RÉUNION
Tenao à Paris, aux Ch*iBp«-Él7«#es
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U • Pérritr 1870 (1)
M. JCLIS SUKMI
J« répète, après M. LéooSay, que la rétmioo de ee |oar o'est qu'une oooftreoee. Nous y prenons se«ls b parole, lui et moi. Nooe iouiaaoas, pour une heure ou deux, du plaisir d'échapper àlaeootra* dietioo. Nos adversaires, si nous eo stods ici, et
(I) UatfMct 4uit préridéc ptr M. Uom Say. ayaoi prêt d« lui NMM ■ ^ \m 4mi frértdMlt éi ta SméM ti
àtaCMrét
:• IM LIBRKÈCBAKOB
doQfr |e ne douta pu, preodrooi leur revanche dans les conversations et les journaux. 11 feront à leur tour des conférences où nous serons attaqués sans avoir le droit de nous défendre.
Ce n'est pas que je sois ennemi de ia discussion. J*ose même dire, pour Tavoir quelquefois prouvé, que je n'en ai pas peur. Peut-être aurons- nous, en dehors même des chambres où la contradiction est de plein droit, des réunions libres ouvertes à la polémique. Je le désire pour ma part. J'aimerais à lutter contre les défenseurs de la prohibition et de la proteclion, à prendre corps à corps leurs argu* mentsau moment môme où ils les auraient produits, à scruter la valeur de leurs chiffres, à refaire leurs calculs, à leur opposer les inflexibles principes de la science. Si, comme je res|)ère» la bataille ne le livre pas entre les seuls intéressés, si le p.-iys en* lier y prend part, la controverse deviendra vivante et pressante, et nos discours d'aujourd'hui n'en seront que la préface. Mais il faut faire chai|ue chose à son heure : exposer d'abord sa doctrine, e'est ee que nous faisons ; la défendre ensuite contre eaux qui ratiaipient, et porter la guerre dans le camp ennemi, c'est ce que nous ferons demain. La question, je le dis à regret, n'esl pat aaaei univeraallanianl oomprlsa pour qu'il ne sait pu néoesstira de
(kifs passer TeiiseigiiaaMiil •ftol la diseossioo.
Messieurs, je suis libre échangiste, et je le sois dans toute la forea da tanne; c'est-à-dire que je voudrais voir disparaître toutea les entraves, grandes ou petites, que la loi et le fisc imposent au travail; et noo-aeolemeot au travail de la main, mais k celui de la pensée; en un mol, je voudrais émanciper Tadivilé humaine depuis la théologie Joaqu'à la mécanique. Se posséder pleinement, se manifester librement; voilà la loi de la vie humaine, égalemeni nécessaire pour chaque citofeo el pour le peuple tout entier. Si j*avais adonner aux diverses Tornies de hi liberté un ordre de préséance, j'appellerais d'abord la liberté scientifique; mais je prends rémancipation de rhumanité par où elle s'oiïre, par le commerce et l'industrie, puisque nous marchons à grands pas vers leur affranchissement; ci je reste persuadé que la liberté est contagieuse, que l'atelier libre appelle l'école libre, et que si noua détruisons aujourd'hui le fisc, nous détruirons la censure demain. (Bravos et applaudiasements.)
Avant d'avoir des convictions raisonnéea sur la liberté du commerce et de rindostne, j'en ovnis Famour par instinct; vous en élea tous là, et si voua fîgnorei, je vous le prouve.
n Ll UBBMiCHAlfOB
ABtrefois, personne ne voyageait ; c'était un luxe résenré aux grands; à présent, leschemios de fer nous livrent le monde. Les anglais ont passé les premiars, mais le goût de la loeomolkNi nous est flofin teno; et Ton trouve des fhmcsis partout, depuis le Spitzberg. jusqu'au Cap, et depuis les Gordilières jusqu*à Saigon.
