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MARINE MARCHANDE

SéUÊM d« 4 Pirrier iSTO

II. Jules Suu». MaitMiin, je voudrais oe pas foire UD loog discours, et je ferai tous mes efforts pour Mrebrei:

Je pense que notre marine marchande traYerse, eo oe moment» une crise. Je crois qu'il y a lieu de recourir à un certain nombre de mesuras qui peuvent diminuer les rigueurs de cette crise et peut^tre y mettre un terme. Je crois néanmoins que ces me*

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sures ne çont pas ce qu'on appelle un remède héroïque. Je crois enfln, comme plusieurs orateurs qui ont été entendus, soit dans la présente discussion, soit dans une discussion antérieure, que le vrai point de la question, c'est le fret de sortie.

Et, suivant moi, le moyen de remédier à Tinsuffisance actuelle du fretde sortie, si elle existence n'est pas de revenir à la protection, qui en élèverait le taux, c'est de recourir à notre doctrine libérale, qui augmenterait le fret de sortie et par conséquent le trnfir t TnV<i-bien f)

M. iiAOTJ£LNs. C'est très-exact l

M. Jules Simon. Voilà quelles sont les idées que je viens vous présenter, et, je le répète, en aussi peu de mots que possible.

J'ai un préjugé, Messieurs, contre le discours que je vais faire, et ce n'est pas seulement contre mon discours, c'est contre les discours qu'on fera peutêtre après celui-ci, et contre ceux qui ont été faits auparavant. Ces discours viennent à la veille d'une enquête.

M. EsTÀNCEUN. L'enquête est parfaitement inutile; la question est asses claire pour moi.

M. Jules SmoN. Si l'interruption de rhonorable

ut uBas*Éciu.\oB $m

M. BsUnoelin a pour ohsjei de m'inviler à reoooear à la parole... (Noot oodI)

M. EsTAJwnjN. Vous tous méprenez sur ma pensée.

M. Jules SwoN. Je n'y reooueerai pas sur son inTÎtation, mais je suis parfaitement prêt...

M. IIaentjcns. y. Estancelin dit que c'est l'enq/Md qui est inutile.

M. Jules Simon. Laissei-rooi répondre à Tinterruption et ne m*emp6ches pas de le faire par une autre interruption, qui ne ferait pas avancer le débat.

Je disais que si l'interruption de l'honorable M. Eataneelin avait pour but de m'engager à re^ Dooeer à la parole, je n'y renoncerais pas, mais que si la Chambre jugeait à propos de^ clore la discussioo, je ne dirais pas un mot pour l'en empêcher. (Nool DOO!)

M. EsTAMXUN. Du tout f

Voix nombreusa. Parlez I Parlez I

M. Jules SofOii. Je disais que les discours que nous fiiisoDS à présent ont le malheur de venir à la

fjD I.K LtBRE-ÉCnANOB

▼eîlle de l'enquête, et ce malheur est aggravé par une circonstance que nous ne potivons pas nous dissimuler.

Pendant que nous discutions sur le traité de commerce, chaque orateur qui montait à la tribune contredisait celui qui l'avait précédé, et autant il y aurait eu d'orateurs nouveaux, autant de foh la contradiction se serait reproduite.

Mais cette contradiction est, pour ainsi dire, plus frappante à ce moment où nous parlons de la marine marchande; et la contradiction ne se montre pas seulement dans nos paroles, elle éclate dans tout ce qui a précédé cette discussion.

Nous sommes en présence de trois intérêts, qui se croient opposés sans l*être-: celui des conslrao* teurs dei navires, celui des armateurs, celui du comnerce maritime.

Ainsi, les constructeurs sont très^charmés qu'une loi leur permette d'acheter leurs matériaux en franchise ou en quasi-franchise, et ils sont très-mécontents qu'une loi permette aux armateurs d'aller acheter des navires tout faits en Angleterre*

Les.armateurs sont ravis de pouvoir acheter leurs navires à Glasgow, mais ils sont désolés d'un article de loi qui supprima \m sorfiiea de pavillon.

Quant au commerce maritime, il est content de

ut Loam échawcmi m

tout cela, et la suppreiriM de la rartaxe de parilloQ lui Ml éTidemment uo leiMible plaisir.

