‹ Le lieutenant-colonel Picquart?Chapitre 12 sur 61 · II · texte numérisé non relu

II

dans les pays les plus autocratiques. (Très bien! très bien!)

En ce qui concerne le procès Esterhazj, que M. Goblet a représenté comme une concession faite à la famille Dreyfus, je demande encore à M. Goblet ce qu'il aurait fait à notre place.

M. René Goblet. — Je l'aurais refusé. (Interruptions.)

M. LK PRÉSIDENT DU CONSEIL. — Quoi ! uu citoyen accusait de trahison un officier de l'armée, et vous auriez refusé de saisir la justice! (Interruptions. Très bien! très bien! au centre.) On oublie qu'une plainte régulière avait été déposée, et j'attends que M. Goblet démontre que le Gouvernement avait le droit de ne pas y donner suite.

(( Vous prétendez, dit M. Goblet, que l'affaire Esterhazy n^est pas l'affaire Dreyfus, et cependant^ on y a parlé de Dreyfas tout le temps. »

Non, le procès Esterhazy n'était pas le procès Dreyfus. H s'agissait uniquement de savoir si la plainte de la famille Dreyfus contre un officier français était ou non fondée. L'affaire Esterhazy n'aurait pu toucher à l'afTaire Dreyfus que si M. Esterhazy avait été déclaré coupable, parce qu'on aurait pa alors invoquer la contrariété de deux décisions judiciaires. (Très bien! très bien! au centre.)

Nous avons manifesté envers la loi notre respect, auquel M. Goblet nous aurait rappelé si nous avions agi autrement; mais il a suffi que nous eussions pris une décision pour qu'on nous demandât d'en prendre une différente. (Très bien ! très bien !) M. Goblet, si nous avions fait ce qu'il demande, nous aurait reproché d'avoir violé la loi; il aurait peut-être demandé notre mise en accusation.

Nous avons fait notre devoir, sans aucune considération politique. (Très bien! très bien!)

Dans une affaire qui touche aux intérêts sacrés du pajs> nous n'avions pas à chercher sur quels bancs siégeaient ceui qui nous soutenaient. Nous n'avons eu à faire appel ni à 1& droite, ni à la gauche.

Quand nos collègues de droite nous ont soutenus, ils se sont placés sur un terrain dont ils avaient bien le droit d'écarter la politique. (Très bien! très bien!)

S'ils ont soutenu le Gouvernement, a déclaré M. de Lanjui-

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nais, ce n'est pas parce qu'ils sont d'accord avec lui, mais parce qu'ils préfèrent sa politique à la vôtre. (Applaudissements Toniques à l'extrême gauche.

On a le droit de préférer notre politique à la politique réyolutionnaire que yous voulez faire. (Applaudissements à gauche et u centre.)

Beaucoup d'entre vous acceptent le concours de partis voilÎDSy les radicaux acceptent le concours des socialistes; le concours de la droite est un concours qui ne nous a rien coûté, >arce que, pour l'obtenir, nous n'avons rien sacrifié ni rien îédé. (Bruit à V extrême gauche et sur divers bancs à gauche.)

Aujourd'hui, je discute une question qui touche aux intérêts supérieurs du pays. Le pays demande que tous ses représentants s'unissent pour mettre fin à une agitation que rien ne justifie et qui est contraire à la loi elle-même. Je fais appel à .eus ceux qui ont à cœur l'amour de la France et qui comprennent que, dans cette question, la France doit être placée lu-dessus de tout. (Vifs applaudissements au centre et sur un )rand nombre de bancs à gauche et à droite.)

y. — Intervention de MM. de Baudry d*Asson

et Ernest Roche.

M. Baudry d'Asson. — Vous avez entendu un des plus honorables représentants de la droite royaliste, M. de Lanjuinais, Vous parler avec sa franchise, avec son cœur. 11 a dit tout ce :iu'il pense de l'affaire Dreyfus. Je m'associe absolument à ses paroles. 11 y a bien quelques petites nuances (Sourires), mais elles sont si minimes que je n'ai pas besoin d'en parler.