Pour moi, c'est ma grande passion, survivante aux autres. J'aime jusqu'à la fatigue que les voyages nous imposent, car c'est une bonne fatigue qui repose du travail. 11 n'y a qu'une chose dans les ▼oyages à laquelle je n'ai encore pu m'habituer et la foici : voua montai en chemin de fer, vous y restez, un jour, deux jours, autant de nuits, puis TOtre guide vous apprend que vous n'êtes plus qu'à on quart d'heure du musée ou du volcan que vous allex chercher au delà des Alpes. Vite, vous rassemblez autour de vous votre bagage, vous effacez sur votre personne les traces de la nuit. Déjà môme, à travers les larges fenêtres de la gare, vous apcrceves les grands aspeda de la nature, lescheflHi'oDuvro de l'art, la foule curleusequi vous attend, les amis, les parents dont l'étreinte vous sera si douce. C'est à ce moment-là que le fisc vous fait prisonnier ; qu'il vous pousse, avec tous vos oompUoea, dans daa salles ouvertes à tous les vents, malpropres,
LK t.liiUft:EcllAN<iK 1i
I, désolées; qu'il vous y relient vingt ■iotttes, qui sembleoi dot liooros; qu'il vous appelle de là dans un antre, offrant l'image du chaos, eè les malles, les eoUs, les valisest les bourriches sTent assaut pèleasèle, bouseulées, renversées, brisées, Hrrées en proie an porteraix et aux camionoeors. U Diut courir, reoomudtre son bien à grand peine, rassembler les pièces de son butin, solliciter les lepiéseolaots de l'ordre social qui, glorieux daas leur livrée verte, la plume sur l'oreille, la eraie à la nain» vooa laissent gémir et crier, sans se départir de leur aoleonelle lenteur. Point de aeropule : làehei les courroies, ouvrez les serrures, sauter les clous ; étalei à tous les yeux vos riou vos misères. Enfln, votre tour est venu! — Qu'aves-vous dans cette boUe ? Que contient ce portefeuille T Poussons nos mains jusqu'au fond de cette poche. Qiieb aoot ces papiers? Madame, ce linge eat-il bien à vous? n'en avei-vous pas trop pour votre oscget (Mes de là, dégagn de leurs enveloppes, étalez sur ces planches œa objeta délicats, si prédensemeot» ai chèreaaaot eomiagaaiDés par lea eofliretiers partaiens. BatiaMifDws heoreox, si l'on ne va paa jnaqa'à voua IbaHler personnelle- *, vous pottvei faire do la contrevos bottes. Madame, il y a peut-
f) LE UBEB-ÉOIUNOI
étredet dentelles cachées sous les tresses que retient ce peigne d'écaillé. — (Rires.) Hélas! esprits rêveurs. *qui caressiei chemin faisant Tulopie de la paix universelle, vos songes s*évanouissent en préseDoe de la viiite. Voilà le douanier; donc voilà reomnii t ce pauvre homme qui vous fouille pour cent cinquante francs par mois ne se doute guère, dans sa naïveté, qu'il est Tennemi de la fraternité des peuples, et le propre cousin des inquisiteurs. (Rires et applaudissements.)
Je parle de la douane, mais je pourrais, si je voulais, parler de quelque chose que Ton rencontre plus près de soi; il sufGt de n'être pas tout à fait parisleo, d'habiter Sceaux, Puleaux ou Vincennes et de veoir à Paris avec un panier; car il n*y a pas seulement des douanes à la frontière du pays, il y en a aussi à la frontière de toutes les villes; c'est comme s'il y avait une institution publique chargea de vous rappeler que la liberté n'est pas encore complète, — ni la civilisation doo plusl (Applaudis* sameots.)