De sorte que trois industries, qui meoi Tune de l'autre, et qui, si elles entendaient bien leurs intérêts, comprendraient qu'elles sont nécessaireinent solidaires, nous apportent le spectacle d'une contradiction perpétoelle. Mais ce qui est beaucoup plus Trappanl eneore, è'esl lorsque la même industrie se contredit dans le même port, et nous en atoQS de nombreux exemples ; je ne prendrai que le port que je reorésente. Tous les jours, je reçois de mes amis et de mes commettants des lettres, des notices, des déclarations imprimées, qui sont la réfutation l'une de l'autre.

Vous avei présente à la pensée la discussion de la loi de 1866; je crois encore Toir le rapporteur qui siégeait là, et qui était M. Annan, un des constructeurs les plus connus de France. A chaque instant, quand il émettait une opinion, on Toyait les membres de la commission se lever pour protester contre l'opinion du rapporteur; non-seuieaMnt la commission avait été dÎTisée psr quatre eleinq,~ la plus grande division qui puisse se renoontrsr dans une de vos commissions, — mais, sur chaque point de détail , elle avait changé de UMiiQfilé et de minonté. Éfidamment, tous les

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débats n'avaient été qu'une suite de disputes.

Maintenant, je l'avoue, et c'est pour nous une circonstance aggravante, cette discussion venait à la suite d'une enquête, et la nôtre va servir de préambule a une enquête. Dans celte enquête, on apportera certainement des faits nouveaux ; il y en aura beaucoup et de considérables. Nos assertions, quelque scrupule que nous mettions à chercher la vérité, peuvent être démenties demain. Enûn, dernière objection contre l'opportunité de nos débats, la lumière n'est pas encore faite sur le point principal qui nous divise, je veux parler de l'abandon des surtaxes de pavillon. En effet, la surtaxe depa* Villon n'est appliquée que depuis le 12 juin 1869. Or, tout le monde sait que ce n'est pas en huit mois qu'on peut faire une expérience sérieuse sur les modifications apportées au commerce maritime.

Ce sont la. Messieurs, les raisons qui me déterminent à ne pas entrer dans la comparaison des chiffres» dans les explications sur l'augmentation ou la diminution du tonnage, qu'on a déjà trop étaléea à cette tribune, chaque parti apportant des résoilata différents, et qui, suivant moi, ne prouvent rieo ni dans un sens ni dans un autre.

Je ne ferai qu'une seule remarque.

Quand on voulait demander qu'on revint aux sur

tix68 de pavillou, on disait entre autres choses : • Comparons la France à l'Angleterre et à rAmértque; la marine Trançaise n'a qu'un très-faible eiïectif quand on la compare à la marine anglaise ou à la marine américaine. »

Il n'y a qu'un moment» notre honorable collègue, M. de Keijégu, répétait encore cet argument.

Mab, Mesaieurs, de quoi s'agit-il, s'il vous plaît ? S'agit-il de la marine de guerre?

S'il s'agissait de U marine de guerre, je com* prendrais très-bien qu'on dit : Nousn*avons quêtant de vaisseaux et les Anglais en ont un nombre deux ou trois plus fort ; mais il s'agit de la marine marchande. Or, la question n'est pas de savoir si dans le fret total nous prenons une quantité supérieure ou égale à ce que prend l'Anglelerre; la question unique est de savoir si la part que nous prenons avec les vaisseaux que nous avons est suf- ' Osante pour alimenter notre marine telle qu'elle est, ou, si vous voulez, la marine dont nous avons besoin, et la question ainsi présentée, il ne faut plus dire : Comment 1 nous lutterions contre les Anglais, qui ont quatre, cinq, six et sept fois plus de vaisseaux que nous I

Ce n*esi pas cela ; il ne faut pas comparer le

nombre des vaiaseaux, mais les vaisseaux eux-

is

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mêmes ; ni le nombre du personnel, mais sa valeur; ni la quantité absolue de nos transports, mais leur quantité relative. Je laisse donc de côté tous les points de détail qui, suivant moi, n'éclaircissent rien, qui ont, comme je le disais, le défaut de venir à la veille de Tenquète, et je prends uniquement les deux situations, celle de nos concurrents et la nôtre, telles qu'elles se comportent, pour les comparer et pour voir si nous avons, dans les ressources de notre pays, une situation telle que nous puissions rivaliser avec nos concurrents.

