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nous ne les donnerons qu'à titre de simple documentation.
Le Professeur Corvisa de Madrid a rapporté, au Congrès de Bruxelles de 1926, le cas suivant : « Nous avons observé, dit-il, chez un malade, de l'érythrodermie sanocrysinique. Il s’agit d’un cas de lupus érythémateux de type herpès crétacé, favorablement modifié par les premières injections d'or. Après 8 injections (6 gr. 60 en tout de sanocrysine), apparait une éruption de petites lésions papuleuses prurigineuses, à la figure et au cou, avec œdè. me de la peau et lésions très marquées de « stomatite ulcéreuse » de la muqueuse des lèvres. Après quelques jours, commente un état érythrodermique aigu avec des zônes exsudatives dans les plis et desquamation abondante à grandes plaques... »
Au même Congrès, le Professeur Corvisa signalait encore, au cours du traitement des tuberculoses cutanées par la sanocrysine, trois autres cas de « stomatite » dont un très léger et fugace et les autres intenses de type ulcéreux, prédominant aux muqueuses ef aux lèvres.
Dans les « Archives of Dermatology and syphilis » oc-
tober 1928, p. 529, le Dr Chargrin écrit :
« Au sujet d'éruptions consécutives au traitement par les préparations d’or, j'ai observé le cas suivant : un malade vint me consulter pour une éruption de la bouche. Je découvris qu’il était alors en traitement ailleurs, pour psoriasis. Il avait reçu une vingtaine d'injections de sels d’or, à raison de 2 injections par semaine. L’éruption de la bouche était érythémateuse avec vésicules et plaques
squameuses sur la muqueuse. Le médicament fut supprimé et en 6 semaines l’éruption disparut. »
Faut-il voir des phénomènes toxiques dans ces accidents cutanés et buccaux que nous venons de rapporter — accidents ‘nsuffisamment précisés d’ailleurs et dont le diagnostic reste incertain ? Ces stomatites ne seraient elles pas plutôt des infections fuso-spirillaires réveillées et exaltées par le traitement aurique ? — Autant de queslions, intéressantes, certes, mais que nous n’avons pas à traiter 1c1.
Nous nous en tiendrons aux éruptions nettement €caractérisées de lichen plan. Nous les rapprocherons de ces mêmes éruptions, au cours des traitements par les novarsénobenzènes. Et ce rapprochement éclairera un peu leur pathogénie, encore obscure — comme la nature du lichen plan elle même.
Eruptions de Lichen plan au cours des traitements par les Novarsenobenzenes
On à rapporté quelques cas de lichens plans apparus au cours de traitements par l’acétate de Thallium. Mais ee sont surtout les éruptions post arsenicales de cette dermatose qui ont été signalées et étudiées.
MM. Jeanselme et Burnier ont cité, en 197, dans le « Bulletin de la Société Française de Dermatologie », trois cas de lichen plan que nous rapporterons :
OBSERVATION 1. — « M. M.., 27 ans, atteint de syphilis secondaire, reçoit une première série de 10 injections de novarsénobenzol, du 1% Décembre 1926 au 24 Juin 1927. Après un repos d’un mwis, il recommence une nouvelle série, Après la 5° injection, il s'aperçoit d’une éruption légère localisée aux avantbras ; il continue son traitement sans avertir le médecin et c’est seulement le 29 mars, à la fin de la série, que l’on constate une éruption papuleuse discrète des avant-bras, non prurigineuse, ayant les caractères du lichen plan Des éléments typiques existent à la face interne des joues et sur la langue. Il est à signaler qu'une nouvelle série de novarsénobenzol fit disparaître ce lichen
plan. »
OBSERVATION II. — « M. C.., 32 ans, atteint de chancre syphilitique, en Avril 197, reçut une première série de 10 injections de novarsénobenzol (0,15 à 0,90) terminée le 14 Juin. Après un
mu
mois de repos, il recommença une nouvelle série. Après la # piqûre (0,45), le malade s'aperçut de la présence d’une éruption sur le thorax et l'abdomen, mais sans prurit Il ne signale pas le fait et continue sa série.
Le 12 Septembre, après la 7% injection (0,75), l'éruption augmente d'intensité ; le malade se décide à demander conseil et l'on constate une éruption papuleuse, lichenoïde, légèrement squameuse, non prurigineuse et occupant le thorax, l'abdomen, le cou, les membres supérieurs, les cuisses, Il existe deux éléments blanchâtres à la face interne de la joue gauche. La biopsie montre des lésions typiques de lichen plan.
OBSERVATION III — Mme V.., 45 ans. Ancienne syphilitique, sans accidents, mais avec un Wassermann positif, voit apparaître au cours d’un traitement novarsénobenzolique, une plaque blanche sur la langue, ainsi que des lésions blanchâtres réticulées, sur la face interne des deux joues, depuis la comimissure labiale jusqu'aux dernières molaires et ayant tous les caractères du lichen plan... » (B. S. F. D., p. 774).