Lorsqu'il y a dix ans, le gouvernement a fait le traité de commerce, nous autres libéraux nous nous sommes trouvés dans uo grand embarras, car d'un côié il fallait bien avouer qu'on avait disposé de noua sans nous; qu'en dépit des lois qui nous
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rent le vote de l'impôt, oo avait proCMriénicnt nio- <Mé, du aoir au Icndeoiaiii, et sans prendre l'avis de peraoooe. Tétai de la ferlooe poblique et privée ; que ooa coomnerçaota, noa indostriels, après avoir pMaé dea noia et dea aooéea è eiamincr leurs livres, à supputer quels approvisionuemeots ila devaient foire en vue de leur clientèle, et quelle pouvait supporter leur maison |)our i'amé« lion de l'outillage ei du personnel, apprenaient uo matin que la baae de loua lea calculs était chaxh gée, que oe qui hier était la prudence, devenait l'extravagaoee aujourd'hui; que beaucoup de maiaoos, parmi les plus anciennes et les plus solides, allaient être obligées de transformer leur fabrication et de chercher des débouchés, comme des débutants. Cette situation, qui troublait le monde industriel, troublait aussi et agitait le monde politique; et 00 voyait avec douleur le pouvoir personnel étendre sa maio jusque sur lea intérêts privés. (Apptaudtsaaoïeots.) D'un autre oM, ee que sans droit», aelon nous, et sans une prudeooesulDaante» le gouvemeoieot feisait, était eouforme à noa aspirationa éeoiioiiiiques. S'il avait saisi les chambres de la réknne qu'il accomplissait tout seul, nous auriona conseillé aux chambres de s'y aasocier. Nous prêchions depuis vingt ans la auppre^ion de^ prohibl*
LB LIOREÉCHANOB
qui tout à coup nous était donnée, et la supprawioo de la protection, qu'on ne nous donnait pat, mais qu'on nous promcllait, et vers laquelle OQ faisait un progrès sérieux. Effrayés comiiie paliiotas de ce coup du pouvoir absolu, satisfaits, comme économistes, de cette conversion à nos doctrines, nous n'avons pu que nous plaindre de l'usurpatioQ en nous félicitant de la conquête. J'ai trouvé, le 40 janvier 1870, que nous ne nous étions pas plaints anei en I8G0. (Applaudissements.) Il est tentant de faire le bien par des coups de baguette; mais il est juste, prudent, nécessaire, de ne le Hiîre qu'en parlementant, ei avec lo concours du pays. Plus noua sommes d'accord sur le fond avec le gouver* nement, plus nous avons lo droit de rappeler ces principes avec autorité. Il serait dangereux de les oublier. (Sensation.)
Je ne vem certainement pas entrer dans la diseossion du traité de commerce ; c'est une discoaaion qui viendra plus à sa place dans une autre en* ceinte. Je pense, au moment où je vous parle, que je suit exposé à fkire eeite diacuasIoD devant des adversaires extrêmement redoutables, peut-être demain, peut-être aprèniaoïaio. Vous m'excuseiex. Je Tespère, de ne pas faire aujourd'hui ce que je fbrai dans i4 heures. (Applaudisaemeots.)
LB UMUI iCBAXOB m
Ce qu6 TOUS mo demandei ici, c'est une simple eiposilioo de nos prioctpes communs. Je me tieo* drti, ■■iMt fw pénible, dans celte région des principes, el si je parle du traiié de commerce, ce ne sera qu'un instant, parce qu'il est la préoccupation du jour, et qu'il va être l'objet d'un vote.
Nos ariforsaîres veulent le dénoncer parce qu'il la protection. Je veux le maintenir précisé-
Il à eaose de cela ; mais je ne le regarde pas parfkH. U n'est pour moi qu'un expédient; il est une transition. Je n'accepte pas la protection, mène adeueie, ou du moins je ne l'accepte que par esprit de modération, par sagesse, pour ne pas faire de transformatioa trop brosqoe, pour respecter les droits aoquisel les affaires engagées. Pour moi je suis Khro-édwigiste, je le suis d'une façon complète, d'une façon absolue; je n'irais pas, Messieurs, jusqu'à dire que si je tenais dans la main les destinées de 1D0O pays* f établirais demain sans plus tarder le libre-écimge* Mon, je donnerais le temps aux aflaires de se régler, et au commerce, comme on dit vulgairement, le temps de se retourner ; j'annoncerais ma doctrine et j'y mettrais les tempéraments que les affaires publiques rédamaot, mais quant à la doctrine que je professe, je la présente sous son i; c'est le libre-échange, la liberté absolue
M LE LIBRB-ftCBANGB
iiofi-86olemeot pour les affaires Ûoancières, mais pour toutes les aiïaires de Phumanilé, à commencer par celles de l'esprit humain. (Applaudissemeots redoublés.)