Cette comparaison a été déjà faite par mon honorable collègue, M. Le Cesne, avec une connaissance proTondo de la matière et une grande hau* leur de vues, et c'est ce qui me permettra d'aller plus rapidement dans mon exposition. Je m'en rapporte a ce qu'il a dit pour les chiffres» et je me borne à présenter Tcnsemblei afin, si vous m'écou* tez un peu, de développer une thèse complète, dont vous apprécierez la valeur, et qui n'est autre que celle que nous soutenons dans toute la question du commerce, à savoir que la liberté vaut mieux que la protection.

Quels sont les éléments à comparer? Il y eo a trois : le navire ou Toutil, le personnel, et la marchandise.*

L» LIBRl-iCHANOB flB

La oiTÎre.

J'en aurai Hoi prompteinent, Messieurs, aYec le attire. 11 y a la narira ea bois et le navire en fer; il y a, pour le navire, deux aapèeas de locomotion. la vent et la machioa.

Nous pouvons évidemment livrer le navire en bois sur le piad d'égalité avec nos concurrents. PenoDM ne la conteste.

Four Irouvar des navires en bois à meilleur prix qoa las DÔtras« je crois qu'il faudrait aller jusqu'au Canada; si donc il s'agissait de la marine en bois, nous serions sur le pied d'égalité, pour ne pas dire davantage. Mais j'aurai l'occasion de répéter après mon honorable collègue et ami, M. Le Gesne, que la marine en bois s'en va, que la marine en fer fait daa progrès constants et rapides et ne tardera pas à abaorbar toute la messagerie. Elle est donc désomais la point important.

IMra situation, Messieurs, quant à la marine en 1er, est celle-ci : Nous pouvons, è l'heure qu'il est, nous procurer, en France, le navire à 10 7, de plus qu'on ne l'adièla en Angleterre, ou, si nous le préférons, passer le détroit, et acheter directement, dans les chantiers de nos voisins, le navire tout construit.

Si nous recourons à ce second procédé, ce n'est

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pas 10 Vo; c'est quelque chose comme 7 7« de différence. Celte différence est évidemment légère, el dans une pareille situation je ne suis pas en dehors de la vérité en disant que pour les navires, pour l'outillage, il y a une sorte d'égalité entre nous et nos concurrents.

Je viens maintenant au personnel.

Ici la question est plus complexe. Je rappellerai en deux mots que personne ne conteste que notre personnel soit aussi capable que le personnel anglais ou américain. Nos capitaines, nos matelots, sont des capitaines et des matelots excellents. Us ont un avantage au point de vue de la concurrence, c'est de coûter moins cher, et ici, Messieurs, je répète ce que j'ai dit dans une autre occasion, c'est qu'en signalant cet avantage de notre commerce, je suis très-éloigné de m'en réjouir. Quand nous donnons à un capitaine français 250 francs par mois, .je ne regarde pas cela comme une supériorité de la France envers la nation anglaise ou les États-Unis d'Amérique, qui donnent 350 à *UiO francs et quelquefois 500 francs à leurs capitaines. Il faut payer les hommes et payer le talent pour l'attirer, et quand ce ne serait pas pour l'attirer, il faudrait le payer pour être juste. (Très-bien t)

Il en est de même pour les matelots. Nous don-

flff à oot.nuiteloU 50 à 56 flraocs, tandis que !•• Anglais ai laa AméricaiM dooneot aux leurs 75 à 85 Araocs par mois (I).

(1) Bitrtit 4« diieowt fnmmê m Gorpt UgUtlU, 1« 3 14* Wfkm 1870, ptf M. UGMW^atfpMééaBtfrii

• U MomUnmm. grtad Mfift iclnM toot dwaièriit m Bavrt. y mrrHrait aMttf par SS hoaats aa mhin sommI 4t S,780 fr. U BêaM Mfiiv vitat d'étrt umé pov ilada par tM r, flitiBOMé par BkoaaaiMalinm nantira lOiPMli, tO iw— Mi at tjOOO ftraaaa par aaii.

YaéfliMcaapliaaa^MaspavGalasItaac rtlov; ea aoat laa éépaMsaMai. aualHbfvaj'aliMtmHlaiTau. la ■Éar, pav dMi aavirai.

Nw la Mvira aaiMi alaM da LoBdrw à Galottta ai

Sakliat d*4«ilpaci. 13,800

Thnaa 13.000

. PUaUfa. nOMcqnafa 4.300

Taiat loealai 3,800

Toul 44,400

i^r la BâTire fnuK»i« allant ^fal«mtet à Caleotu et retour aa ItoTiv, U j araii

SaUirw 15,000

Pilotafi, raaiornnafg

Tbiat laealai.

