AVIS DU LIBRAIRE
Lorsque toutes les Nouvelles de Cervantes auront paru, et qu'on les réunira en volumes , on les fera précéder de quelques Réflexions sur ses Ouvrages, et d'une Vie de l'Auteur, dont on distribuera des exemplaires pour ceux qui voudront les faire relier avec les douze Nouvelles.
En tête de la première nouvelle se trouve une préface où on lit :
Saint Martin de Chassonville a donné une traduction complette de ces Nouvelles ; mais outre que le stile en est aussi dégoûtant que barbare, le prétendu Traducteur a absolument défiguré Cervantes : il a franchi toutes les difficultés, en substituant au texte, des pages entières de sa composition ; et lorsqu'il écrit d'après l'original, l'Auteur Espagnol ne paroît qu'un misérable rapsodiste.
Chassonville. ne laisse pas de parler avec mépris de l'ancienne traduction des Nouvelles de Cervantes par de Rosset et tf Audiguier ; mais on ne doit pas s'en rapporter à son jugement. Cette traduction qu'il dénigre est beaucoup au dessus de la sienne. Le stile en est concis, agréable, facile et très-correct pour le tems. Les Traducteurs possédoient bien la langue Espagnole. Ils n'ont point défiguré, comme Chassonville, la manière de Cervantes ; et si leur traduction n'étoit pas écrite en vieux langage, elle mériteroit, à bien des égards, d'être conservée.
Les deux premières nouvelles parurent sans nom de traducteur (le traducteur est Coste d'Arnobat qui les fit réimprimer en 1802); la troisième et les suivantes portent : Traduction nouvelle, par M. Le Febvre de Villebrune.
La quatrième est précédée d'un Avertissement où on lit
Je ne suis pas Auteur de la Traduction des deux premières Nouvelles. L'Auteur, homme en état certainement de mieux
faire, avoit abandonné le Libraire. Celui-ci me demanda si je pouvois l'obliger. Sans examiner ni le travail du Traducteur, ni les raisons qu'il avoit de renoncer aux arrangemens qu'il avoit pris avec le Libraire, je promis de le continuer ; d'autant plus que ce travail ne me dérangeoit aucunement.
J.-P. Claris de Florian. — Mélanges de poésie et de littérature. Paris, Didot aîné, 1787, in-ié.
Contient une nouvelle intitulée Léocadie.
Ce n'est qu'un abrégé, sans grande valeur, du texte espagnol de La Force du sang.
Nouvelles, imitées de Cervantes et autres auteurs espagnols, par le citoyen C*** (C. Coste d'Arnobat). Paris, Gérard, an XI- 1802, 2 vol. in-12.
Extrait de l'Avant-propos :
« Mille détails de ces romans seraient aussi bizarres dans notre langue ; il faut donc leur substituer des équivalens, par lesquels les auteurs espagnols auraient eux-mêmes remplacé ces détails, aujourd'hui ridicules, s'ils avaient écrit dans notre siècle et en français. C'est la règle qu'on s'est prescrite en imitant dans cette traduction les nouvelles qu'on va lire, et en observant avec le plus grand soin de ne pas altérer la manière de chaque auteur. »
Le tome I (190 pp.) contient : Aurore. — Les Cousins amants. — V Amant libéral.
Le tome II (210 pp.) contient : V Amour constant. — La Bohémienne.
V Amant libéral et La Bohémienne font partie des Nouvelles exemplaires. Ce sont les deux nouvelles que Coste d'Arnobat avait déjà publiées anonymement dans la série
de Le Febvre de Villebrune, en 1775 et 1776. (Voir n° 12.)
Nouveaux mélanges de poésie et de littérature par Florian (ouvrage posthume publié par J.-B. Pujoulx). Paris, 1806, in-18.
Contient :
Dialogue entre deux chiens, nouvelle imitée de Michel Cervantes.
