‹ Le libre-échangeChapitre 13 sur 20 · I.K UMIS-ÉCRANOK · texte numérisé non relu

I.K UMIS-ÉCRANOK

006 loi, que je oourait dot yeux, sur le travail doo ooltoU daoi lot oiiooflMtores, et que j attends ooeore ; jesouhailo potiionnément qu'on nous l'apporte, et je 00 oonpreodi pos qu'on laisse si longtemps de cdté l'ooeasioQ de rendre un tel senrieo à son pays.

Je sais bien qu'en limitant à nos doflil-jouroéo le travail des enrants, on imposera au fabricant quelque sacrifice ; il paiera l'enfant un peu plus cher ; la santé publique, l'avenir de la race rrançaise Mon cela, et j'afDrme qu'en définitive el toot eomplé, le llibrieant trouvera une com|>ensatioo dans la plus-value du travail.

Qui gagnera à cette réforme? C'est la force nationale; si vous méoagei l'enfant* vous fortifiez l'bomme pour l'avenir ; vous n'aurez pas réduit nos malheureux enfants à dépérir pendant huit è dix heures par jour dans l'atmosphère des ateliers ; vous n'auiei plus, à l'époque du tirage, à déplorer la préaoooe de tant d'infirmes» de tant d'incapables, et vous ne verrez plus dans les ateliers tant d'hom- OMsa obligés de suppléer |>ar une volonté énergique è la défaillance de la force physique. (Très-bien t)

Non-seulement vous préparerez ainsi des générations plus puissantes et plus résbtantes, mais, eomoie oo oie le disait en Angleterre, comme me le

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répétait mon ami, M. Jean Dollfus, de Mulhouse, d^ puis qu'on diminue les heures de présence pour Jet enfants, ils donnent une somme de travail au moins égale à celle qu'ils donnaient auparavant, parce que rhomme n'a pas une mesure inépuisable de forces à tirer de lui-même, et qu'il y a une limite au delà de laquelle il ne peut aller.

M. Haentjens. Ce raisonnement pourrait s'appli(|uer à nos lycées.

M. Jules SuiON. Oh I parfaitement ; vous avez mille fois raison, et vous avez fait à ce sujet une proposition excellente, dont je suis loin d'avoir perdu le souvenir ; quand vous voudrez la reprendre, si vous avez besoin d'un auxiliaire, je suis à votre service. (Très-bien I)

Je reviens à mon raisonnement, et je soutiens, par les motifs que je viens d'indiquer et non de développer, que nous sommes en état de lutter contre n'importe quel pays du monde ; que les frais d'étt* blissement ne sont pas supérieurs ; que les frais de direction sont inférieurs ; que les frais de main* d'œuvre sont inférieurs ; que la qualité des directeurs et des ouvriers est supérieure ; que nous n'avons d'infériorité que pour le coût de la liouilla, et, dans certains cas» pour le côut des malières

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pramièret. Cette situaUoQ, Meeiieort, regardée de près, vont tamble-i-elie déteepéraiile T Vouisemble-t-elle inquiétante ? Cette infériorité pour le prix de la IxNiille, qui est notre seule iorériorité réelle, nous pournoosla diminuer. Pourquoi, à la difficuJté naturelle, i^footoos-oous une difficulté légale par le chiffre dont nous frappons l'introduction des bouilles? Pour nioi, je trouve que c'est une Taute eootre le travail, el presque, si j*osais le dire, une Riote contre le boD sens que de charger la houille d'un tarif.

< Je dis que nous avons en France un certain nombre de machines productrices de travail et de force, al que ees machines sont comme l'homme qui donne d'autant plus de puissance qu'on Ta mieux nourri. Nous devons réclamer de la houille pour nos machines, comme nous réclamons du pain et de la viande pour nos ealoOMes. Quand TËtat renoncera à ces singuliers tarifs, et quand il nous donnera la iMNiille au meilleur marcM où nous puissions l'aimr, nom aeolement nous aérons alimentés pour nos roadiines, mais nos machines, produisant mieux dans de meilleures conditions, produiront davantage; elles fourniront à toutes les industries un défnloppement supérieur, el notamment elles donneront du fret à notre marine marchande. (Très-bien!)