Total

ai proai da savlra fraacab : 18 o« 10^ I «•Gaatg. PamrlaBlBUiMiiit

■. La Cmm. L*«i a lifid UI8 laaaaMi al fÉMra Mii. AiMi. da 10 pov 100 daM lai frai! ai da 14 paw MÛMalMait L'aTuiafa poviaaariri fraacili ail-fleos-

ahavté da la MTifaiioa fraacaiia art paw aai m fta Ja paiiaiiii taM aana mm poarair rat*

Wm LB UBEBÉCHANOB

Sans doute, cela faciille nos opérations» nais e'esi au détriment de ceux qui sont la condition sans laquelle nous ne pourrions pas les faire. Je le répète une seconde fois, et je ne le redirai jamais autant que je le voudrais, ce sont de ces supériorités dont je serais plutôt tenté de me plaindre que de me réjouir. (Assentiment.)

Je ne puis pas, à propos de la question du personnel de la marine marchande, ne pas dire un mot d'une question qui est pour beaucoup dans les motifs qui m'ont fait monter à la tVibune ; c'est la question de l'inscription maritime, qui se relie trèsintimement, comme vous le verrez tout à l'heure, à la question du salaire.

Je commence par énoncer ma conclusion; la voici en deux mots :

Je demande la suppression de l'inscription maritime.

A présent, j'en dirai les motifs :

U y a lieu de considérer l'intérêt de l'Etat ou de la marine militaire, l'intérêt de l'armateur etenfln l'intérêt du matelot. Le plus compromis do ces trois intérêts, c'est celui de l'ÉtaL Je sais qu'il y t oae grande autorité contre l'opinion que je soutiens, c'est eelia des chefs de notre marine militaire ; elle est très^grande sur mon esprit.

I,tî II VNOK ffj»

Tai déjà trouvé ici l-^ ^ in, je la trouve encore et je la saisis, de rendre justice à notre marine militaire qui est, de toutes les corporations (hinçaises que je ooooaisse, celle qui a le plus de droit à notre estime et, très-sooveot, à notre admiration. C'est un corps savant, qui est très-savant, ce sont des officiers qui ont toutes les qualités qu'on peut désirer dans un militaire; ils ont, de plus, des facultés trèa^liverses qu'ils déploient dans les missions qu'on leur conne en dehors du commandement des navires ; en un mot, je ne tarirab pas si je disais le fond de ma pensée sur ce corps admirable de la marine de guerre Orançaise. (Vive approbation sur tous les bancs.)

Non-seulcmenl je l'admire et je l'aime, mais, moi, que vous avez entendu ici combattre les armées permaoeotes, je serais bien fl&ché de renoncer à la marine de guerre ; et comment y renoncerais-je ? Quand je voulais détruire les armées permanentes, c'était à la condition d'armer les citoyens ; or, je ne propose pas du tout d'armer la itiarine marchande ; tout au contraire ; et je reconnais que nous ne pouvons pas nous dispenser d'entretenir une marine de guerre ; je suis même disposé à faire les sacriOces nécessaires pour que notre marine mililairc soit florissante, parce qu'elle représente, pour moi, Im

M> ÎM LIBRK-ÉCHANOB

paix sur la mer. (Très-bien ! très-bien I) La guerre joue un trop grand rôle dans nos discusnoos économiques ; c'est toujours la guerre qu'on' prévoit, c'est à elle qu'on pense en organisant notre industrie. Pour moi, je le déclare, ce n'est pas seulement, ce n'est pas surtout pour la guerre que je tiens à notre armée navale, c'est pour la police et pour la paix de la mer. (Très-bien ! très-bien I)

Je signale même un fait que j'ai trouvé récemment dans un rapport ou dans un discours.

Les représentants de la ville de Hambourg déposant dans une enquête, après avoir montré le développement de leur marine marchande dont ils ont droit d'être fiers, ajoutaient que tous ces progrès étaient dus aux armateurs, que l'État n'intervenait pas, qu'ils avaient résolu le problème de se passer entièrement de navires de guerre ; un commissaire français leur répliqua : Mais notre marine militaire française vous protège !

