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XII INTRODUCTION

l'existence permanente et l'évolution de la société humaine, mais encore il rend compte de la diversité des principales formes sociales. La théorie des régimes sociaux, déduite des modes de la possession de l'homme par l'homme, assigne en dernière analyse à chacune de ces formes un principe biologique et psychologique résidant dans l'un des facteurs du déterminisme subjectif. Chaque régime a son ressort, parce que chaque élément prépondérant du caractère détermine des actions ou des réactions toujours les mêmes chez tous les hommes de tous les temps et de tous les pays. « Chaque geste apparent de l'homme procède d'un ressort invisible : instinct, passion, pensée, choix délibéré, vouloir ; et c'est ainsi tout un ordre de causes internes antérieur au système des causes externes qui en fournit l'explication (1). » La distinction des régimes chez Sully Prudhomme rappelle manifestement la célèbre théorie de Montesquieu, dans V Esprit des Lois, sur les régimes pohtiques et leurs ressorts. Mais l'une de ces théories porte plus loin que l'autre, car, non seulement Montesquieu ne dépasse pas le domaine politique et juridique, mais encore il ne signale pas explicitement, comme le fait Sully Prudhomme, le fait primordial de la possession de l'homme par l'homme, fait qui explique la répercussion du déterminisme psychologique sur le déterminisme social. La méthode suivie par les deux penseurs est aussi la même : appliquer l'analyse aux données immédiates de l'expérience sociologique ou historique et en dégager peu à peu les lois profondes qui régissent les rapports de connexion ou de succession des événements.

(1) U Histoire et l'état social.

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