On lit au début de l'ouvrage :
L'auteur de don Quichotte a fait douze Nouvelles, qui toutes sont agréables, mais dont trois surtout méritent d'être distinguées par l'intérêt, l'originalité, la philosophie, que le peintre de Dorothée et de Sancho savait si bien répandre dans ses ouvrages. L'une de ces Nouvelles est La Force du sang, qu'on a déjà lue dans mes Mélanges, sous le titre de Lcocadie. Dans une autre, où l'auteur raconte qu'un homme, malade à l'hôpital de Valladolid, entendit pendant la nuit une conversation qu'avaient ensemble les deux chiens qui gardaient l'hôpital, Cervantes se sert de cette bizarre fiction pour faire une critique fine et philosophique des mœurs, des usages de son pays. Enfin, dans la Nouvelle qui porte le nom de Rinconet et Cortadilïe, il nous représente au naturel une espèce d'hommes fort commune de son temps en Espagne, et dont la police a purgé depuis les grandes villes : ce sont des vauriens, des filous, formant un corps, ayant des statuts, des règles, composant une société peu respectable, mais for gaie. Cervantes les a peints avec un comique, une vérité qui sans doute, ont servi de modèle pour la caverne de Gil Blas. Son excellent esprit n'a pas laissé échapper cette occasion d'attaquei par le ridicule, arme qu'il maniait si bien, les petites pratiques superstitieuses que ces fripons mêlaient à leurs désordres. Cervantes, né dans le xvie siècle, et en Espagne, était peut-être le seul alors qui sût que la superstition est la plus mortelle ennemie de la religion, et qu'on honore l'une en détruisant l'autre.
— i9 — Pour éviter des longueurs, des traits d'un goût qui n'est plus le nôtre, j'ai réuni au Dialogue des deux chiens la nouvelle de Rinconet et Cortadille, j'y ai joint encore V Histoire de Ruperte, épisode qui m'a paru piquant dans le roman de Persiles et Sigismonde, le dernier ouvrage du même auteur ; enfin j'ai abrégé, supprimé beaucoup de choses, ajouté même quelquefois, mais tout ce qu'on trouvera de bon appartient à Cervantes, et si l'ouvrage ne plaît point, la faute en est sûrement à moi seul.
Nouvelles de Michel Cervantes, précédées de mémoires sur la vie de cet auteur. Traduction nouvelle. Paris, Le Normant, 1809, 4 vol. in- 18.
Le traducteur est Claude-Bernard Petitot.
Nous n'avons pu nous procurer un exemplaire de cette traduction ; nous ignorons, par conséquent, quelles nouvelles y figurent.
Nouvelles choisies de Cervantes. Traduction nouvelle. Paris, C.-L.-F. Panckoucke, 1825, in-32, 241 pp.
Ce volume fait partie de la collection : Traductions de tous les classiques. Le traducteur est H. Bouchon- Dubournial.
Les nouvelles traduites sont les trois suivantes : Le mariage frauduleux; Dialogue de deux chiens; Léoeadie (La Fuer\a de la saugré).
Les nouvelles de Miguel de Cervantes Saavedra, traduites et annotées par Louis Viardot.
Paris, J.-J. Dubochet et Cic, 1838, 2 vol. in-8, 386 et 373 PP-
Contient :
Vol. i. Préface du traducteur; Prologue au lecteur; Cornélia; Rinconète et Cortadillo ; V Amant généreux; La Bohémienne de Madrid; Les deux jeunes filles ; La Tante supposée.
Vol. 2. Le jaloux Estremadurien ; L'Espagnole-anglaise ; V illustre Servante; La Force du sang; Le Mariage trompeur; Le Dialogue des deux chiens Scipion et Bergan\a; Pamphlet littéraire. (Sous ce dernier titre, Viardot donne une traduction de La adjunta al Parnasoï)
La Bohémienne de Madrid. Traduction de Louis Viardot. Paris, Hachette et Cie, 1853, in- 16.
Costan\a ou Villustre servante. Traduction de Louis Viardot. Paris, Hachette et Cie, 1853, in-16.
Les Nouvelles de Miguel de Cervantes Saavedra, traduites et annotées par Louis Viardot. Nouvelle édition. Paris, L. Hachette et Cie, 1858, in-18 jésus, IV et 482 pp.