D*abord j'abolirais la douane, ensuite i octroi, ensuite.... Pourquoi l'octroi après la douane? S*il était permis de faire ce qu on veut, je crois que j'irais d'abord à l'octroi, que j'anéantirais cet impôt qui entrave la production, la circulation, qui empêche l'unité française, décrétée par la Constituante, d'être une réalité, qui trouble le marché français par des dillérences arbitraires, mobiles, qui frappe les denrées les plus nécessaires et les classes les moins riches, qui prélève la même somme sur un hectolitre de Suresnes et sur un hectolitre de Haut- Brion, que ses défenseurs préconisent parce que le peuple, dit-on , le paie sans s'eo apercevoir, et que je condamne précisément parce qu'il se confond pour le consommateur avec le prix de la marchandise , parce qu'il ne se mootre pas à visage découvert, parce qu'il ne se laisse pas mesurer, parce qu'il grève le budget du prolétaire d'un impôt difficile à évaluer pour celui qui le paie, en un mot parce qu'il est le contraire de tout ce que nous demandons, de tout ce que nous voulons, au nom de la sincérité, de la hberté, de Thu-
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nuinité. (ApplauilissemenU.) Mais enfln. puisque les évéuements ont donné le pas aux traités de commerce, c'est-à-dire à Tabolition de la douane, suivons-les. Quand la douane est en pc^rii, Toctroi n'a qu*à se bien tenir. (On rit.) S*il n*y avait plus de muradles de la Chine autour du pays, on n'en lais-' serait |>88 subsister autour des communes. Ce n'est pas» Messieurs, que je confonde l'octroi avec la douane. L'octroi n'est que flscal ; il n'est qu'un impôt, et un im|>ôt voté par la commune au profit de la commune. La douane est aussi un impôt, et elle est quelque chose de plus : elle est un système d^organisation de la fortune publique. Regardez-la de près : elle est la môme chose que le droit au iravail, tant attaqué par les plus grands défenseurs de la douane. (Mouvement.) Elle est le parti pris de créer une hausse et une baisse factice, d'imposer 00 de décourager une industrie, de substituer la ▼okmté des gouvernants au mouvement naturel des échanges. Elle est pire que l'octroi, comme système; l'octroi est plus vexatoire comme pratique. Que le bon sens public et le suffrage universel nous délivrent prochainement de l'un et de l'autre I
Parleraije de leurs voisins, les droits réunis, je ne veux fias dire de leurs complices, quoique j'en sois bien tenté? Et de l'impôt des patentes, qui
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semble frappé directement sur le travail au profit de i*oisiveté? Lorsque l'impôt des patentes fut voté» le 15 février 1701, un député, M. Begouen, qui pourtant n'était pas libre-échangiste, s'écria qu'au lieu d*exiger des patentes pour travailler, il fallait soumettre à en prendre ceux qui resteraient oisifs. Il demandait la question préalable. La chambre ne ût que rire. Si la môme proposition était faite aujourd'hui, on ne la volerait pas, Messieurs, mais on ne rirait plus. Vous me comprenez! (Mouvement.)
