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isolées ou confluant en nappe, d’un blanc bieuté, portelaine, plus mates que les leucoplasies syphilitiques et non parquetées ; minces, elles sont hérissées de papilles linguales ; épaisses, elles sont lisses, En vieillissant, l’enduié blanc s’atténue et peut laisser voir un réseau blanc arborescent. »
Evolution. — Le lichen plan évolue habituellemené d'une façon torpide. L'éruption qui apparait insidieusement peut persister des mois et parfois des années.
On a décrit un « lichen plan aigu ». L'éruption se généralise en quelques jours. Les papules rouges extrêmement nombreuses recouvrent le tronc, les membres, le corps tout entier. Elles peuvent confluer en grands placards rouges squameux, On observe exceptionnellement quelques bulles (« lichen plan pemphigoïde »). Cette éruption aigue peut s'accompagner de phénomènes généraux. Elle devient parfois rouge sombre avec une desquamation abondante. Sous l'influence du grattage, elle peut se compliquer d’une « lichénisation rouge diffuse qui, par sa généralisation, fait craindre une « dermite exfoliatrice »
-ou un « mycosis fongoide », mais dont la guérison plus ou
moins rapide dément ce sombre pronostic » (Prof. Gougenot).
Anathomie pathologique, —- La papule de lichen plan a une structure caractéristique : C’est une papule épidermo-dermique. Le corps muqueux de Malpighi est hypertrophié (acanthose), La couche granuleuse est épaissie par endroits (granulose). — L'inégale répartition de la Kératohyaline forme les stries blanches pathognomoniques. La
couche cornée est épaissie avec des cellules sans noyaux (kératose). On ne constate presque jamais de parakératose. Les papules sont élargies en coupoles. Un infiltrat formé surtout de petites cellules rondes occupe le corps papillaire. La limite inférieure de cet infiltrat exrêmement nette est caractéristique du lichen plan.
Dans le lichen plan des muqueuses, M. Darier a trouvé des lésions analogues. A son avis, c’est la kératohyaline néoformée en abondence qui donne lieu aux taches et aux réseaux blancs.
Diagnostic. — On devra distinguer le lichen plan, de certains « eczémas prurigineux des enfants » qui s'accompagnent de petites papules brillantes mais éphémères ; du « prurigo circonscrit », aux papules hémisphériques et non planes, moins brillantes et dépourvues de stries blanches (Darier).
Les « syphilides papuleuses » et les leucoplasies syphitiques avec lesquelles on a surtout tendance à le confondre, ont leur aspect particulier. Les papules syphilitiques sont de petites élevures parfaitement rondes, saillantes, en pastilles, résistantes, le plus souvent jambonnées ; les leucoplasies simples ont leur surface lisse ou finement parquetée ; l'épaississement de la muqueuse et de son enduit corné peut au contraire devenir considérable et former les leucoplasies hyperkératosiques ou rocheuses. De plus l’anatomie pathologique et l’examen du sang permettront facilement le diagnostic.
Etiologie et nature,
Le Lichen plan est une maladie
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de l’âge adulte. Il apparaît surtout entre vingt et quarente ans.
On n’a encore émis que des hypothèses sur sa nature.
On a soutenu « que l'affection reposait sur une diathèse hyperkératosique, avec vitalité intensifiée des cellules de l'épiderme destinées à la kératinisation ». (D' Kogoi. L'Etiologie du Lichen plan. Bulletin de la Société française de Dermatologie, 1927. Réunion Strasbourg du 14 juin 1927). Cette « théorie diathésique » n’est plus guère défendue aujourd'hui.
On a vu le lichen plan apparaître après des chocs émotifs, de grands traumatismes psychiques, et l’on a conclu qu'il serait la manifestation cutanée d’un trouble nerveux ; mais, ainsi que l’a remarqué M. Darier, il n’est pas apparu avec plus de fréquence pendant les années de guerre.
On a décrit le lichen plan comme une réaction cutanée toxinienne reflétant des troubles intestinaux et humoraux que l’on n’a pas pu caractériser.
Le plus grand nombre de dermatologistes tiennent pour la plus probable la théorie infectieuse ou parasitaire du lichen plan. M. Brocq a observé une jeune femme chez - laquelle des plaques de lichen plan se sont développées pendant qu'elle soignait son mari atteint de cette affecton depuis plusieurs mois. Chez une mère qui soignait sa fille, atteinte d’un lichen plan, nous avons vu, dit-il, survenir, au bout de quelque temps, aux poignets, des éléments typiques de cette affection (Brocq, « La Pratique Dermatologique », Art. Lichen plan, p. 830). — On a
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signalé d'autres cas familiaux de même genre où la notion d’une contamination de personne à personne paraît s'imposer.
Traitement, — Nous ne ferons que signaler ici les dif. férents procédés thérapeutiques employés. « De out temps, écrit M. Darier, on a eu l'impression que le traitement général devait prendre le pas sur les topiques ».
La médication arsénicale, l'hydrothérapie, l'élecérothérapie, les rayons X, la ponction lombaire, la méthode désensibilisatrice, l’opothérapie ont été employés avec un régime alimentaire et une hygiène générale appropriée.
La lésion locale est traitée soit prudemment par les réducteurs, soit par les anti-purigineux.
Éruptions de Lichen plan au cours des traitements par l'or