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rétablis donc que nous sommes, à tous les pomts de vue, en état de lutter contre lea industries étrangères.

11 reste ce que j'appelle l'outillage national, la batellerie, les messageries. Il n'est pas possible que je n'en dise pas un mot; mais je n'en dirai qu'un mot.

Tout le monde sait que des plaintes s'élèvent de tous les côtés, à propos de l'industrie de la batellerie, sur la manière dont elle est organisée, sur son accroissement.

On nous dit, et on l'a dit à cette tribune, qu'on a fait un progrès énorme, qu'on a fait des cfTorts considérables pour améliorer la batellerie. Je veux bien qu'on l'ait améliorée ; mais elle n'en est pas moins dans un état déplorable pour un pays comme la France.

Nous avons tant de richesses, tant d'argent, un si énorme budget, que nous devrions bien donner quelque chose à nos rivières et à nos fleuves.

Non-seulement nous ne créons pas ou nous créons peu, mais nous laissons, en quelque sorte, périr des éléments de viabilité magnifiques, et nous •ommes cependant en plein xix* siècle! 11 y a bien longtemps que le canal du Midi est fait, qu'il 6Sl regardé comme une des plus grandes gloires de

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la France, ei e'e$t avee raison ; eli bien ! nous en aoau^et rédoits è nous trouver en faee d'une compagnie française qui vient de se constituer pour traiter le midi de la Fraoee oomine l'isthme de Soei» et pour établir un paseage qui conduirait de rOeéan à la Méditerranée, là où nous avions une voie toute faite qui, non-seulement ne transporte pas eea grands convois dont nous aurions besoin aujourd'hui, mais qui est déserte.

Noua avons a«r ce point beaueoup à nous reproeber el beaoeoup è faire, et c'est là que nos fabrieanla peuvent nous dire : nous ne sommes pas protégés, comme nous devrions l'être, par la sollicitude du pays. (Cest vrai !)

Ileasieurs, il y a aussi la messagerie par les chemins de fer. le sois très-éloigné d'introduire une question dans une autre, de discuter la situatkm des compagnies de chemins de fer, et de me demander pourquoi on a accumulé des réseaux si considérablea dans un si petit nombre de mains. On a créé des institutions financières qui sont de véritables gouvernements, des États au milieu de notre État, par te moooiMle dea chemins de Ibr. Mais je prends sanlaaart le dMé de la ie, et, pour ne pas vq«s fatiguer sur une Ahm que tout le monde connaît, je vais vous

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présenter quelques cliiffres, qui ne seront pas, ceux-là, une comédie, car je les ai relevés tous sur les tarifs des chemins de fer.

En voici deux qui serviront de confirmation u ce que tout le monde à peu près pense sur la question. Vous savez tous, tout le monde sait la différence qu'il y a entre les tarifs de transit et les tarifs d'intérieur ; vous savez les raisons qu'on donne départ et d'autre. Vous avez entendu ici une discussion admirable, scintillante d'esprit et animée de toutes les ressources de l'art oratoire, faite par M. Pouyer- Quartier, dont le nom est nécessairement présent à la pensée de tous ceux qui, dans cette enceinte, s'occupent des traités de commerce. (Très-bien.)

Un membre. C'est dommage qu'il ne soit pas aujourd'hui sur ces bancs 1

Un autre membre. On devrait lui accorder une admission temporaire t (Rires t)

M. Jules SmoN. Je ne veux indiquer que deux chiffres, mais ils sont frappants.

1,000 kilugrammesde coton brut en balles transportés du- Havre à B&le, c'est-à-dire faisant le transit, donnent lieu à la perceptiou» au proQt de la

ij{ ubrspécha.hoic tm

de rOuesi et de la compagnie de l'Est» d'une somme de 64 friDOt 80 eeotiiiies. Si oee belles, au lieu d'aller jusqu'à la frootîère suisse et de la traverser, s'arrèleot eo deçà, i la gare de Saint-Louis, mettons à la gare de Mulhouse» alors, au lieu de [Myer 64 fr. 50, elles paient 68 fr. 35, e'est-è-dire 3 fr. 15 cent, de plus pour moins de chemin.

