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•là pour soi, Doo-seolemenl n'a pas le droii d'avoir peur, mais il n*a pas le droit de se plaindre, et s'il reste au second raog dana rindustrie, e'est parce qu*U ne sait paa Touloir. Sachons vouloir! Partout où la volonté est roaUrcsse, elle est coupable quand elle n'agit pas. Nous pouvons faire de la France, si nous voulons, le premier peuple industriel du monde. Nous no le voulons pas peut-être, el peut-être n'avons-nona paa tort de ne pas le vouloir : c'est ee que J'essaierai à présent de démontrer.
Voici pourquoi. Messieurs, je ne tiens pas à ce que nous tentions de faire de la France le premier peuple industriel du monde, c'est que si nous faisions les suprêmes efforta pour l'agrandissement de notre industrie, il ne nous resterait pas assez de ressources pour ce qui fait, en déOnitive, la force de la France. Je tiena è la grandeur de notre industrie, parce que je ne veux paa que noua soyons tributaires des autres pays ; j'y tiens parce qu'elle existe, — c'est une raison, et elle est bonne, — et parce qu'il y a là de grands intérêts qu'il faut sauvegarder; j'y tiens parce qu'à certains moments, si l'agriculture ne donnait paa de travail, il faudrait que l'industrie en fournit : il y a mille raisons pour que noua soyons industriels, mais
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il y en a une supérieure pour que nous soyons avant (oat UD peuple agricole. Nous ne sommes pas à Paris très-agricoles, au moins par nos habitudes et notre situation, nous n avons pas de vastes champs pour horizon, nous ne connaissons que par les classiques et les chansons populaires le bonlicur de se lever en même temps que le soleil pour aller conduire ses grands bœufs blancs, et tracer le sillon nourricier; nous ne sommes pas familiers avec les bois et les prairies, nous ne voyons que les paysages de Corot et les vaches de Rosa Bonheur ; mais nous sommes do Paris et par conséquent des esprits ouverts; nous ne pouvons oublier que nous sommes au milieu de la France, dont le sol est le plus fertile et le plus varié de l'Europe. Nous savons que notre force est là, pourvu que nous ne manquions pas à la terre. Nous savons que c'est chez nous qu'il y a la plus grande abondance de céréales, et les. plus grands vins du monde, et les vignes les plus productives. Je le répète avec insistance : il serait insensé d'abandonner notre indus* trie; mais il serait |)lus insensé mille fois de lui sacrilicr, ou même de lui subordonner notre agriculture. Le moyen d'être équitable et habile, c'est 4le mettre chaque chose à sa place et à son rang. L'Angleterre s'est longtemps défendue cootre
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Dût vins : d'abord pour nous appauvrir, car. saebtt-le, toute douane eil une guerre ; ensuite, pour défendre ses breuvages chauds, le commcree du thé dont elle tire de grands bénéfices.
Le traité de 1786, atta(|ué dans le temps comme celui de 1800. frappe les vins français, à leur entrée en Angleterre, d'un droit de 1295 tt. par tonneau, plus de I f^. 25 par litre. Aujourd'hui encore, nous sommes loin d'entrer en franclûse, puisque nous payons, suivant le degré, oo 5 ou 10 shillings par gallon, soit 25 ou 50 fr. par hectolitre.
Noua avons 09 départements qui sont les premiera du monde pour le yin. Vous lutterez avec nous pour les tissus de coton, je le crois ; pour les beaux tissus de soie, difficilement ; pour les machines peut-être. Mais ni vous, ni rAllemagne, ni 'Italie, ni PEspagne, ne pourrez jamais rien contre nos vins de France. On a coupé pour moi un jour, dans une serre anglaise, une grappe de raisin, qui n'était que de l'eau à peine sucrée. Je l'ai mangée avec un sentiment d'orgueil patriotique. (On rit.)
Vins d'Espogne, vins du Rhin, Tokai, Johannisberg. vins d'Halle, Lacryma-Chrisli, Syracuse, vous ne valez pas un verre de cet excellent vin de Bordeaux ou de Bourgogne ; la France entière est dans ce vin. (Applaudissements). Elle y est avec
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toutes les qualités de l'esprit français, à la fois sobre et brillant, excitant et salutaire. Notre vin donne la santé et la bonne humeur, comme notre actioo répand dans le monde l'esprit et la grâce, avec le bon sens.