M. Dandré répondit à M. Begouen : « Défiez-vous des idées philosophiques 1 > Le mot était étrange, prononcé dans la Constituante et en 1791. C'est i)ourtant la grande objection, et même la seule, aujourd'hui comme alors. On nous reproche, au nom des faits, d'être la doctrine. On oppose les quelques faits qu'on a sous la main à la formule générale qui contient tous les faits et qui les explique. C'est un des aspects de l'éternelle lutte de l'ignorance contre la science* Je me contenterais pour ma part de démontrer, au nom des idées phi* losophiques, et par des raisons philosophiques, que le libre-échaoge est le vrai, et que par conséquent il faut avancer et non reculer, dans la voie ouverte par le traité de commerce. Mais* par égard pour
M. AMdfé» q^ éigb eocoro au Séoit et au Corps légialitif (on ht), je feu bieo dter quelques
La Pranee eo 1866 a eiporté pour l'Angleterre —-je preoda teadoouoMoU anglais^ la valeur de 847,40a,O75 fraoca; elle avait exporté pour la MèflMdeatkiatiooeo1859QiievaleurdeU2,177,450 feaoca. AjÊm h aooime de dm exportations a plus que doiihié. Je sais bien qu'on répond à cela, que lea exportations de l'Angleterre pour la France se aaol acemeadana une preportioo plus considérable ; je donne les chifliraa : en 1868, l'Angleterre a importion France 587,854,000 et en 4859 elle n'avait în^Mrté que pour 239 millions. Oui, l'Angleterre a naiebé plus vite que nous; croyez- vous que ce soit par auite du traité de commerce? Mais il n'en reste paa moins vrai que nous avons marché aussi de notre côté; que notre commerce s'est plus que doublé, dans cette période que l'on dit désastreuse, aous rmflueoce de cea traités que l'on déclare funestes. Si voua eoBsnltei les documents français, wm verret que ka ehlllres diflèrent, mais que le rapport est le mèaM.
Ainsi I* la France exporte aujourd'hui en Angletane le donble de oe qu'elle exportait il y a dix
m iM uBMMtoaAHMi
2* L'exportation que nous Taisons en Angleterre dépassa les imporlalioos des Anglais chei dous de 31 p. •/• environ.
8* Le fait incontestable que nous recevons co plus grand nombre des importations anglaises ne peut à aucun degré être considéré comme une preuve d'appauvrissement ; que l'Angleterre éteigoa one de nos industries en se substituant à elle, cela peut constituer pour nous une perte, surtout si cette destruction d'une industrie n'est pas compensée par une économie plus considérable au profit des autres industries et des consommateurs; mais ici ce n'est pas le eas; nos propres exportations augmentent ; raccroissenieot des importations anglaises prouve donc seulement l'augmentation de nos ressooroes et de notre activité. Ce résultat est encore plus manifeste si, au lieu de s'en tenir aux deux chiiïres, on décompose nos expoKationa et celles de nos voisins, en tenant compte des objets.
Mon Dieu, les protectionnistes remplissent en ce moment le pays de leurs doléances. Je ne m'en plains pas, je trouve que c'est très-naturel; j'approuve coiiiplétement les personnes qui ont un intérêt à défendre de le déitedre partout et de leur mieux, mais enfin, qui est-ce qui se plaint? C'est l'industrie textile et l'ioduatrie métallurgique; or.
tM UBUR-ArriANOR m
â nom regardoot lat comptai de rindostria anglaiaa acouparéa avae la oôlra, noua foyona que la lopé* riorité des im|M>rtotiooiaiig|aiaaa lient aui matiërea premièrea et que noa etporiaUona d'objets fabriqoéa eooaervent au contraire le premier pas. N'eat-œ paa très signifleatif? La paya qui a la aapériorité d'aipor* tatioi) poor les matièfes fobnquéea n'eal-il paa eelui qui lra\ aille le plus et le miaiiz? L'Angleterre est plus favorisée que ikmis ao point de Toe dea produits Batureb néeeaaairea à riodualrie : aoît ; noua prcnoua notre revanche pour les produits agricoles ; elle noua apporte, outre aea proprea produits, un grand nombre de matières premières quelle recueille dans l'exlrème Orient : je le veux bien; cela peut prouver la supériorité de sa marine qui n'eat pas discutable. Mais pour l'industrie proprement dite. Il est certain qu'elle ne peut aoulenir la lutte contre nous pour l'échange des produits roanufa»* turés.