Mon objection ne ooosiste pas à dire : il faut supprimer le transit et imposer une perle à notre eommeree général; elle eonsiste à dire que la compagnie qui fait le transit trouvant un bénéfice dans les conditions où elle le fait, pourrait, sans se meUra en perte, abaisser ses tarifs pour la circulation à l'intérieur.

Mon autre exemple est eneore plus frappant, il m'est fourni parles tarifs du chemin du .Vlidi.

1,000 kilogrammes de toiles anglaises sont tranapoftésde Bordeaux à GeOe, de navire a navire, e'esl-à-dire sans être consommés en Ffnnee« dans m espace de 476 kilomètres, pour la aoaame de 16 ftnncs; pour ce même prix de 15 ùnnes» sur le ■âme chemin et partant du même point, c'est-àdire de Bordeaux, ces marchandises n'arriveraient qu'à Tonneins et ne feraient que 96 kilomèlrea au lieu de 476.

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Et si, faisant les 476 kilomètres, elles s'arrèteot avant le 470*, à la gare de Celte, alors au lieu de payer les i5 francs, elles paient, d'après les torifs, 68 fr. 05.

Ces chiiïres démontrent que nous avons, quant au transport de nos marchandises, une infériorité qui ne tient pas précisément au traité de commerce ; elle tient à d'autres traités, et, en ce qui concerne ceux-là, nous n'avons pas besoin de négocier avec l'Angleterre pour les modifier.

Je suis persuadé. Messieurs, qu'une des plus grandes améliorations qu'on puisse faire dans l'intérêt du commerce, c'est de diminuer la distance, et la manière d'y parvenir, c'est de diminuer les prit des tarifs des chemins de fer, et de faire des voies de transport par la batellerie. (Marques nombreuses d'assentiment.)

C'est là la seconde démonstration que je voulais faire. Je crois avoir établi, dans la première partie de mon discours, que les pertes de certaines iodoitries, pertes qui sont réelles, doivent être impotéet à des causes qui ne proviennent pas du traité de commerce; et dans la seconde partie, je crois que, n'examinant plus le passé de ces dix deniièree anoées, mais tenant compte de la puissance et des ressources de la France, et, la comparant avec les

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iotret peuples, j*ai dénonlré que nous étions en situation de lutter atec n'importe lequel d'entre

le ne peux pas m'eaupècber ici de tous dire qu'il y a Tingt ans, oa a commencé à remplacer les EiposiUoos Mlkmalea par des Expositions univer* aellea. Les Expositions universelles qui ont eu lieu, eeHea surtout de Paris et de Londres, ont eu une importance considérable.

En 1867, nous avons eu ici, à Paris, tout ce qu'il y â de grand et d'important dans le commerce du U el cette Exposition n'était pas seulement un il ne s'agissait pas d'aller de vitrine en vitrine, d'emplacement en emplacement, pour se donner le merveilleux spectacle des ciïorts du gfoie humain au xix* siècle.

Non, on avait placé, à cAtéde l'Exposition internalîooale, un jur)- international composé des savants, dea eoaiiiiercants de tous les pays; et, non-seulement les exposants étaient là, ardents, se demandant si leurs produits seraient primés, s'ils oMiendraient dea médaillée; mais en même temps ^'oQ désirait ces dtsttnelioiia pour aoo. coauiieree« pour sa maison, on les désirait «mai pour aon pays, car il y a dans le commerce et l'indusUie une source

fficonde de patriotisoM. fMs-bien!)

is

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Et VOUS VOUS rappelez ce qui s'est passé ensuite, lors de la distribution des récompenses; vous vous rappelez comment tout le monde était attentif à dire : la France a la médaille dans tel genre de fabrication; dans tel genre de fabrication, les Anglais ; les Allemands ne peuvent pas lutter avec tel produit de la fabrique française. C'était une espèce de chauvinisme nouveau qui naissait alors, et qui doit se développer dans nos mœurs à la place de l'autre chauvinisme, qui a fait son temps. A Tarmée qui ne fait que gagner des batailles sanglantes, il s'agit de substituer l'armée qui gagne ces batailles véritablement héroïques, dont toute la conséquence est d'augmenter la somme de bienêtre dont nous jouissons, et qui ne coûtent de larmes à personne. (Assentiment sur plusieurs bancs.)

