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sans fondement : aux endroits indiqués Ælohim est Dieu, comme partout ailleurs. L’esclave hébreu, ou les prévenus dont il est question XXII, 7, 8, sont conduits à Dieu, en ce sens qu'ils ont à se présenter au sanctuaire, où Dieu est censé habiter. C’est là, devant la porte du sanctuaire, que devait s’accomplir la formalité dé la perforation de l'oreille, pour l’esclave qui avait déclaré vouloir rester auprès de son maître. Les causes appelées devant Ælohim, d'après Ex. XXII 7, 8, sont celles qui n'étaient pas de la compétence du juge ordinaire et pour lesquelles on avait recours au prêtre qui prononçait la sentence moyennant la consultation de loracle. — A, Kuenen n’hésita pas à se rallier entièrement à cet avis (1). La conclusion que nous lui avons entendu tirer de la comparaison des loïs de l’Exode et du Déutéronome touchant les formalités à remplir pour l’asservissement définitif de l’esclave hébreu, il la déduisait déjà, à l’exemple de Graf (2), des passages indiqués de l’Exode considérés en eux-mêmes : « Ilest clair, disait-il,.. que les dispositions d'Ex. XXI 6, XXII 8, 9 étaient impossibles à observer dans la pratique, si à cet effet l’Israélite avait à se rendre au sanctuaire unique, soit à Silo, soit à Jérusalem. Des prescriptions de ce genre supposent que chacun avait un sanctuaire dans son voisinage immédiat, ou n'avait pas, du moins, à faire un trop long voyage pour y arriver. En d’autres termes la centralisation du culte, soit au tabernacle unique, soit au temple de Jérusalem, est inconnue à l’auteur du livre de l'alliance ». Wellhausen (3), Baudissin (4), Dillmann (5) adoptent eux aussi l'interprétation de Graf, sans la suivre toujours dans tous ses détails, comme nous le verrons en: particulier pour Dillmann. Reuss la suppose quand il écrit : « Les passages Ex. XXI, 6 ; XXII, 7. 8, impliquent également la pluralité des lieux où Dieu se met en communication avec les hommes, par l'intermédiaire des prêtres » (6). En somme, d’après l'opinion des savants que nous venons de citer, aller à E Din serait une expression équivalente à : aller au ancre ; Demandons-nous tout d’abord quelle est la valeur de l'argument que l’on appuie sur cette interprétation, pour prouver que « là centralisation du culte est inconnue à l’auteur du livre de l'alliance ». Graf et Kuenen étaient d'avis que les causes appelées au tribunal du sanctuaire, devaient être jugées par les prêtres moyennant la consul-