, et par conséquent dans les grandes usines de filature et de tissage comme dans les usines métallurgiques. Et s'il est arrivé» ce qui est poteible, que dans ces dix dernières années il y ait eu des désastres dans des établissements importants, cela tient à ce que les opérations y étant faites en

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