Nous avions ce patriotisme pendant l'Exposition; nous nous vantions avec enthousiasme d'être au premier rang pour un grand nombre d'indoslries. Et aujourd'hui, quand les vainqueurs ont reçu leur couronne et emporté leur médaille, quand l'Exposition est fermée et n'est plus que le temple vide dans lequel il n'y a plus do Dieu, tout change. Ceux qui, la veille, parlaient de la grandeur de rindoslrie llrancaise, do la puissance do travail Qraoçiis, des

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•diiiirablesouvnertqiiaiioiii|KMiédoos,d6thoiiiiiiet de génie qui les dirigeai, lee voilà qui comnienceni une chanson bien difléreoie. Us viennent dire avec humilité que tous les peuples sont capables de oous battre, qu'il nous est impossible de lutter avec nos vaincus d'hier, que nous n'avons ni autant d'imagination» niaulant de muscles; nous devenons humbles jusqu'à rhumiUatiofi.

Eh bieni ces expositions universelles seront une eemédie si elles ne nous apprennent pas à compter sur nous^aétnes ; si, en nous voyant admirés par nos rivaux, nous n'apprenons pas eniin que nous avons de la force, et si. après avoir montré tant de puissance, nous demandons à être protégés comme des enfants qui ne peuvent pas lutter contre les hommes, à moins que les hommes ne se laissent garrotter. (Eires d'approbation.) 1^ ! non I ne don* noM pas ce spectacle; ne changeons pas si vite, ne ehaDgeoQspas tant. Ne courbons pas la tète si bas, quand nous avons le droit et le devoir de la porter haute. (Très -bien! très- bien I sur plusieurs bancs.)

J'aborde ici un troisième point de vue dehiques* tion.

Jusqu'à présent, j'ai parlé de notre industrie. Je vais démontrer ce que c'est, dans la maâse de la

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population française, que l'industrie, et ce qu'elle représente.

Je Tavoue, c'est le côté délicat de mon sujet; mais s'il n'est pas indiqué, la discussion ne sera pas complète.

Nous sommes, à un certain degré, un peuple industriel ; sans doute ; je n'admettrais pas qu'on vint nousdire de renoncer à être industriels. Assurément non. Non-seulement il est bon qu'un peuple soit industriel, non-seulement cela est bon pour l'agriculture, mais je tiens que, partoutoù le travail existe, à moins qu'il ne soit contre nature, il faut le laisser subsister.

Mais enfin sommes-nous principalement un peuple industriel, ou sommes-nous principalement un peuple agricole ?

Voix diverses. C'est cela ! — Voilà la question I

M. Jules Simon. Moi, je crois que nous sommes principalement un peuple agricole (C'est vrai ! trèsbien t), et il y a deux moyens de le démontrer :

D'abord en décomposant la population ; et ensuite, en examinant la structure et la cooAguratioD de la France.

La France est faite gfographiquement et physiquement pour être un peuple agricole; Uesl impos-

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•ibio de ne pas le reconotllre, rien qu'en jetant les yeux sur une carie» eo eiaminant les deux mers auxquelles nous touchons, nos fleuves, nos divers baatiiis; eo oomptani nos produits, en voyant que oooa avons en abondance tout ce qui Tait la fortune de ragricttiture, et que le sol est propre à donner ses Iréiorsavec plus d'abondance encore, si seulement nous Mvioos en tirer tout le parti néeeesaira. Meaaieurs, que ceux qui connaissent l'état actuel de l'agriculture en France prenoeot la peine de lire la voyage d'Aribur Young à travers les province^ fraocaiaes, au moment où la révolution allait éclater; il ne voyait partout que détresse, que campagnes arides et sans culture, et cela provenait de Tabsence de notions agronomiques, de ce que l'agriculture n'était pas mise à sa place, de ce qu'on ne comprenait paa 06 qa*il y a de grand, de puissant, de patriotique dans la eondiUoo d'agriculteur; au contraire, aujourd'hui nous voyons que noscampagoea se eoimeot de aMiaaona, que la stérilité disparaît, que de tous côtés on travaille à l'acclimatation des pimtea et des animaux; en un mot, l'agriculture eal devenue ooe science qui, il est vrai, n'est qu'à moitié ebemio, mais qui peut grandir, et qui grandira, car c'est l'avenir et la force de notre pays. Très-bien 1 très-bien 1) On nous battra sur l'indus

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trie du coton et sur d'autres industries, c'est pos* sible; mais sur la production des céréales, on aura grand'peine à nous suivre, et jamais on n'arrivera à nous concurrencer pour la production du vin.