Vous venez me parler des souffrances de notre industrie; mais si je vous parlais des grandeurs de notre agriculture et si je vous montrais que ces traités qui sont si décriés ont triplé la valeur dé 69 départements, croyez- vous que cela ne vaudrait pas une démonstration ?
Je vois près de moi M. Wolowski qui ne me pardonnerait pas de ne pas comparer l'importance de la population qui vit de l'agriculture avec celle qui vit par l'industrie. Je disais il y a un instant que je ne citerais plus de chiffres; je comprends qu'il est odieux de citer des chiffres quand il y a déjà une heure et demie qu'on parle ; mais comme il n'est pas nécessaire de se rendre odieux plus que de raison, ayez la bonté de croire qui si je vous cite encore des chiffres, c'est que j'y suis forcé par M. Wolowski : plaignez-vous en donc à lui si je vous ennuie trop.
(Non I continuel I trèt-biao.)
Voki la nombre des peraouoea qui en l^iaiico
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fifani diredemeiii ou kidireelaiiiaQl de l'industrie proprement dite : il y eo t 10,960,000. Ce chiffre ae déoonpoie ainsi :
lodmtri» teiUlc i,000,000
Induiiria extractivc 429,000
Industrie nétalltirgique 151,000
Fabriettîoo des olyeis eo méUI,
ladiistrie do coine 120,000
ladnstrie du bois . 286,000
Gémnkiiie 236,000
Produits chimiques. 73,000
Industrie du bàtimeni. 2,261,000
loduslrie du tètement. . . 2.108,000
Industrie de ralimenUlion 1,700,000
Industrie des moyens de transport. 426,000 Diters groupes moins importants
repiésentani ensemble un chiffre de. . 1 ,170,000
Total, d'après le recensement de 1866. . iO.060,000
Peut-on dire que cette population industrielle, fimnant environ 1 1 millions de personnes, a eu à ae plaindre du traité de commerce? Tout le monde aeot bien que ce serait une exagération absurde. L'industrie du vêtement, formant un total de i,i08,000 personnes, y a gagné; l'industrie de
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l'alimcntatioD, qui comprend 1,700,000 personnes; celle du bâtiment, qui n'en compte pas moins de t2,261,000, ne sauraient y avoir perdu. En somme, quelles sont les industries qui se plaignent? Il y en a trois, pas davantage : l'industrie textile, l'industrie extractive et l'industrie métallurgique. C'est dans cette partie de la population que les pertes, réelles ou prétendues, se concentrent. M. Wolowski compte pour lindustrie textile 2 millions de per-» sonnes, pour l'industrie extractive 429,000 personnes, pour l'industrie métallurgique 151,000 personnes , eo tout 2,580,000. Notons encore que dans ce chiffre nous ne comptons pas seulement les ouvriers et leurs patrons, mais les femmes des patrons et des ouvriers. Il y a beaucoup de femmes employées dans les industries textiles; mais il n'y en a pas dans l'industrie métallurgique et dans l'industrie extractive. Tout nu contraire, quand on recense la population agricole, le chiffre ne comprend que des ouvriers, car, parmi les propriétaires, on compte seulement ceux qui sont réellement et personnellement agriculteurs, et quant aux femmes, elles sont toutes ouvrières, depuis la ûllo de ferme jusqu'à la fermière la plus aisée.
Je le répète, la population intéressée dans la question des traités de commerce ne dépasse pas
!it580.000 penoones. Voulei-vous compter toute Il population industrielle, moins le vêtement, le bàtimeot et ralimeotatioQt Gela ne fait encore qu'un total inrérîeur à 4,900,000 personnes. Enfln, toulei*TOUS compter toutes les industries, ce qui esl absurde, puisqu'il y a des industries auxquelles le traité de commerœ aété notoirement profitable, ei qui le déclarent? Gela ne fbit jamais 11 millions depertoanes.
Voyons maintenant, toujours d'après M. Wolowski 6i le reeeosemeni de 1866, quelle est la population agricolade la France. Bile s'élève à 10,599,113 peiaoones, hommes, femmes et enfants, travaillant et vivant de cette industrie.
Ainsi nous avons d'un côté Tindustrie qui souffre, e*6sttout au plus 11 millions de personnes, et de l'autre vous avez la France entière, la France de 19,600,000 personnes qui prospère. Donc quand je vous disais qu'il fallait nous décider pour l'agriculture, je ne me trompais pas. (Applaudissements.)
J'aborde maintenant la question de aavoir si on doit préférer le producteur au consommateur.