Voici les chiffres : en 1867 l'Angleterre a importé chez nous en matières premièrea pour 996 aûllioiia« je néglige les autreacliiffrea; et nous avons importé chcs elle seulement pour 04 millions. Ainsi, grande inftnonté de la France pour l'échange dea OMtièfea premièrea; mab pour lea objeta fabriquée l'Anglelarra a importé chez noua prèa de 182 miiliooa al
m LB LIURB-ftCBANOB
nous avons exporté chez elle pour plot de 800 mil- Boos. Esi*ee clair f
Je note en passant que l'industrie de Paris est pour beaucoup dans cette proportion ; vous savez» MessieiirSt que ce qu'on appelle l'article Paris no se fabrique pas exclusivement à Paris, mais enûn nous sonines ici la tête de cette fabrication. Eh bien, l'industrie de Paris entre dans le chiffre do nos exportations pour une valeur de près de 100 millions.
Il y a des objets qui progressent avec une rapidité extrême ; par exemple le chiffre d'exportation des articles de modes, des fleurs, etc.» s'est élevé à 41,228,000 francs.
Le chiffre des articles en peau, sans compter la gaolerie, s'est élevé à 26 millioDs. La ganterie, de i3,900|000 franes, qui est le chiffre de 1858, s'est élevée en 1868 à 27,075,000 francs.
Pour résumer ces différences de notre situation entre i860 et 1870, j'emprunte les chiffres suivants au aiUMles du Commerce extérieur» iivraisoo de Janvier 1869.
Eq 1866» — je prends pour type 1866, qui aai une anuée oonûla, parce que 1867 et 1868. mais surtout 1867, ont été des anoéea de crise» — 1869 tead à ae relever dans une forte proportion,
LS UlUUB-iORANOB «
•rriter poorUot à une prodiieUoo Hgulière — 60 1866 notre cooiroerce av«e la nooda aotiar t'est élavé à la somme de 5 milliards 074 millions (importations et exportations réunies). C'est oaa ang- Malatkm totale de 2,071 millions sur 1850, la dernière année qtd a précédé le traité. — Ainsi notti avons laiidea progrèa immenses. Si nousécoutlDBS seoleoMoi eeox q«i se plaignent, nous dt* fioM : Les traités de oonmerce ont ruiné le pays, le pays ne peut plus Ti?re. Eh bien, quand on prend lesdeeumeiita oflcMs soit anglais, soit français, on troQf e au proflt du développement de nos transactions une différence de deux milliards.
En présence de faits pareils, est-il possible d*équivoquer sur quelquea différences entre les chiffres fournis par les documents anglaia el les chiffres fournis par notre propre administration ? Quelles diliéreMea relevei-Tous ? 50 millions , 100 BnlUniia ? Vous n'en ayex pas moins dans un accraiaaeaent de mouvement commercial repréaeoté par un chiffre de 2 milliards 71 millions, la preute éclatante du mouvement qui s'est opéré daM lea affaires et par conséquent, une dénoua- Ifilioo contre laquelle toute l'éloquence et toutes Isa doléances du monde ne peu?ent rien. Il est parévident que pendant ces dix années de
It U: I.IPRK ftcnANOF
ruine nous nous sommes tout sinuilomfnf onrirîiis. (Applaudissements.)
Maintenant, Messieurs, si des industriels viennent nous dire : — Je vous défends d*afTirmer que la France s'est enrichie, et voici pourquoi : c'est que je connais mes affaires, et que mes affaires ont décliné; -i- L'objection, vous ne le voyez que trop, quoique fondée sur des faits qui peuvent élre exacts, ne vaut rien ; si maintenant les mômes industriels ajoutent : — Je ne connais pas seulement mes allaircs, je suis au courant des affaires de la pin ~ laquelle j'appartiens, et sur celte place il y a u ... nution d'activité et de richesses, — cela devient plus grave, et peut ne prouver cependant qu'un simple déclassement. Si même on nous dit : — Je parle non-seulement pour moi, non-seulement pour* ma région, mais pour toute une branche d'industrie; — une branche d'industrie compromise ou perdue, cela, je l'avoue, représente une grande somme de malheurs particuliers ; cela peut être un malheur public, si l'industrie menacée est une de celles pour lesquelles on ne doit jamais être tributaire des pays iroeins, si elle est capable de vivre et de pro9pérer par elle-même sans recourir à la protection, si enfln elle n'est pas une de ces industries factices qui ae développent en impotant de lourdes charges aux
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iodoitrias ottiireUet. Mais la queslkm Ml toujours de savoir si des malheurs réels oe soot pas compensés par des avaulages tout aussi réels et plus importaots.