Nous avons, en France, 79 départements qui s'occupent de la production du vin; et ces 79 départements possèdent dans leurs vignes la plus féconde source de richesses qu'un peuple puisse envier à un autre peuple.

Quand on est dans cette situation, on est pardessus tout un peuple agricole ; je veux bien qu'on soit en même temps industriel et agricole, mais agricole d'abord et industriel ensuite. (Nouvelle approbation.)

Maintenant, si je décompose la population, je vais encore donner des chiffres, je demande grftce pour eux; comme tous les chiffres ils sont contestables. Je ne m'exagère jamais la valeur des chiffres, ni de ceux que j'apporte, ni de ceux qu'on m'oppose. J'aime mieux raisonner que chiffrer en matière de discussion. Mais enfln voici quelques chiffres qui peuvent au moins être regardés comme un éléneni de conviction.

C'est une statistique qui a été dressée par un de mes confrères à l'Institut et à la société d'économie politique, M. Wolowski. D'après les reeherckes

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((u'il a faites avec beoiiooiipde soin et d'habileté, le Dombre de persoooes qui YÎveot directement ou in^ directement de l'industrie en France est de 10,059,091. Sur ce chiffre, l'industrie du vôtcmcnt prend i,IO8,O0O; c'est une Industrie éminemment fhnoiise qui n'est pas comprise dans la liste des industries rocnaoées; car pourcelle-lè, du moins, surtout quand nous y joignons les différents travaux de la patOt el les articles dits de Pahs« nous avons une eopériorité énorase.

U resta dooe 8,852,000 personnes.

NoCei bieo qu'il ne s'agit pas seulement d'ouvriers; il s'agit de patrons, de conducteurs de travaux de leurs femmes et de leurs enfants.

J'ai lait un calcul à part des personnes qui sont anpioyées dans les industries particulièrement en eanse : l'industrie textile, l'industrie extractive et rindiiatrieiiiélaUiirgique. L'industrie textile emploie 3 millions de personnes, et encore, il serait juste d'en déduire les peraooMS qui appartiennent à Tin* dostrie de la soie, parce que, maigfé aea oialhaiiffs réeents, l'industrie de la soie prograaaa dans notre pap; mais je ne veux pas compliquer la ealcul. Je dis donc:

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Pour l'industrie textile (2,000,000

Poar l'indastric extractivc. . . . 429,000 Pour l'iodastrie do fer 151,000

Total. . 2,580.000

Maintenant, voici le chiiïre des personnes qui, directement ou indirectement, vivent de l'agriculture : il y en a 49,599,1 13. En comparant ce chiffre à celui de 2,580,000^ qui représente les trois industries en cause, on trouve une différence de 17,OI9.i!31

Ce ne sont que des chiffres, je l'avoue ; cependant, des chiffres si gros ne sont pas absolument à dédaigner. (Très-bien ! très-bien !) Et j'ajoute que ceux qui vivent de Tagriculture en France en vivent tous ; nos champs sont cultivés par des ouvriers à la journée et par des fermiers; on prend des ouvrières pour la vendange ; on prend des servantes dans les fermes. La maîtresse elle-môme emploie son temps et ses forces comme tout le monde ; le mari est travailleur, la femme l'est aussi, elle l'est tout à fait, elle est ouvrière, dans la bonne aecep* lion du mot.

Les propriétaires môme, beaucoup de propriétaires, travaillent sur leurs terres; ils sont de véritables ouvriers, et ils ont droit à ce noble titre, ils Ira*

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nilleot comme ceux qu'ils emploient et qu'ils stltrienl.

Il en est tout autrement dans I industrie.

