‹ Le libre-échangeChapitre 6 sur 20 · I.K MIUIR · texte numérisé non relu

I.K MIUIR

le petit eôté. Il ne faut ptt qu'un navire perdu Doosdéeooragedo cêmaarce maritime. Tel département a perdu stx hauts foomeaux ; mais la Fraoee a augmenté son commerce de deux milliards.

/avoue que quand les proCecttonistes se plaignent qu'on n'ait pas Mi tous ce qu'on devait faire pour leur faciliter la transition, je ne les trouve plus dans le faux. Loin de là; je m'associe à leurs plaintes. Clianger le régime et maintenir le *tatu ^«e, quelle erreur! Cest aussi alMurde que de faire la guerre sans soldats, ou d'entretenir 500,000 soldats en temps de paix. La cause des désastres, qui son! réels, et des dissentiments, qui sont excessifs ci déplorables, c'est qu'on a voulu le principe sans ses conséquences. Nous étions outillés pour lutter eoire nous ; on nous oblige de lutter contre les étrangers, et on ne nous donne ni les aménagements intérieurs, ni les lois, ni les facilités dont jooisseot DOS concurrents ? Ce n'est pas une conduite sage. Voilà, par exemple, les Suisses, un des grands arguments des protectionistes. Ils n'ont que ce moi à la bouche, les Suisses ! Il semble que les SoiAes vont envahir tonte la France. Ce n'est pas qu'ils soient, comme nous, trente-huit millions d'hommes. Mais ils ont des chutes d'eau, que nous n'avons pas; voilà tout le mystère. Pour lutter contre ces chutes

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(l'eou» il faut, dit-on, en bonne justice que nous nous résignions à payer le jaconasplus cher. J'avoue que nous n'avons pas de chutes d'eau, et que nous ne pouvons pas en créer. Mais il y a une chose qui vaut bien les chutes d'eau» une chose dont on parle moins, dont il faudrait au contraire beaucoup par- 1er, parce que, de ce cdté-là, la lutte ne nous est pas impossible. Les Suisses n'ont ni notre dette, bi notre armée de soldats, ni notre armée de fonetionnaircs. C'est là leur vraie supériorité; elle n'est pas petite! M. Léon Say vous a dit que nous avions un million de francs à payer par jour, pour les inlérètsde la dette ; il croit môme que, pour être exacts, nous devrions doubler ce chiffre, — j'irai aussi loin qu'il voudra pour lui faire plaisir (on rit), — le total du budget des dépenses avec les arrérages et le courant est de 2 milliards 300 millions. Les plus diffîcultucux, comptant les emprunts perpétuels et les budgets qui ne figurent pas dans le budget général, se croient en droit de parler de trois milliards. C'est la dette de l'Ëtat, mais c'est la dette de toutes nos maisons, puisque chacun de nous contribue à la payer à proportion de son avoir. Et rannéet j*eoteodi rarmée permanente. Ni la Suisse, ni l'AngMerre, ni la Prusse eUe-mème ne sopporleni cet éeraaant fardeau. La landwehr prussienne ne vous

relieiilqoedeiixaiis, uQMoièiiie si tous vootai: il foos suHU d'être lettré al d'anticiper l'âge du •arriee. L'Angblarre ta praewe des loldâU ao les piyaot et ne foreapanoMia à senrlr. L'araéa toiisa n'ailqa'iiiie garda oaiiaiiala reoforcéa. Tmâk qoa MN» dooDooi à la eoMeription dam homnias sur tfoift, al que nous o'aYoos plus dans nos ateliers, gràea à la aoeaeriptîoo, ni jeunes ouvriers, ni uo boa reerotamani de eontra-maltras, rAngleterra et utilise ses jeunes homoiaa*

Um ûuiitewr. « L'Angleterre a de bonnes raisons pour cala.

M. Jci.»:s Siif0!<i :

Las oieilleuras du monde. Il y a mille bonnes raisons pour na pas avoir d'armée permanente, et il n'y a aucune IxNine raison pour en avoir.

