‹ Le Lien socialChapitre 24 sur 96 · LES PASSIONS · texte numérisé non relu

LES PASSIONS

Il y a autant d'espèces de possessions que de fonctions différentes, physiques ou morales, auxquelles ceuvent se rapporter les objets du monde extérieur. Chaque sens, chaque faculté, ayant son genre propre de satisfaction, a sa fin spéciale, et l'image de cette fin, impliquée dans le désir, constitue le mobile. Une passion, d'après l'étymologie même du mot, est une affection quelconque de la sensibilité, mais, pour conserver à ce mot son acception ordinaire, nous appellerons passion l'influence dominante exercée par le mobile d'une fonction sur la volonté.

Rarement toutes les fonctions, chez l'individu, s'accomplissent avec une égale énergie ; il est, en général, mieux doué pour certaines occupations que pour d'autres, et comme c'est l'œuvre où il excelle qu"il préfère, il a, comme on dit, ses dispositions, ses goûts, sa vocation, selon la prédominance de l'aptitude et du désir qui accompagne l'aptitude. Le rapport du mobile à la volonté, dans ce cas, n'est pas accidentel, il devient constant, l'habitude

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