S je parlais des CMomes, je dirais qu'il n'y en a pas dans l'indoslria attractive ; dans la métallurgie» pas davantage. J'étais l'autre jour à Aubin, avec mon ami M. Ferry, pour étudier sur les lieux las détails de la catastrophe ; il n'y a de ni dans les bdûms ni dans |a forge ; celles i|iii ooi été tuées venaient là pour empêcher leurs de se battre, pour emmener et sauver leurs \. Hélas I on a trouvé le corps d'un enfant de neuf ans parmi les victimes.

Les industries textiles sont celles qui emploient le plus de fiunmes. Elles sont en majorité dans les ataliera de filature et de tissage.

Mais dans toutes les industries, les femmes des patrons, des conducteurs de travaux, appartiennent i la claase aiaée de la société, et on ne peut pas les considérer comme des ouvrières vivant de leur travail.

Il y a, dans tous les caa, une masse énorme de population ouvrière dans l'agriculture, et il y en a beaucoup moins dans l'industrie.

Est-ce une raison pour sacriûer l'industrie ? Non : il n'y a pas de raison pour sacrifier l'indus-

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trie, personne ne le demande; on ne demands qu'une chose, c'est de ne pas sacrifier l'agriculture à l'industrie. (Très-bien ! — C'est cela !)

Et remarquez-le bien, Messieurs, il s'agit de choisir, car la France est industrielle et agricole. Nous produisons, c'est pour vendre ; ce n'est pas seulement pour vendre à Tintérieur, c'est pour vendre aussi à l'étranger. Nous avons besoin du marché étranger pour nos vins, comme vous en avez beeoih pour vos filés et vos tissus. Or, si vous venez demander une protection pour les tissus, savez-vous ce que fera l'étranger? Il nous frappera sur notre principale industrie, c'est-à-dire sur nos vins. Chaque fois que vous augmenterez vos tarifs sur les produits manufacturés, il augmentera aussi les siens sur nos produits manufacturés, et surtout sur les produits du sol.

Car le vin, c'est en même temps un produit naturel et un produit manufacturé. Il faut être savant, il faut être intelligent pour faire de bon vin, et la preuve, c'est que si les viticulteurs de l'Espagne et de l'Italie valaient les nôtres, leurs vint pourraient soutenir la concurrence avec la vigne fVançaîse. Ce n'est pas seulement la vigne, c'est l'homme qui, chez nous, est supérieur. Nous avons là noire grand produit , notre produit national , noire

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grande supériorité, qu'oa ne nous amcheri

piécette industrie, qui est la plus grande fortune

de la France, oeeupe la presque totalité de la population française. C'est notre grand intérêt» notre intérêt de premier ordre ; il ne faut pas qu'en aucun cas 00 demande à un intérêt, qui est celui de ia masse, des saeriflces trop durs au profit d'un autre intérêt, qui est celui du petit nombre. (Très-biea I très-bien f) Vous demandez des droits protecteurs pour l'industrie, tous voulez tout faire poureUe; mais si vous faites des tarifs protecteurs, nous demandons que ces tarifs ne soient pas faits au détri* ment d'intérêts qui sont ceux de la masse! (Trèsbien I très-bien !)

Cette considération mérite d*ètre pesée; car, quand on fait des affaires, si c'est une affaire, il faut songer avant tout à l'intérêt du grand nombre.

Avant de passer è un autre point, J'aurais bien voulu donner quelques détails sur la vente des vins. (Pariez! parlez!)

Peut-être vaudrait-il mieux réserrer cela pour le cas où on nous contesterait.

Plusieun memèrm. Non! non! — Paries!

Wê LE UBRB-ÈCBAKOB

M. Jules Simon. Puisque la Chambre le désire, je vais donner quelques chiffres.

Naturellement, tous les centres de la production vînicole sont très-préoccupés de la lutte entre ce qu'on appelle, très-improprement suivant moi, le Nord et le Midi, car c'est la lutte entre la force industrielle et la force agricole.

Cette lutte-là a pour résultat que, de tous les côtés, on s'est rassemblé soit pour exposer le bilan de ses pertes, soit pour compter ses gains, et pour dire ce qu'on sacriliait d*un côté et à quoi on le sacriliait de l'autre.

