PARTIE, REVANCHE ET BELLE
d'une façon... cocasse, il ne manque jamais, ou de couper l'entretien, ou même d'aller trouver « Y pierrot », comme il l'appelle, et de lui offrir « de lui f... son sabre dans 1' ventre ».
Interruptions, regards et menaces n'ont pourtant pas empêché le lieutenant Bernard d'être au mieux avec la jeune femme, dont les yeux brillaient un soir d'un éclat plus vif encore qu'à l'ordinaire, à la suite d'une valse avec le jeune officier.
— Lieut'nant, a dit Ramollot, vous v'nez d'danser, j'm'en f...! v'n'êtes pas ici pour scier du bois, c't'évident ! s'ment j'vous préviens quec'n... deD... d'notaire est mon ami, et qusi vous l'faites cocu v's'aurez d'mes nouvelles, v's'en tendez bien c'que j'vous parle?
■— Certainement, mon colonel mais...
— Suffit, s'crongnieugnieu ! s'ment j'vous tiens à l'as, n'vous dis qu'ça.
Le colonel aurait pu faire expulser Bernard, il aurait pu lui défendre de venir aux réunions de Foutusrin, mais il avait son idée :
L'iieuf nant est bien tourné, jeune, tout ça, ceptible de la chose de... conversation... prolongée, et n'demand'rait pas mieux que d's'en torcher Fbec la p'tite n... de D... ! mais j 't'en f...j moi, des lieutenants! Ah! j 'suis trop vieux!... eh bien! j'te frai voir qu'il est trop jeune. Ah ! mais, c'est qu'on n'sef... pas d'ma fiole, s'crongnieugnieu !
Et le colonel ne manquait jamais d'amener Bernard avec lui, exprès pour embêter Herminie, disait-il, se promettant bien, grâce à ses menaces, de le lui faire passer devant le nez.
C'était un jeu dangereux, il le savait, mais il avait l'œil.
Une après-midi de cet hiver, le colonel était seul, quand Pinteau vint lui annoncer une visite.
— C'qui m'demande, n...deD...!
— Co... ma colonel, c'est un monsieur Foutu...