M. le président du conseil a prononcé, dans la séance de samedi dernier, aux applaudissements de la majorité de cette assemblée, les paroles suivantes : « Le jugement du conseil de guerre se suffit à lui-même. Il est la justice légale. Personne n'a le droit de le discuter. Nous condamnons la campagne qui est menée depuis deux mois. Ceux qui la mènent dans la presse et ailleurs ont pris devant leur conscience et devant le pays une lourde responsabilité. On n'a pas le droit d^ dé.^Vi^V^^'^

des troubles comme ceux que nous avons tant de peine à maîtriser.

Après avoir tenu ce langage élevé, ce même gouvernement a déclaré, dans la même séance, qu'il ne pouvait pas empêcher les menées révolutionnaires par lesquelles on veut peser 8ur l'espi it public pour arracher la revision du procès Dreyfus.

En présence de cet illogisme et de cette inconséquence je ne puis voter pour le Gouvernement. (Mouvements divers,}

Je parle seulement des déclarations d'impuissance, car j'approuve toute l'autre partie du discours du ministre.

Je ne voterai donc pas pour le Gouvernement actuel. Pour moi, je ne fais aucune dififèrence entre un ministère opportuniste et un ministère radical. (Exclamations sur divers bancs,]

(Voix nombreuses.) La clôture.

M. Ernkst Boche. — Je demande la parole contre la clôtare.

M. LE PRÉSIDENT. — Vous avcz la parole.

M. Ernest Roche. — Je ferai une simple observation à ceux de nos collègues qui demandent la clôture. Ne vous semble-t-il pas que, pour l'honneur du pays, pourThonneur du Parlement, ce débat devrait être le dernier sur cette lamentable affaire? (Très bien ! très bien !)

Alors, il ne faut pas le clore d'une façon précipitée. (Mouvements divers,)

M. le PRÉsmENT. — On n'insiste pas pour la clôture. [Si! sH — Non! non!)

Puisqu'on insiste, je mets la clôture aux voix.

M. le président. — L'épreuve est douteuse ; en conséquence, la discussion continue.

M. Ernest Roche. — 11 me parait que les explications du Gouvernement, à cause de leur ambiguïté, sont de nature & faire rouvrir ce débat, qui devrait être définitivement clos. El je lui dis : alors que du côté de M. Jaurès, comme de celui de M. Cavaignac, on vous demande de donner lecture d'un document dont vous n'avez fait connaître qu'un commentaire, vous refusez cette satisfaction.

Vous voulez donc que cette cette agitation continue? Vous ne voyez donc pas ce qui se trame au dehors et que vous vous rendez complice du syndicat? {Interruptions,)

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.E PRÉSIDENT DU coNSKii.. — Qu'cst-ce que vous dites? Irnhst Roche. — - Vous ne voyez pas que tout le monde

de cette agitation, que les capitaux se retirent, que le ge augmente et que la misère est le résultat de votre ue d'effacement ? {Mouvements divers,) i nous dites que vous ne voulez pas revenir sur la chose Mais vous ne faites que cela depuis deux mois. N'y ôtesis revenus en faisant le procès Ësterbazy, sur la dénon-

d*un simple citoyen?

uand ce sont les représentants du pays, au nom des sens les plus respectables, qui vous demandent non pas la n, mais la lecture d'un document que vous pouvez publier anger, vous reculez parce que vous avez un pied dans i des deux camps opposés. {Très bien ! très bien! à lexlanche.)

\ voulez ménagera la fois la clientèle des réactionnaires 5 des capitalistes. {Très bien! très bien! sur les mêmes

oyez- vous pas que, par votre silence^ vous êtes les comle ceux qui font cette agitation?

isque cette lecture ne ferait pas disparaître cette agitaar elle a des ramiûcatlons au-delà de nos frontières ; je le que des honnêtes Français, des républicains qui att de vous une parole de franchise.

1 prononçant, vous les convaincriez que la France n'a tache à effacer, de souillure & laver. Quand vous auriez L au pays, vous auriez fait cesser les doutes et ramené la ice, et avec elle le travail, qui donnerait aux ouvriers le lie vous leur faites payer si cher. {Très bieni très bien! éme gauche.)

vous ne démordrez pas de votre politique de silence et oquC) et je vous place dans la même catégorie que ceux retiennent cette agitation malfaisante. (Interruptions.) tes coupables au même titre que ceux qui mènent la ?ne. {Nouvelles interruptions,)

K PRÉSIDENT. Vous ue pouvcz pas assimiler le Gouvert à ceux qui mènent Id campagne au dehors.

