‹ Le Lichen plan Accident des Sels d'orChapitre 11 sur 13 · AAA · texte numérisé non relu

AAA

petites papules polygonales, nettement délimitées, brillantes à jour frisant...

L’histologie confirme le diagnostic clinique de lichen plan qui avait été porté. (Pautier. B. S. F. D., 1927, p. 545).

Buschke écrit dans les « Archives dermat. Gesells- Chaîft » du 3 Novembre 1928 : « Un homme de 41 ans fit au Cours d’un traitement arsénical une érythrodermie généralisée. Pendant la régression de cette érythrodermie, apparurent sur le dos, les flancs, les épaules, des foyers de lésions analogues au lichen plan verruqueux. Histologiquement, on trouvait un mélange de lésions de dermakite avec éosinophilie et de lichen plan. Ge lichen plan a guéri, en laissant une pigmentation noirâtre. »

D'autres auteurs ont rapporté des observations analogues :

M. Petges (Bulletin de la Société de Médecine et de Chirurgie de Bordeaux du 19 mars 1926).

MM. Montpellier, Lacroix et Boutin (B. $S. KF. D. 1922).

« J'ai pu observer, écrit M. Milian, le développement au cours du traitement par le 914, du « pityriasis rosé de uibert » er du Lichen plan, Ce dernier est quelquefois difficile ‘à reconnaître, car cette poussée de lichen plan, survenant au cours de l'administration de quantités importantes d’arsenic, est modifiée dans sa symptomatologie. IL est œdémateux, presque bulleux, Ia forte vaso-dilatation et l’exsudation séreuse provoquée par l'arsenic amenant un soulèvement de l'épiderme jusqu’à imminence de formation de bulles. Ces deux affections : pityriasis rosé et lichen plan sont des maladies idiopathiques dont la cause nous est encore inconnue, mais qui sont vraisemblable-

NA RS NM Re Te Î DEEE. 0 1 dr L

EX on

ment des maladies infectieuses comme le prouvent uhe sérié d'arguments cliniques... »

Comment s'expliquer l'apparition de ces éruptions de lichen plan — maladie non pas d'origine toxique, mais bien infectieuse ou parasitaire selon la théorie la plus vraisemblable et la plus généralement admise ? Comment concevoir ces éruptions typiques survenant au cours de traitements par l’arsenic comme au cours de ces traite. ments par l'or que nous rapportons ?

Apparition d'infection au cours de traitements médicamenteux : il nous paraît que c'est dans une conception « biotropique » des faits qu'il faille chercher l'explication de ces phénomènes.

Elle à déjà été envisagée, cette conception biotropique, à propos des éruptions post arsénicales de lichen plan. M. Milian disait à la réunion de Strasbourg du 14 Juin 1927 : « J'ai, je crois, été le premier à montrer des cas de lichen plan déclanchés par l'injection intra-veineuse de 606 ou de 914... Il va sans dire que l'explication biotropique me paraît la bonne... » |

C'est pourquoi nous avons tenu à rapprocher ces éruptions post arsénicales, des lichens plans qu'on pourrait appeler « post-auriques » et qui ressortissent, à notre avis, à la même pathogénie.

oh) fé lus ne" Sépasduir HÈU/ dn dt Créé ge lab dé) use dd ge

Notions sommaires sur le Biotropisme

Qu'est-ce donc que le biotropisme ?

C'est à M. Milian que nous devons cette découverte, riche d’aperçus théoriques et de conséquences thérapeutiques nouvelles. « Il existe, dit-il, des cas nombreux où l'introduction de substances chimiques dans l'organisme, au lieu de tuer les parasites, en activent la vita lité et la virulence. C'est là le biotropisme.. Au cours des diverses cures médicamenteuses (anti-goutteuses, antirhumatismales, anti-diphtériques ou de toute autre maladie), on voit survenir, fréquemment, des accidents variés, à l'occasion de l'administration du médicament spécifique de cette maladie, Or comme les accidents n’ont aucun rapport connu avec la maladie initiale et qu'ils surviennent à l’occasion de l'administration du médicsment, classiquement, on les dit toxiques ; en réalité, bien souvent, ils sont biotropiques, c'est-à-dire éveillent la virulence d'un microbisme latent de l'organisme... »

Et dans son livre « le Biotropisme », entre autres exemples nombreux, il rapporte l'observation suivante :

« Un sujet d'une quarantaine d'années à eu vers l'âge de vingt ans, des poussées de furonculose, ayant évolué pendant deux où trois ans. Sous l'influence de régimes, de tfaitements

cute

variés, peut-être même sous l'influence seule de la défense naturelle de l'organisme, la furonculose s’est éteinte et le patient a oublié cet antécédent pathologique, Or à l'occasion d'une syphilis ancienne ou récente, un traitement anti-syphilitique par la 914 est institué. Après la % injection, 5 ou 6 furoncles apparaissent, sur la peau, en des points variés. Une injection nouvelle de 914, faite quelques jours après, produit, à nouveau, une éruption d'autre furoncles et ainsi de suite, pendant cinq ou six injections... Mais à chaque injection nouvelle, l'importance de la poussée de furonculose diminue... ».