Oui! laa paaplaa qui n'ont pas d'armées parmaoanles ont mille boonaa raisons pour ne pas en avoir; ja dauianda an aniraa paoplaa d'appreodra aes ralaona aida s'en aarvir pour eux-mêmes, car je suis da aam qui pensant que Ton ne fera que des économies da rien du tout, el daa aaiélioralioos de vingiquatra baoïas, tant qu'entra nous ai la civicette Invaniion de la barbarie

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qu'on appelle les armées peroiaDentes. (Bravo t bravo t)

(On entend, au milieu des opplaudisscmenls, un auditeur prolester ênergiquement.)

Je ne sais pas, je ne veux pas savoir quelle est la personne qui m'interrompt, mais je voudrais pour beaucoup que ce fût un partisan de la douane et de Toclroi; j'y verrais une nouvelle raison pour vous dire qu'il y a une contagion de la liberté et que quand Tamour de la liberté entre dans un cœur, il l'envahit tout entier. (Applaudissements.)

Un autre fléau de notre pays, après les armées permanentes, c'est la centralisation. Je me rappelle, — et mes deux illustres confrères assis à côté de moi, peuvent se rappeler aussi, — un mot profbod de M. John Stuart Mill. C'était au commencement de la guerre de la sécession, quand tout le monde se demandait ce qu'il adviendrait de la grande République.

M. Stuart Mill était au milieu de nous, il n'hésita pas : t Le Sud sera battu, dit-il ; je ue recherche pas quelles sont ses ressources en hommes ai eo argent, mais Uadm mcUi9€i. » C'est un grand mol, bien digoe de lui. Esdavesl Nous ne le sominaa pas; nous n'en avons pas. Mais nous gouvernons trop ei nous sommes trop gouvernés; c'est à un

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moiodre degré, et sont une antre fomie, le mêmù ntlheor que celui du Sud. Deux habitudes fliteles : rhabitude d'être obéi, Thabitude d'obéir. Je cherclie l'homme dans cela, rinitiative humaine, en méaie temps fbroe de résbtance et force d*action. Un peuple où la centralisât' i tissée à ces

excès, ne se possède |te. (A,. . ments répétés.) Ce peuple n'est pas accoutumé è vouloir» il Msae périr une partie de sa puissance, tandis qu'ailleurs chacun comptant sur soi, donne tool ce que sa nature peot donner.

Voici une preore toute récente de l'abaissement produit par l'iiabiludc d'être gouvernés à outrance : Dans one des brochures que nos adversaires nous envoient tous les matins, — car je vous dirai en passant que nos adversaires nous adressent des de brochures; c'est une avalanche qui va it de jour en jour, et qui menace de nous chasser de nos demeures; nos libre-échangistes, au contraire, ne ae remuent pas; à Bordeaux seulemeot, il y a une ligue Tortement organisée; ici, nous en sommes encore aux tâtonnements; nous sommes dès à présent battus dans la guerre des brochures. Il en sort une de chaque filature, de chaque* établissement métallurgique. — Je lisais dernièrement dans une brochure proteo*

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tioDîste les doléaDces d'une chambre ayodicale sur les conséquences du traité de commerce, c Noos n'avions ici en 4859, dit-clie, que 500,000 broches. Depuis le traité, nous en avons ajouté 20,000 dans les établissements anciens et 90,000 dans des éta- / blissemcnts nouveaux. > Vous allez croire que cet énorme accroissement d'outillage est regardé par les plaignants comme une preuve de prospérité. Pas du tout, c Ces nouvelles broches ne fonctionnent pas. > Si cela est, pourquoi les établir? < C'est, dit-on, que M. Rouher nous avait déclaré que l'industrie française allait prendre une extension toute nouvelle. » Admires, Messieurs, cette réponse. Voilà une grande place de commerce, une de nos premières places qui, ne vous y trompez pas, est irritée contre M. Rouher, qui ne partage aucune de sesopînions en matière économique, qui se croit profondément lésée par le décret qu'il vient de rendre, qui après tout, quelle que soit l'habileté du ministre, peut et doit penser qu'elle a plus d'expérience et de compétence que lui dans ces sortes d'affaires : la voilà qui, sur sa parole, c'est elle qui le déclare, aa lieu de s'arrêter, d'attendre les évéoemeota, aug* meule sur-le-champ sa fabricatioD et son matériel. Vingt mille broches de plus dans les établissemaota .; 90,000 dans S7 étabUasemanta nouveaux.

