OBJET DE LA POLITIQUE. J
tique, envisagée comme art, consiste et ne peut consister, d'après nos observations précédentes, qu'à fixer les moyens de conserver et de développer la vie de l'individu en société, ce qui n'est autre chose que sauvegarder sa liberté et, en dernière analyse, fonder la paix, car pacifier c'est affranchir.
L'objet immédiat, non pas le plus élevé mais le plus urgent de la politique, étant donnés des hommes forcément voisins, c'est donc en définitive de substituer à la compétition sanglante des intérêts un règlement qui permette une jouissance moins troublée des biens : pacifier la possession, ou, ce qui revient au même, la convertir en propriété, voilà le but assigné par la nécessité et par l'instinct à des individus rassemblés qui veulent coexister sans se battre, car c'est le moindre avantage que puisse leur procurer une institution. Les penchants et les principes qui décideront de l'adoption de telle ou telle forme d'État peuvent être et sont en effet très variables ; ce qu'il importe de constater pour le moment, c'est que les hommes tendent à posséder et désirent arriver à une possession sans trouble, et qu'ils ne font même la guerre que pour cela. Un conquérant veut bien accroître son territoire, mais il ne souhaite jamais d'avoir à faire la guerre pour la défense du sien, et dans tous les cas il a besoin d'établir entre ses compagnons un ordre qui les empêche de s' entr' égorger.
SuLLv I'rudhomme. — Lien social. \q
Or, l'institution de la propriété, soit indi\iduelle, soit collective, soulève les premiers problèmes sociaux, problèmes inévitables que tout régime politique doit résoudre par une organisation quelconque.