Je le reconnais : il y a ebei nous des indu«lr!es eo souffrance. Je tais plus loin, il y en a qui ont péri. Je |KHirrais en citer quelques-unes, — à quoi bon T — E>tce le traité de commerce qui a produit cette détresse ? admettons-le pour un moment. Je crois que la détresse delà plupart de ces industries tient à d'autres causes; mais admettons pour un moment qu'elles ont été détruites par le traité de commerce. Cela prouvera que le traité de commerce n'a pas été utile à tout le monde : qui en doute ? 11 faut calculer sur la masse» juger Tensemble, négliger les exceptions. Un homme peut périr dans les rangs lorsque l'armée à laquelle il appartient gagne la bataille. 11 en est de même pour l'indiislrie. Les peuples marchent l'un contre l'autre, non plus comme autrefois pour s'exterminer, mais (tour lutter dans le glorieux et pacifique champ de bataille du travail. Là, comme dans les anciennes passes d'armes, il y a des vaincus dont la défaite n'entraînera pas la ruine des nations auxquelles ils ap|»artiennent. Et quand bien même il serait vrai que nous œ produisons plus autant de fer au
bois que par le passé» ce qui du reste n'est contesté par personne, quand il serait démontré que telle place a perdu 40 millions, en serait-il moins vrai que le commerce total de la France est de 2,780 mil* lions supérieur à ce qu'il était il y a 41 ans? Ce sont des malheurs de détail, qu'il ne faut pas confondre avec la ruine publique.
Du temps du premier empire, quand nous avions presque chaque matin un bulletin de victoire, les autorités partaient de leurs demeures au son des trompettes, entourées de tout l'appareil militaire, et s'en allaient avec des Ilots de peuple chanter un Te Deum à Notre-Dame, tandis qu'il y avait dans Paris un grand nombre de familles qui étaient dans les larmes, parce qu'un des leurs avait péri. Nous avons aujourd'hui le même spectacle sous un autre aspect. Une industrie périt, mais l'industrie Française triomphe. Nous plaignons les vaincus ; nous les aiderons s'il le faut ; mais nous n'irons pas» pour des malheurs privés, renoncer à nos principes et à notre patriotique orgueil.
Si j'insistais, je pourrais montrer par exemple que ce n'est pas l'abaissement des tarifs qui a éteint un asses grand nombre de nos forges. Le fer au bois est menacé partout où on en fait, et non-seu* lameoi le fer au bois, mais le fer à la houille de
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pramère quaiiiey ptrce que Tacier Bessamer se rilMiMl de plus en pim, et qo'oo le fait maintenani aireedofbràb hooflledefeeoode qualité. On noot dit que Tacier Beteemer ne peut servir que pour les rails de chemins de fer. Cest une erreur ; ceux qui la propageoi D'ont pas mis les pieds depuis iOQgtamps dans oos ateliers de mécaoique. Je me rappaHa que, quand j'assistai poor la première fois, à ShefBeld, i une expérience du procédé Bessemer, je me dis : Toilà une révolution industrielle. Il y a, mn, deux manières de faire des révolutions rindostrie. Tune par la création de tarifs de U c'est un moyen que nous allons supprimer poisqoe nous allons à bref délai supprimer la douane; Taotre qui est la bonne, c'est de faire comme laa iiifanteors du procédé Bessemer, de trouver 00 oioyeo de transformer un produit naturel, ou de remplacer un procédé long et coûteux par un procédé brillant et rapide. Ne vous arrivc-t-il pas quand voos entrez dans on laboratoire de chimie ou de physique, de penser que le travail qui s*y accomplit peut avoir celte double conséquence : — d'ouvrir au savant des borixons qu'il n'avait pas encore entrevus,— et d'opérer dans laa conditions de la vie humaine une de ces révolutions qui n'ont pas rédat de nus résolutions politiques, mais qui ont
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une autre durée et une autre grandeur, parce qu'à dater de leur avènement la puissance de rtiomme sur la matière est agrandie, et la somme des misères humaines diminuée? La science a tout changé en trois quarts de siècle. Bonaparte traversa les Alpes, en y laissant des cadavres d'hommes et de chevaux : aujourd'hui nous les perçons. U Conveotion applaudit avec frénésie la première transmission télégraphique par l'appareil des frères Chappe : nous avons la télégraphie électrique. Nous conversons en quelques heures avec l'autre monde ; nous y portons un vaisseau en moins de huit jours. A nos portes, nous faisons faire par un seul homme la besogne de 1200 ouvriers. Voilà nos Mareogo et nos Austerlitz aujourd'hui t Voilà les bulletins de la grande armée 1 (Liougs et bruyants applaudis* sements.)