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Elii phn Urd, oontealameol les 1 10,000 broehet Mirrellat, mais une partie de l'oulillage aocieo vient è ebômer. qoe nooi diieot-ils? qu'ils se sont trompée, en dépit de leur eipérieoeef que leurs caksIsiMit été d^ionéi per des événements inattendast floo pas. « M. Rouber nous avait dit. Nous avons cru à notre ennemi M.ltouher. > Ou plutôt, noua avons cm, en hommes accoutumés à être guidée et geoveméa, àla parole d'un ministre. N'estce pes perler et agir en enfants? Quoi I rejeter sur aotmi la reaponaabilité de ses propres actes? Acprévision oontraire aux principes qu'on parée que cette prévision émane d'un roinistref Ne pas mèoie gouverner à sa guise, et d'après aea vues personnelles, ses propres intérêts? J'exagère trop ce détail; ce n'est qu'un mot, je le sais bien : un Anglais ne l'aurait pas prononcé. Hélasl nous voulons être les maîtres dans l'État, et nous ne le aonmea ni dans la commune, ni dans la maison. (Bravo t)

Je vous ai déjjà bien ennuyés. Messieurs, et cependant je ne aoia encore qu'à la moitié du cbemin. (NonI noni parleil)

Eh bien. Ileaaieurs. je suppose qoe noua aonmes dans un théâtre; le rideau se lève, et fausse voir d'abord une décoration, puis après quelques soènes.

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le machiniste donne un coup de sifflet, et la décora* lion disparaît, pour faire place à un monde nouveau. Mais pourquoi parler des jeux de théâtre, puisque la nature nous fournit de plus grands exemples? Vous souvenez-vous d'avoir parcouru la Suisse par un temps d'orage? Il semble que le paysage vous enferme de toutes parts; à peine voyez-vous distinctement votre sentier; les rochers, les hautes montagnes noires et sofhbres tous pressent en quelque sorte de leurs masses énormes ; elles s'élèvent autour de vous comme des murs escarpés dont les sommets ressemblent à ces fantômes qui effraient l'imagination. Tout à coup le vent s'élève ; les nuages s'envolent dans l'immensité des cieux, et derrière eux s'offrent à vos regards éblouis, les horizons immenses, les mcols couronnés de neige, étincelant au soleil, et les villes étendues dans la vallée, sur le bord des lacs. Comparaison ambitieuse, dont vous sourirez avec moi, et qui me conduit à vous dire que je ferme décidément les annales du commerce, l'histoire du fameux traité, et les doléances des cotonnicrs. La Chambre va ouvrir demain, par de longs et beaux discours, la préftice de Tenquéte : je vous avertis d'avance qu'on ne discutera que des détails, qu'on n'étalera que des chiffres. On ne parlera pas

«Im prtndpef, oo u'ioYoqufirt ptt la Miaoeo : bmI ce serait perdre loua aaa droite à la qoallAeaUon «rhomniea pratiquée. Lee nos apporterool atir b (ribiioe lonlea iea publîcatiooa émaoéee du rninia- 1ère ei de l'adminiatratioo des douanes; ils mettfool des années de chiffrée eo betaille; e'ils veuleai être irréAitables, ils dérouleront les chiffres eprès les chiffres français; les autres cornit par déclarer que toutes ees éoumératioos ne sont qu'une comédie ; que la douane Trançaise tient ses registres» non pour constater ses reeelles» mais pour Ibumir des arguments à M. de Forcade ; que la commission des Tsleurs, gagnée par le libre-échange, n'a eu rien autre chose en vue depuis dix ans que de tromper le commerce sur la situation du commerce. Puis, ils prendront des chiffres bieo attUemeoi sérieux el bioD autrement uombreoi* chiffrée trréfiragables» ceux-là. Tournis par un Irès-grand cotomiier, par un très-grand maître de forges, par des milliers de lettres reçses le matin fliéaie, par des télégrammea au besoin; et ees chiffres» bien enleodu» déaMNiIrerooi que nous sommes ruinés, et que c'est le traité de commerce qui eo est cause* Gela durera huit grands jours; ei après? S'il reste quelque chose de tout cek, c'est la preuve que les chiffres ne sont pas des preuve».