Contient les mêmes nouvelles que l'édition de 1838 (n° 20) moins La Tante supposée; contient en outre, sous le titre de Le Petit-fils de Sancho Pan\a, une adaptation du Licencié Vidriera.
Voyage à travers Mes Livres. Lectures pour tous, recueillies et publiées par M. Ch. Romey. Avec quatre gravures. Paris, Morizot, 1862, in-12, viij et 424 pp.
Contient, de la page 38 à la page 71, Le licencié Vidriera, nouvelle traduite, pour la première fois, de Michel de Cervantes.
Les Nouvelles de Miguel de Cervantes Saavedra, traduites et annotées par Louis Viardot. Nouvelle édition.
Paris, Hachette et Cie, 1875, in-18 Jésus, IV et 482 pp.
Cette édition est identiquement la même que celle de 1858 (n° 23); la date seule du titre est changée.
De Cervantes, Rinconète et Cortadillo. Nouvelle. 67 compositions par H. Atalaya. Traduction et notes de Louis Viardot.
Librairie artistique H. Launette et Cie, G. Boudet. Paris, 1891, in-40.
TABLEAU INDIQUANT QUELLES NOUVELLES ONT ÉTÉ TRADUITES DANS LES DIVERSES ÉDITIONS DES TRADUCTIONS FRANÇAISES
1618. Paris.
vider. . . .
cfc .Rara/ <;/ d'Audi- Paris. d<? .Row/ étf
1620-1621 à> Audiguier
1633. Paris, de Rosset et d'Aud puier
1640. Paris, de Rosset et d'Audiguier
1665. Paris, de Rosset et d? Audiguier
1678. Paris. (Cotolendi.) . . .
17O). Amsterdam. Anonyme 1707. Paris. (Hessein.)
1723. Rouen, Paris. Anonyme. . ,
17 ? ? ? Anonyme . . ,
173 1. Amsterdam. Anonyme . . . ,
1759. Lausanne. Chassonville. . . .
1768. Amsterdam, Leipzig. (Chas sonville.)
1775^-1778. Paris. (Coste) et de Villebrune
1787. Paris. Florian ,
1802. Paris. (Coste.)
1806. Paris. Florian
1809. Paris. (Petitot.)
1825. Paris. (Bouchon -Dubourniai.)
1838. Paris. Viardot
1853 Paris. Viardot
1853. Paris. Viardot
1858. Paris. Viardot
1862. Paris. Romey
1875. Paris. Viardot
1891 . Paris. Viardot
1892. Paris. Foulché-Delbosc
TABLEAU INDIQUANT QUELLES NOUVELLES ONT TRADUITES LES DIVERS TRADUCTEURS
Les numéros entre parenthèses
renvoient
au tableau précédent.
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i 1618. de Rosset (1. 2. i. a. <Y
1618. d'Audiguier (1, 2, 3, 4, 5).
1678. Cotolendi (6)
1705 . Anonyme (7)
1707. Hessein (8)
1723. Anonyme (9)
1759. Chassonville (12, 13)
1775-1802. (Coste d'Arnobai) (14, 16)
1775-1778. Dé Villebrune (14)...
1787- 1806. Florian (15, 17) ... .
1809. (Petitot) (18)
1838-1858. Viardot (20, 21, 22, 23, 25, 26)
1862. Rotney (24)
1891. Foulché-Delbosc (27)
Nor n
cibre de traductions de chaque Duvelle :
Outre les éditions mentionnées ci-dessus , nous devons signaler les suivantes, indiquées dans divers recueils bibliographiques, mais dont aucun exemplaire ne se trouve dans les bibliothèques que nous avons pu mettre à
contribution; nous ne saurions donc garantir qu'elles aient existé :
Amsterdam et Paris, 1700; Amsterdam, 1709; Amsterdam, 171 3; Rouen et Paris, 171 3; Amsterdam, Claude Jordan, 1723 (ces trois éditions de 171 3 et de 1723 sont peut-être indiquées fautivement pour celle de Rouen et Paris, 1723, n° 9); La Haye, 1739 ou 1744 (cette édition serait la première de la traduction de Saint-Martin de Chassonville ?)