« C’est là, conclut M. Milian, un réveil indiscutable-

d’une affection staphylococcique, sous l'influence de l'injection intra-veineuse du médicament arsénobenzolique.

Ce fut le premier exemple évident et facilement démon-

trable du biotropisme qui me frappa. »

A Ja base du biotropisme, il y a, on le voit, la notion d’un microbisme latent de micro-organismes pathogènes -— d'infections latentes — infections qui peuvent passer inaperçues ; qui peuvent être la cause d’un grand nombre de malaises vagues mais qui resteront des malaises ; — où qui « couvent », selon l’expression vulgaire et vont éclore, en phénomènes aigus, au moindre choc, choc physique, choc toxinien, choc médicamenteux surtout.

M. Milian distingue des phénomènes de biotropisme direct, c'est-à-dire de réveil ou d’exaltation du microbe ou de l'agent infectieux combattu : exaltation du trépo-

nème, réactivation de la réaction de Wasserm:nn, dans

la syphilis, aû cours de traitements spécifiques à doses insuffisantes, etc., — les phénomènes de biotropisme indirect : réveil d'infections latentes n'ayant aucun rapport

Re

an til tt EEE + nat nel

avec la maladie traitée. Ce sont ces faits de biotropisme indirect que nous retiendrons surtout.

Des infections et des toxines peuvent réveiller d’autres infections : l’action tuberculisante de la rougeole est connue ; la syphilis peut déclancher des érythèmgs noueux »t des zonas. Nous insisterons sur l’action biotropique des agents médicamenteux :

Le mercure produit des stomatites où l'association fuso-spirillaire prédomine et joue le principal rôle pathogène. « Cela est tellement vrai, écrit M. Milian, que si l'on nettoie avec le plus grand soin la bouche, surtout avant et au cours d’un traitement mercuriel, jamais il ne se déclare de stomatite, Par contre, la moindre dent carriée, même à un léger degré, est le point de départ d’une stomatite. »

Le Bismuth déclanche des affections de la bouche du même ordre.

L'Iode et l’iodure de potassium qui produisent des phénomènes toxiques, vaso-dilatateurs, variés, produisent également des phénomènes biotropiques comme l’acné dite iodique, dans laquelle pullulent les staphylocoques.

M. Milian a étudié, avec beaucoup de détails et une grande précision, les accidents des arsénobenzènes, et plus spécialement les érythèmes. Il y a des érythèmes toxiques et des érythèmes biotropiques. Les premiers qu'il a appelés des « érythrodermies vésiculo-ædémateuses », se présentent sous la forme d’érythèmes généralisés avec -ædème des membres, des paupières, avec des vésicules capables de suinter comme l’eczéma. Erythèmes toxiques

de fin de cure, ils apparaissent toujours « après une période plus ou moins longue d’imprégnation de l'organisme par le médieament et cela d'une manière extraordinairement variable suivant la prédisposition du sujet ».

Les érythèmes biotropiques, M. Milian les a appelés les « érythèmes du 9° jour ». Ils apparaissent autour du % jour qui suit l'injection de 914. Ils montrent une véritable incubation fixe comme des fièvres éruptives. Ils se manifestent au début du traitement, avant l'imprégnation de l'organisme par l’arsenic. Ils débutent le plus souvent par une angine ; s'accompagnent de phénomènes généraux infectieux, avec adénopathies de même nature et donnent naissance: à de véritables épidémies. Erythèmes rubéoliformes ou scarlatiniformes, « dont l'apparition est fonetion du temps et non pas de la dose du médicament », — ce sont de véritables rougeoles et de véritables scarlatines, réveillées par l'agent chimique.

Des cas d’angine, d’érythème polymorphe, de rhumatisme ont également été observés au cours au traitement par le 914. L'apparition d’une fièvre typhoïde a été signalée. Nous résumons cette intéressante observation :

« La nommée Henriette B.…., âgée de 18 ans, entre dans mon service, écrit M. Milian, le 16 septembre 1919 Elle présente des plaques muqueuses de la vulve.… du pilier antérieur gauche et des commissures labiales. I1 y à de la roséole et des syphilides papulo-ulcéreuses du sein gauche... les viscères sont normaux... aucun trouble digestif.

Henriette B.…. est mise au traitement anti-syphilitique, le 17 septembre, par des injections de cyanure quotidiennes, lesquelles sont remplacées, le 20, par des injections intra-veineuses

P- L'E £ ” da tés dr Ré ur Mis je pi à Sd ND de nds tt

sn SA de Éoteant

Page 1