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Ces batailles de chiiïres sont oomnie des batailles de boules de neige; les projectiles tombent dru de toutes parts : on dirait de l'artillerie; deux minutes après, ils sont fondus. Mon Dieu, ceux qui s'eo servent devraient bien le savoir. Il y en a un, — un des plus illustres, — ce n'est pas M. Pouyer- Quertier, — qui voulait prouver, il y a trois ans, que nous ne pouvions pas concurrencer les Anglais. < Je me suis assuré, disait-il, que vous payez à Paris 90 centimes le mètre de madapokim qui ne coûte à Londres que 75. » L'année suivante, il voulait démontrer que les consommateurs n'avaient rien gagné au traité de commerce. « Vous payet un mètre de madapolam à Paris, disait-il alors, 75 centimes. Or, je me suis assuré de mes yeux, qu'il coûtait à Londres 80 centimes. » Une autre fois, je m'étais hasardé à dire, sur la foi de M. Adrien Bonnet, ou de M. Lalande, ou de mon ami Larrieu que voilà, et qui a ses raisons pour savoir ce que devient le vin de Bordeaux, que les Anglais consommaient sept fois plus de nos vins de la Gironde qu'avant le traité. M. Pouyer-Qucrticr n'a pas manqué de déclarer que, si j'avais raison au départ, les équipages avaient donc soin de jelar toi 6|0 de leur cargaison dans la mer, car on ne retrouvait plus qu'un septième de mon vin à l'ar-

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rivée. Ilélati qu'allais-ja faire dana cette galère? (Uilarilé prolongée.)

Mais lalaaoQa lea ebiSirea, laiasoos lea détaib, laiaaooa Talea de oea dix dernièrea années. Une épreuve de dix ans, claire et indiscutable, en pleine paix et aana avonture d'aucune sorte, serait une iMon (kible preuve pour ou contre la protection : e'eal aï pao que dix aoa dana la vie d'un peuplei El que d*aventurea dana cette période décennale ! La guerre de aéceasion, Sadowa^ la disette, la naladie de te aoie, reooombrement dea marehandlaea, le début de matières premières, toutes lea dreoostaoeea se réuniaaent pour ôter à la détreaae de notre industrie, en supposant qu'elle soit réelle, sa signiûcation pour ou contre la liberté. Non, en vérité, les faits ne prouvent rien, dans de^ eooditions si exceptionnelles. Permettez-moi de voua préaeoter une absente, quon introduit rareneot dana eea débats, je veux dire la philosophie... La philoaophie n*est autre choae que la lutte des principes contre les faits. Il y a tout un clan d'hommes, extrêmement nombreux , si nombreux qu'ils sont presque la totalité de l'espèee humame, qui quand ib poaaèdent un fait s'imagiiieot qu'avec ce bit ils vontécreser les principes. Mats ftissent» ils un million devant moi, dix millions, cent mil-

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lions, je serais là pour dire que ce qui est l.i vtritô et la force, ce n'est pas le fait, ni Tenscmblo des faits. C'est la doctrine, c*est la raison, c'est le principe. Voilà ce qui décide et ce qui domine. Combien en avons-nous vu de ces faits qui devaient nous écraser se dresser eo bataillons nombreux et marcher à l'assaut de la raison, portés et soutenus par tous les hommes pratiques, par tous les sages, par tous les hommes d'expérience, n'ayant contre eux qu'un ou deux ut{)pistes, ou si vous voulez bien leur donner un nom poli, qu'un ou deux philosophes, qui luttaient au nom de la lumière intérieure. Les temps passaient, les siècles succédaient aux siècles, et les bataillons changeaient de place; il venait un moment où c'était le témoin isolé de la raison et du principe, qui à son tour avait derrière lui tous les bataillons; les autres s'enfuyaient vaincus, dédaignés, oubliés, disparaissaient dans la nuit du passé où on n'allait plus^ invoquer leur souvenir que pour établir la profondeur de l'imbécillité humaine. (Applaudissements.)