Mais parlei donc raison à des intérêts 1 Dites à un industriel ruiné que c'est un progrès de la science qui le ruine. Il est capable de vous ré)>ondre que vous êtes un philosophe I Dites*lui que la guerre d'Amérique a supprimé le cotoo, et qu'on ne peut pas faire des tissus de coton sans coton : il vous dira que vous êtes un philosophe, que le cété pratique des choses vous échappe. Dites-lui que TAuttraUe et la Plata ont inondé notre marché de leurs
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Voot n'êtes qu'un igoorani, on philoMpIie. Conplfli-hii, tî voot voolai» la nombre des balles : ignorant. Preoea lea doeomeota de la dooane : ignorant, et plm qoignorant, dope, poisqoe vous avei la naïveté de croire aox déclarations de l'adaûnistration française. Apportei, à la place de nos statîstîqoes, lea statistiques anglaises. Il n'importe, 00 s'entend dea deox côtés du détroit pour dissimuler la vérité. C'est le traité, vous dit-on, qui est caoae de t4wt ; lui seul. Il est eaose de l'abeanee do cotOQ ei de Taboodance des laines; cause de la OMdadîe des vers i soie, de l'épizootie, de la disette dea céréales. Il serait cause de l'oïdium, s'il reparaissait. C'est lui, et non M. de Bismark, qui a battu l'Autricbe à Sadowa. Il a inspiré aux souverains de l'Europe cette folie des armements à outrance, qui dévore de tous côtés tant de millions. Ce qui est plaisant, ou plutôt ce qui est triste, c'est que les protectionisies anglais se boocbent les oreilles coDune les nôtres, invo(|uent les mêmes raisoos, se prétendent ruinés, traitent de fadaises toutes les caoses, malbeureusement trop réelles, qu'on leur apporte de leur ruine, s'en prennent au traité, en deoMndent le rappel, ou plutôt demandent la proteclioo, c'est-à-dire une prime en définitive, car la protection n'est pas autre chose. Et comment ré-
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pondre? Nous nous lasserons de répéter nos raisons avant qu'ils se lassent de répéter leurs doléances ! (Applaudissements.)
Je n'ai pas besoin de lire les journaux oméricains — je parle de ceux d'aujourd'hui, ei non des journaux contemporains des événements, -— pour aflirmer que cette guerre d'Amérique, Tune des causes, et des plus certaines, de la crise européenne, a été accusée là-bas d'avoir amoncelé des ruines. Il n'est que trop vrai. Elle a été meurtrière comme toutes les guerres, et féconde en désastres matériels et moraux comme toute guerre civile. Eh bien l je la prends pour exemple, je l'invoquo. Làbas des monceaux de cadavres, des provinces dévastées ; ici, des Tabriques anéanties, des ouvriers sans travail, des branches entières d'industrie pour longtemps compromises. La maudirons-nous cependant, Messieura, pour tant de malheurs ? La maudire I maudire la guerre qui a porté le dernier coup à l'esclavage, qui a pour jamais extirpé cette lèpre, qui a rendu sa pureté, sa grandeur à la jeune république américaine! Non, quand j'envisage un tel réglât, je no puis plus songer au prix qu'il a coûté! (Longs applaudissements.) Et de même, dans Tordre matériel, habituons-ooas h regarder en haut, à voir do loin, à ne pas juger les grandes choses par