Un grand orateur protection iste — il est mort, ne cbefcbei pas son nom — disait un jour à la chaaibre des députés que le reocbériaaement des oi^ela d'utilité première, favorable sans doute aui
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rabricants, qui encaissent la diiïérence, Télait aussi aux consommateurs. • J'entends par là, disait-il, la masse des consommateurs, c'est-à-dire les ouvriers. En eiïct, si moi fabricant, je gagne beaucoup, j'augmente ma fabrication, et par conséquent mon personnel. Donc je procure aux ouvriers de l'ou- ?rage et des salaires. > Ce petit raisonnement, qu'on a beaucoup délayé depuis, est tout simplement un chef-d'œuvre. Je le prends dans un discours de tribune, et non pas dans une comédie. Il aurait fallu que ce galant homme augmentât beaucoup son personnel pour ajouter iO millions d'ouvriers à ceux qu'il occupait. Je voudrais qu'on eût fait le même raisonnement pour les tarifs sur les céréales. Quand il y avait une loi sur les céréales qui produisait les variations dans les prix de la farine, et qui nous faisait de temps en temps des famines fictices, Vouvrier dans les bonnes années pouvait manger de la viande fraîche; puis quand le pain haussait, il fallait se contenter de viande salée; ai les céréales coûtaient encore trop cher, au Heu de Yiande talée, il fallait se nourrir de légumes; aprèt les légumes, venait le pain de seigle, puis le pain d'orge, et si le pain d'orge devenait encore trop cher, l'ouvrier sa nourrisiait aveodes ehàtalgoet; heureux quand il n'était pas obligé de
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jer ceHÉbieli barbet qiie iMMt doonerioM à peioa à DOS battiam, el de las lUre eaire dans de l'eau claire ail poatait se procurer du bois, je ne dis pas do aaly car le aal coûte (rèscber. Ne croyet pas que ce récit de ralimeoUtk» de la bêla aobstituée à l'alimentatioQ de rbonuna aoit roof ra de mon imagination ; MO, Je la preoda aussi dans une discussion de la chanbre daa dépotés. C'éUit en 1 8 1 G. La prolection avaH alora la deasoa. C'était le temps où la grande pfapriété régnait et gouremait, pour se dédommager daa aouffcanoea de l'éoiigration ; où les chfttelaiss fevorisaîent le fer ao bois, pour utiliser leurs forêts, et l'industrie de la laine, pour mieux vendre leurs toisons. Ils ne manquaient pas d'affirmer que la France, étant bien protégée, était heureuse; et que tous ces tarifs étaient faits moins pour eux que pour l'ouvrier, qui payait le pain un peu cher, mais qui trouvait à employer ses bras. Pendant ce tempslà un naturaliste faisait daiaéelier les herbes dont je Yooa parlais tout à l'heure, et en composait un album, album éloquent, qui manque à nos bibliotbèqoea, ai qoi en dirait plos» sur la protection, qoelooa les livres de Say et de Bastiat. Je ne aais pas au juste ce que rapporta la protection aux protégés; mais je sais ce qu'elle a en tout temps rapporté au peuple. Et je sais qu'il eo sera toujours de
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même quand l'espèce humaine, au lieu de s'abaDdonner aux destinées que la nature lui a faites et de se reposer sur l'énergie de chacun, laissera peser le joug de la loi sur ses instruments nourriciers. Oui! l'énergie individuelle, voilà ce qui nourrit les populations, voilà ce qui leur donne les richesses, la force de se tirer d'affaire et qui leur permet de manger du pain et quelquefois de la viande ; mais quand on prétend les enrichir par ces prohibitions et par ces prix élevés des denrées alimentaires, il n'y a plus que quelques privilégiés qui vivent et mangent au milieu d'un peuple qui meurt de faim [tonnerre d'applaudissements).
Et maintenant, messieurs, je vois d'ici M. Bénard qui attend un argument sur lequel il a tant insisté et avec tant de force, qu'il regarde avec raison comme décisif et que je rapproche à dessein de l'alimentation. Je parle de la nourriture des hommes, mais ce n'est pas seulement les hommes qu'il faut nourrir. Je prends à présent non pas les botes de somme qui paissent dans nos prés, mais cette autre béte que nous avons créée pour le service de nos industries et qui est faite, non pas avec des muscles et du sang, mais avec du fer el do l'acier. Il faut la nourrir, elle a un estomac cette bête, et c'est précisément cet estomac qui n*est pas suflisamoient