De quoi s'agit-il ? De comparer la France à l'Angleterre, au double point de vue de la population et de la géographie; dedécidarsi un peuple doit chercher sa force dans une industrie naturelle ou dans une industrie factice; et si enfln l'intérêt des

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«mmateura, qui tool la wêêêê, peai èlre laertAé è eelol d'un petit nombre de pfodoeleiirs.

Je prends rapidement lea éléments du travail indostrtel, il y en a quatre : le Ter. la houille, la mn- Uère première» et lliomme. Il faut comparer la palanoee de l'Angleterre ei la puissance de la Fnmee à ces dlfléreota pointa de vue.

J*aUaia oublier tes firais d'établisaemem. On nous dH que, poor la création d'un établiaaement, il faut compter 40 povr Cyo de plus eo France qu'en Angleterre. Que vottleit-vooaTGe n'est pas mon calcul, OQ si vous voolei, ce n'est pas le calcul que des fatiriconts nombreux et intelligents scrupuleusement coosoltésm'ont donné. Ils me disent 25 pour 0/0 de différence à notre détriment. C'est beaucoup, mais c'est bien moins. Maintenant pour le charbon, je vous apporte encore l'expérience des autres, Je puis vous dter un d^ plus grands industhela do France, peut-être le plus grand en matière métal* lurgique, qui disait il y a trois jours, à M. Johnston et à moi, que pour le charbon il fallait compter dans l'industrie textile, trois fois plus de frais en France qu'en Angleterre, et dans les grands étabtissements métallurgiques deux fois plus. Ainsi, soit pour les frais d'établiaaoment, soit pour la houille, on exagère les différences; mais elles sont

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réelles, importantes, et, sur cas deux poiots» dm adversaires ont très-décidément le dessus.

Pour la matière première proprement dite, fer, coton, laine, jute, etc., si Ton tient compte de nos traités avec TAmérique, et de la possibilité de réduire les tarifs de transport, on se convaincra que les diiïérences sont aujourd'hui peu de chose, et qu'elles peuvent ôtre supprimées demain.

Je passe maintenant à l'ouvrier, ou plutôt à l'homme; car il y a l'ouvrier qui pense, et celui qui exécute : ah! Messieurs, on oublie un peu trop l'homme dans toutes ces questions de commerce et d'industrie. Mais quel est donc le premier instrument de la prospérité commerciale? est-ce qae c'est le charbon, le fer, le coton? Je ne cherche pas si c'est une utopie de dire que nous pourrons avoir le coton au même prix que les Anglais, en faisant du Havre le marché régulateur du coton, au lieu de Liverpool ; je crois qu'il s'agit seulement de le vouloir. Mais je prends la capacité industrielle; est-ce que l'esprit français est incapable? Croyes*vous qu'il ne saurait calculer, prévoir, inventer tout aussi bien que nos vobins? Si nous fouillons rhistoire des découvertes de l'industrie, si nous examinons par quelles nations sa sont surtoot eflèaués dans la monda les progrès de la

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adeiiee appHqoée à llodottrie, nous trouverons payl^lre que nos annsles sont les plus riches en liommes et en déeoofertes.

Je vois là mon ami M. Victor Dois, membre de la Soeî^té d*eocoursgemeot ; il pourrait nous dire s'il y a en France une moindre préparation pour l'industrie, des esprits moins éclairés; si notre École centrale n'est pas une pépinière d'ingénieurs excellents; si nos cours du Conservatoire des Arts el Métiers, nos écoles de Chàlons, de Lyon, de Saint-Ëtienne, ne sont pas enviées à juste titre par nos concurrents ; et tous les fabricants qui sont ici pourraient nous dire si la première force» dans l'industrie comme ailleurs, n'est pas la force de In pensée. Nous faisons des efforts continuels pour mettre le charbon, le coton, la laine, le fer audessus de nous; mais vous aurez beau écraser la pensée humaine sous toute la houille de l'Angleterre, soos tout le fer de la Suède, sous tout le coton de l'Asie et de l'Amérique, ee sera encore la pensée humaine qui sera la force par excellence; oui, toutes les fois qu'il y a une grande capacité peo* santé, il y a une force pour remuer et dompter la matière; j'aime mieux, pour créer un grand commerce, un pays où il y a peu de richesses naturelles et beaucoup de graÉds commerçants, qu'un

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pays où il y a de grands élémenU matériels, cl fMis d'hommes.

