MR T
LES ad
Avant de passer à l'étude du fameux passage d'Ex. XX 245s., nous avons à examiner certaines GÉPORIQUE du livre de l’alliance te Soit par leur objet, soit par l’usage qu’on en a fait, se rattachent, d’une manière plus ou moins étroite, à la question de l’unité du sanctuaire.
Au chap. XXI v. 6, dans (3 loi qui règle la durée du service pour les esclaves hébreux, nous lisons que celui qui, après l'expiration du terme de six années de service, voudra par attachement rester auprès de son maître, lui sera définitivement adjugé moyennant la cérémonie suivante :.. « son maître l’amènera devant Ælohim, et il l’amènera devant la porte où devant le poteau (de la porte), et son maître lui percera l’oreille au moyen du poinçon et il le servira pour toujours. » Or le Deutéronome au ch. XV v. 17, parlant du même objet, ne fait plus mention de la comparution de l’esclave devant ÆElohim ; il y est dit simplement : « tu prendras le poinçon et tu lui en perceras l'oreille, devant la porte, et il sera ton serviteur pour toujours. » D’après Kuenen (1) la comparaison de la loi de l’Exode avec la loi deutéronomique montre que la centralisation du culte, supposée par celle-ci, était inconnue à celle-là. Le livre de l’alliance, en disant que lesclave doit être amené devant Ælohim, entend qu’il soit conduit au sanctuaire. Or des prescriptions de ce genre supposent des sanctuaires multiples. Le Deutéronome, en abolissant les sanctuaires provinciaux, a supprimé du coup les obligations qui s’y rattachaient.
La question rentre dans celle plus générale du sens à donner à l'expression £lohim dans certaines prescriptions du livre de l’alliance relatives à la citation devant les juges. Outre le ch. XXI v. 6, nous avons à considérer ici les vv. 7 et 8 du ch. XXII. L'opinion générale avait toujours été qu’en ces endroits. les juges eux-mêmes étaient appelés Elohim. En 1864 Graf entreprit de montrer, dans une dissertation consacrée à l’étude du problème (2), que cette opinion était
(1) Hist, crit. Ond. p. 164.
(2) Was bedeutet der Ausdruck : vor Gott na ens in den Gesetzen des Pentateuch Ex. 21, 6 ; 21, 7. 8. (Z. D. M. G. XVIII (1864) P. 309 ss..).