M. Pautrier a signalé également, en 197, dans le Bulletin de la Société Française de Dermatologie, les observations suivantes :
OBSERVATION I. — « Mme P... Emilie, 43 ans, nous a été adressée, en Septembre 1926, par la Clinique oto-rhino-laryngologique, pour syphilis tertiaire du nez.
En septembre 19%6, la malade a reçu 10 injections de Quinby et puis de l’iodure de potassium. En février-mars 1927, deuxième cure de 10 injections de Quinby.
Au cours du mois de mai, la malade est mise au novarsénobenzol. Elle reçoit 4 grammes 35 de ce médicament.
Le jour où elle a reçu sa dernière piqure, en rentrant de l'hôpital chez elle, le 15 juin, elle ressent au niveau de la saignée
du bras gauche, là même où elle vient de recevoir son injection de 0,75 de novar, un prurit très violent et elle constate à ce niveau l'apparition d'une « plaque rouge ». Peu de temps après, les deux avant-bras, le cou et le faut du thorax présentent des phénomènes analogues : prurit violent, apparition de rougeurs.
Lorsque la malade revient se montrer à nous, le lendemain, elle présente une éruption érythémateuse quasi généralisée à tout le tégument et donne au premier abord l'aspect d'une érythrodermie généralisée,
Cependant, certains îlots de peau saine sont respectés, îlots curieusement distribués : c'est ainsi, par exemple, qu'autour de deux plaques érythémateuses losangiques occupant symétriquement la saignée des deux bras, on trouve une bande circulaire de tégument sain. Puis la rougeur couvre en nappe bras et avantbras.
Maïs en regardant de plus près ces deux plaques losangiques qui couvrent les plis de la saignée, on s'aperçoit que la rougeur n'y est pas uniforme, mais qu’elle est constituée par un véritable semis de papules extrêmement juxtaposées, mais encore individualisées. Chacune a une forme polygonale, un contour nettement arrêté, un aspect bombé, une surface brillante à jour frisant, bref tous les caractères de la papule la plus typique du Jichen plan. On ne peut dire : éruption lichénienne ; on ne peut parler que de « lichen plan ».
En examinant alors le reste des téguments, on s'aperçoit que, partout, le fond de rougeur est constitué par un semis de petites papules analogues ; extrêmement nombreuses, presque partout confluentes, offrant les caractères que nous venons de décrire. Les lésions sont particulièrement typiques sur les bras, les avantbras, les poignets et les mains, mais on les retrouve sur le tronc, le thorax, l'abdomen, les membres inférieurs.
La malade accuse, en même tamps, un certain malaise général et un état fébrile,
Un seul diagnostic clinique est possible : celui de « lichen plan aigu » généralisé, à forme érythrodermique — et nous incriminons aussitôt le novarsénobenzol comme en étant l'agent provocateur. Nous décidons la malade à entrer dans notre service, mais elle ne s'y présente que le vendredi 17, avec une température de 39°.
Les jours suivants, l'aspect de l'éruption se modifie profondément.. le devient d’un rouge plus intense ; les placards de peau saine ont disparu... l'érythrodermie est couverte sur les membres de petites vésicules qui se rompent facilement en donnant une gouttelette de sérosité... Pourtant, sur les mains et sur la face postérieure de la partie inférieure des avant-bras, on retrouve des éléments papuleux, plus volumineux, de la grosseur d’une lentille, rappelant les « plaques » du lichen plan, mais comme noyées dans la rougeur générale et l'œdème des téguments.. On a l'impression nette que la malade commence une érythrodermie exfoliante vésiculo-ædémateuse.
Les jours suivants, la malade a la face complètement œdématiée, suintante.. tout le corps n'est qu'une vaste nappe érythrodermique et suintante.. La température s'élève tous les soirs à 3995... Elle atteint 4004, le 27 juin. On note un œdème de tous les téguments, surtout marqué aux membres inférieurs. Brusquement, la 28 juin, la température tombe à 38°4.. le 4 juillet, elle n’est plus, le soir, que de 3702... les phénomènes cutanés s'amendent.….
Si le stade de début lichémien, ajoute le Dr Pautrier, qui à Auré 48 heures, avait passé inaperçu, on conclurait banalement à une érythrodermie novarsénicale, légèrement papuleuse au début, puis à type vésiculo-æœdémateux... Fort heureusement, mous avions fait, le jour de l'entrée de la: malade dans notre service, une biopsie au niveau de l'avant-bras... Or notre biopsie nous montre les lésions nettes et caractéristiques du lichen plan, légèrement modifiées, il est vrai, par l'association des lésions inflammatoires.. Donc lésions de lichen plan certaines, mais modifiées