Je parle là de la capacilc inlciicclucUc cl commerciale : mais l'ouvrier propremcnl dil, l'ou- 'blierons-nous? on dirait que ce n'est rien. Je ne vois pas ici beaucoup d'ouvriers, j'en suis bien aise, je vais pouvoir faire librement leur éloge. Il y a d'honnêtes gens qui nous imputent d'aller dans les réunions d'ouvriers faire l'éloge des ouvriers : le petit nombre de ceux qui sont ici savent que quand je leur parle, je leur parle comme à des ministres, c*est-à-dire quelquefois durement. Mais en ce moment, Messieurs, puisque je ne vois devant moi que des fabricants et des commerçants, je puis bien dire que cet clément du progrès industriel, l'ouvrier, est supérieur en France à ce qu'il est partout •illeurs. (Applaudissements.)

L'ouvrier français est véritablement puissant. U est propre au travail manuel, il a de Tesprit, il invente; ce qu'il y a d'inventeurs dans les ateliers est inouï ; le français sait se retourner , il n'est pas comme l'ouvrier anglais qui n'est apte qu'à une seule tâche, qui la remplit très-bien, plutôt comme un rouage que comme un homme. Ce o*est pas le cas de l'ouvrier fVançais; vous lui changet sa m» chine, vous le mcllex en présence d'un engin qui

LK I IIM tOHAWOK

(oui à l'heure lui éUit inconnu : en quelques OHaiites il est au courant. Si par suite d'un cli6migo ou d'une transformation industrielle, il perd son métier, il sait eo trouver un autre, il a de l'esprit jusqu'au boat dea doigts. — Je parle des métiers où il s'agit surtout d*avoir de la Toree; quant à ceux où il Taot de l'art et du goût, c'est là qu'il est incomparable, je n'ai pas besoin d'insister làHleaaiis; nos ouvriers — le monde entier le sait, — sont des artistes et il y a telles choses qui sortent de ooe ateliers les plus modestes, dans lesquels, béias I on ne gagne que deux Trancs cinquante par jour, et qui sont de véritables merveilles bonnes à mettre dans les musées, qu'on y mettra quand nous ne serons plus, et qui feront radmiration de nos successeurs. Nous avons donc des éléments de lutte, et comme je l'ai dit tout à l'heure» nous en trouvons une preuve manifeste dans ce régime qui Tient d'être si profondément modilié depuis six jours, le régime des admissions temporaires ; s'il n'y avait pas dans l'industrie une autre cause de supériorité que celle qui vient de l'abondance du charbon, pour quelle raison, par quel miracle, les Anglais nous apportcraient-ils leurs tissus pour les imprimer et les leur rendre, améliorés par notre main-d'œuvre; leurs fers pour les transformer eo

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inachioes à leur usage? Quand les étrangers importent chex nous, à condilion de réexportation « leurs matières premières franches de douane , c'est parce qu'on travaille mieux ici que chez eux, c'est un hommage rendu à la supériorité de nos ouvriers. Si nous pouvions faire en France, sans ébranler le monde, de ces grandes processions qu'on fuit quelquefois en Amérique et en Angleterre et qu'elles fussent présidées par un orateur du travail portant sa bannière, je lui conseillerais d'écrire sur cette bannière le chiffre du mouvement d'affaires auquel les acquits-à-caution ont donné lieu. (Applaudissements.) Do 4800 à 4868, par l'introduction en France des matières premières, les exploitalions de nos usines métallurgiques ont passé de six millions et demi à 68 millions et demi. Voilà la force de notre travail. Vous pouvez mesurer par là la puissance de l'ouvrier français, comme vous mesureriez la force du biceps et la puissance du (K)ing avec le dynamomètre qui était autrefois aux Champs-Elysées. G*esi là ce que nous pouvons, ce que nous avons fait, et je dis que des trois éléments du travail, nous avons pour la houille Tinfériorité, — pour la matière première, presque l'égalité, — pour l'homme, la supériorité. Et, Messieurs, celui qui a cet éJé*

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