Voici quelques chiffres qui m'ont été fournis, el que j'apporte dans la discussion en disant leur origine. Celui-ci m'a été envoyé par le président d'une société industrielle dont j'ai l'honneur d'être membre, M. Warnier, président de la Société industrielle de Reims.

M. Warnier a scrupuleusement relevé les différenées de l'exportation des vins de Champagne mousseux en bouteilles depuis les dix dernières années; je vous fais grâce des années interm^ diaires, je prends seulemeoi les chiffres de 1861 et de 1868.

Les bouteilles de vin de Champagne exportées en 186! étaient au nombre de 6,904»9t5, et le

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nombre s'en ert étofé, en IMB. à 12,810,194.

Maintenant, je prends la Gironde, Là, je pourrais fOUS inonder de chiffres, si je Youlais, Messieurs. Nona atons fait à Bordeaux une assoeialion libreéchangiste qui, je l'espère, rappaUere les beaux jours de l'ancienne teole de Bordeaux, reaUnrée par M. Duffour-Durbergier, et qui déjà, après deux osoia lool au plus d'existenee, a donné dea résultats importants.

U appartenait à une des grandes capitales de la production Tlnicole de se mettre à la tète du mourement libre-éehanglsta.

Des travaux extrêmement bien faits par M. Adrien Bonnet, par M. Lalande et par M. Lucien Mcissner, nous ont mis à même d'estimer avec exactitude le développement de notre industrie ei ses différents déboodiés.

Non-aeuiement nous avons calculé lea exportatiens générales, les exportations pour l'Angleterre, OMlaeneorenoQs avons pu, en eoosultant les documents de la douane anglaise, connaître la quantité de nos vina conaoïnmée en Angletarre.

le pourrais dter bemeoup de eUiras ; j*en indiquerai seulement un ou deux.

L'exportation totale de vins françaia par Bordeaux, en IM8, a été de l,IGO,MI bectoUtrea.

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Pour l'Angleleriv spécialemeDt» les exportatkNBf ont été, 60 1859, de 48,930 hectolitres, et, co 1868, de 229,071 hectolitres.

Les vins de la Gironde figurent, dans ce dernier chifib«, pour 463,G4i hectolitres.

Je cite, d'après M. Lalande, les chiffres mômes de la douane anglaise, qui nous donnent, d'une manière précise, la mesure de la consommation chez nos voisins :

En 1858... 571,903 gallons; — en tonneaux.... 1889 En 1859... 605,911 gallons; — en tonneaux.... 3,479 En 1868... 4,501,931 gallons; -^ en tonneaux.... tt,809

D'où il résulte que l'augmentation, en 1868, a été de I à 8 relativement à 1858, et 1 à 7 relativement à 1859.

Vous savez que le droit dont nos vins sont frappés en Angleterre est encore considérable ; il est de plus de 27 fr. par hectolitre. Les vins de première qualité qui forment surtout nos principaux cnis paient jusqu'à 50 centimes par bouteille, deux schillings par gallon ; le tarif est d'un schilling pour les vins de qualité inférieure, et, malgré cette protection, l'importation de nos vins français en Angleterre augmente dana des proportiooa considérables, vous le voyei.

0 y a là pour nout, dès à préseot, un gnad ÊùtnJÊÊ&mni de commarte, un iroporUni iUmmà de proepérité; ei eepandirt te coaaommation du vio partes Angtets» oofl^Mréa à aaUe des Frauçate, asi ii^iment restreinte.

EUe se développera* à ravantage réciproque des deux pays, à mesure qo*oo;coonaitra la qualité de ■olre vin, et qu'on s'apereevra qu'en même temps qu'il donne te force, — je l'ai dit ailleurs, et j'aime à te répéCer ici, — il donne la santé et la bonne hu-

Les vteiltes retetions entre Bordeaux et l'Angleterre, la focilité el la fréquence des communicaiteos expliqueraient la préférence donnée au Claret par nos voisins, si d'ailleurs cette préférence ne s'eq^iiqMil pas toute seule. Les propriétaires de te Bourgogne n*oni qu'à vouloir, pour expertattetts de ee côté, il n'en sera pas de de nos vins du Midi, dont l'importance quantité s'accroît tma tea jours, et qui prennent we si grande place dans te commerce national.