Je lisais cela. Messieurs, avec une sorte d'orgueil patriotique que vous comprendrez. Non-seulement notre marine militaire nous protège, mais elle pro> iége sur la mer tous ceux qui ont besoin de protection.

C'est là un très-noble rôle, et je sais qu'elle le remplit noblenient. (Vive adhésion.)

kum donc, au moment où je viens conletlar rinscripiion marilime, il tkni qu'il soit bien entendu q«e si je me trompe, je ma trompe complétemeot, car persoBM n'eal phMéloîgné que moi de porter atteinte à l'Selal el à la paiaaaiice de notre marine militaire.

Voici eo quoi la marine militaire est intéreaaée ao maintien des classes.

Chaque amiée rinscripiion maritime fournit à oolre armée navale 5,000 hommes. Si ces 5,000 iiomiDes ne suffisent pas au contingent de la flotte» 00 prend le reste dans le recrutement ; mais les 5,000 hommes ont un avantage que je reconnais; j'ai trop vécu sur les côtes, je connais trop les nécessités du senice maritime pour m'imaginer qu on poisse prendre au milieu de la France un jeune soldat qui n'a jamais vu la mer et en faire en quelqoea aamaioes un homme capable de rendre d'utiles ^ soit comme matelot, soit même comme de troupe à bord.

0 y a donc un avantage éoorme A prendre pour le service de nos vaisseaux des hommes qui connaisseot d'avance la manœuvre et qui nont à apprendre tout au plus que la discipline.

Or, nos adversaires prétendent que si l'on compte uniquement sur le recrutement, au lieu de 5,000

ttt IJ; UBRK-ÊCIfANOR

hommes exercés, le recrutement n'en apportera à nos vaisseaux que 2,000 environ. On a même fait le décompte des infirmes et des exemptés, et od a trouvé qu'il n'y aurait que 1,700 hommes capables, c'est-à-dire pris sur le littoral, qu'il faudrait compléter le chiffre tant bien que mal par des conscrits de l'intérieur, et par conséquent affaiblir la capacité marinière de nos équipages.

Messieurs, ma réponse h cela c'est qu'il ne suffit pas, pour être marin, d'avoir vu la mer du rivage. Il faut être monté sur un navire, avoir manœuvré une barque, ne fût-ce que comme pécheur côtier; en un mot, il faut appartenir à la profession. Eh bien! en sommes-nous là, avec l'inscription maritime? Nos enfants cherchent-ils la mer? Se laissentils de gaieté de cœur enrégimenter dans les cadres jusqu'à l'âge de cinquante ans? Je dis que, quand l'inscription maritime sera détruite, toute la partie de notre population qui avoisine les côtes se mettra dans la marine, tandis que, à l'heure qu'il est, il y a une quantité de pères de famille qui ne veulent pas laisser leurs enfants monter sur les navires, sachant que l'inscription maritime mettra immédiatement la main sur eux. (Approbation sur plusieurs bancs. ^ Réclamations sur d'autres.)

i K t.lliUE^tCHÀNfiK

M. k) comte de La ioin. C'est le contraire I Je damande la parole.

M. Julea Smtm. J'en suis parMleiiieiii eonTaincu ; il résulterait de la soppreask» daa claaaea une augmentatk» eonsidérable de la véritable popolatioD maritime, et par conséquent, lorsqu'on fait œ calcul * « au lieo de 5,000 hommes capables, il y en aura 1, 700 ou ^,000, » on se trompe absolument. (M* dans un pays qui a cetlAiéUnduo de côtes que tous connaissez sur les deux mers, le recrutement donnera, je ne dirai pas de quoi faire le complet de nos équipages, mais une quantité d'hommes qui équivaudra à ce qu'on prend maintenant à la marine par le moyen de l'inscription maritime. C'est là ma

fantendabiap qu'on le conteste, commeyd'aiiieort. Uni ea que nous alléguerons dans œtte diaemakMi; oooa ne dirons pas un mot qui ne soit immédiate- ■Mot contredit; chacun apportera ou Tautorité de son jugement, ou l'autorité de son expérience, ou l'autorité de ceux qu'il a derrière lui et qui l'ont renseigné. Pour moi, je me permettrai de dire que, dana eetta natâère, j'ai presque le droit do parler de mes appréciirtieiia personnelles, que je suis né sur le bord de Ui mer, que j'y ai passé dix-sept ans

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