On comprend qne ce soieni tes meiltevea qualités qui entrent tes premières dans teeenaonaialtoB an- I, sortooi quand il y a un droit eonaidérable à or, pendant que nous payons 27 fr. 60 c par tiectoUtre en Angleterre, on paie 3 fr. seule*

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ment en Suisse et 6 fr. en Italie. Les vins du Midi, •^je ne parle pas des vins de liqueur, mais des yîos en fûts, — prennent ce chemin ; et le traité avec l'Angleterre n'a exercé jusqu'ici sur leur marché qu'une influence très-indirecte.

Dans un meeting libre-échangiste tenu à Montpellier, il y a quelques jours, et auquel assistait un de nos collègues, qui pourrait nous donner d'utiles renseignements, on a expliqué que le traité de commerce n'avait pas augmenté les transactions relativement aux vins entre Tllérault et TAngleterre.

Je le crois sans peine : avant le traité, lestransactions étaient insigniûantes, à présent elles sont nulles. Si donc les habitants de ce département soqI libre-échangistes , c'est parce qu'ils comprennent que l'avenir de la France, et particulièrement celai de leur grande industrie locale est attaché au triomphe de nos idées économiques. C'est aussi parce qu'ils ne se laissent pas influencer parles premiers résultats de l'opération, et qu'ils tienneoi compte, en gens intelligents, des cousequences futures et des eonséquenees iodireclas.

Ils souffrent surtout de la différence des droits d'entrée de leurs vins en Espagne et des droits d'entrée des vins d'EsMne eo France. Ils souf>

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(rtai aussi de la silualloo qui leur eti faite par la dernière loi sur le fioaga.

Mais toîct où Tavantage se trouve pour eux notre traité avec rAogleterre, c'est que le de fer du Midi a expédié, en 4867, un total de 64,919 hectolitres de vin qui ont été dirigés probablement jusqu'à Bordeaux, puisque tous les départements du parcours sont des départements vinicoles; et qui, s'ils n'ont pas été expédiés en Angleterre, ont remplacé, soit pour la consommatioo loeale, soit pour les coupages, les vins que l'Angleterre a achetés.

De même, Marseille a expédié 578,934 litres, dont la moitié au moins est venue de Celle. Ainsi vous voyez que, quand les vins ne vont pas en Angleterre en sortant de nos celliers, ils vont remplacer, dans les celliers plus flivorisés, les vins que l'Angleterre consomme. Autrefois, avec nos marchés restreints et notre concurrence contre le voisin, on ne regardait que les ailaires immédiates, on ne tenait compte, comme renseignement et direction, que de ses propres affaires. On comprend à présent la solidarité de toute l'industrie. Les exportations des produits du Bordelais ne peuvent pas augmenter sans qu'il résulte de cet accroissement d'affaires un bénéfice pour Jes autres régions vinicoles. Il

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est d'ailleurs bien naturel que le Midi soit libreéchangiste. On affirmerait qu'il doit l'être» rien qu'en jetant les yeux sur les campagnes de l'Hérault : la vigne a tout envahi, et elle donne des produits de plus en plus abondants. Quand on a une richesse pareille, on est libre-échangiste, car quel est celui qui n'est pas libre-échangiste? C'est le producteur qui travaille dans des conditions désastreuses; mais dès qu'on a un bon instrument, on ne demande que l'élargissement du marché. La plus grande preuve de détresse, je ne parle pas de détresse éventuelle, mais de détresse fondamentale, c'est la recherche d'une protection. Soyez riche de votre fonds, ayei une grande puissance d'expansion, et vous demanderez le libre-échange; vous demanderez le marché universel, parce que vous savez qu'il ne peut que vous profiter.

Nous sommes pauvres en houille et en coton, malgré la fortune que la protection a versée dans certaines mains : donc notre industrie demande des tarifs élevés. Au contraire, nous sommes riehas en produits agricoles et surtout en vins ; -nous le sommes ei nous pouvons l'être encore plus; et toos le savons, et nous le sentons. Donc notre agriculture est libre-échangiste.

Mais devons*nous uniquement considérer la Ibpee

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