Irnest Roche. — Je ne parle pas du dehors, je parle de

ceux qui, au dedans, entretiennent cette agitation criminelle quiy je le répète, est également entretenue par la complicité '\ du GouYernement. [Inierrwptions . ) :)

M. LK PRÉSIDENT. — G'cst précisément ce que vous ne pouvez pas dire. Je vous rappelle formellement à Tordre. (ATpplaudissements.)

M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — Vous saYez bicu qoB ce n'est pas exact. Dites-nous donc ce que nous pourrions faire pour arrêter Tagitation.

M. Eknest Roche. — Par exemple, donner lecture du document en question. {Mouvements divers.)

Le Gouvernement laisse volontairement dans le doute la France, qui attend une réponse catégorique.

Le danger qui résulte de cette agitation, c'est Taffaiblissement du pays.

Tout en étant socialistes rèYolutionnaires, tout en reconnaissant que la science et les arts n'ont pas de frontières, nous ne pouYons pas oublier que nous ne sommes pas maîtres de la situation, que les peuples sont enchaînés, et que les potentats, par haine de la France et de la République, ne demandent que notre affaiblissement matériel et moral. [Très bien! très bien! à V extrême gauche.)

Nous allons à cet affaiblissement par la politique que yous suiYez, nous allons à cette agitation qui ruine les affaires et crée un malaise général dans le pays.

Peu nous importent les luttes de sectes : nous ne nous associons pas aux riYalitès religieuses. La question est plus graYCi plus haute. Il s'agit de la prospérité, de la sécurité^ de Thonneur du pays. Yous n'aYez pas hésité à rouYrir le procès Dreyfus. {Interruptions au centre,)

M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. -» Gommcut pouYCZ-vous dirc que c'est nous qui aYons rouYert ce procès?

M. Ernest Roche. — En faisant le procès Esterhazy, sur la demande d'un simple particulier.

On réclame de vous une parole courageuse, après laquelle il n'y aura plus à revenir sur cette affaire, ou la lecture du document qui fait l'objet de cette interpellation. En donnant cette satisfaction, non à une indiYidualité, mais aux repré-

(entants du pays, à la Chambre, à la nation, vous calmerez 'agitation. Si vous ne le faites pas, on pourra vous taxer de o mplicité avec ceux qui entretiennent cette agitation. (Applaulissements à V extrême gauche. — Bmit au centre,)

Voix nombreuses. — La clôture 1

La clôture de la discussion générale est mise aux voix et prononcée.

y/. — Les Ordres du jour.

M. LE PRÉSIDENT. — Je dounc connaissance à la Chambre Jes six ordres du jour que j'ai reçus.

Le premier, de MM. Néron-Bancel et Vacher : a La Chambre, approuvant les déclarations du Gouvernement, passe à Tordre lu jour. »

La priorité a été demandée dans Tordre des dépôts. Le second de MM. de Lanjuinais, de Rohan et plusieurs de los collègues :

« La Chambre invite le Gouvernement à assurer le respect de la chose jugée, à réprimer sans hésitation toutes les attaques dirigées contre Tarmée et l'excitation & l'indiscipline, [uels qu'en soient les auteurs. »

Le troisième, de M. Goblet : « La Chambre, réprouvant 'attitude équivoque du ministère en face de la campagne entreprise en faveur du condamné Dreyfus, passe à Tordre du our. 9

Le quatrième, de MM. Chiche, Michelin et plusieurs de nos :ollègues : c< La Chambre, réprouvant les criminelles ma- Qœuvres du syndicat Dreyfus, invite le Gouvernement à les éprimer avec énergie. »

Le cinquième, de M. Jaurès :

« La Chambre, convaincue que le pays a droit à la pleine umière, et que la République doit combattre à la fois le capialisme chrétien et juif et la réaction militaire et cléricale, lasse à Tordre du jour. »

Le sixième, de M. de Baudry d'Âsson :

« La Chambre, considérant le que Gouvernement s'est léclaré impuissante couper court à. un ^ean^oX^ o^ws^^X ^^

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péril la paix publique et la sécurité de TËtat^ passe à Tordre du jour. »

M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — Lc Gouvemement accepte l'ordre du jour de MM. Néron-BaDcel et Vacher, et demande la priorité pour cet ordre du jour.

M. LE PRÉSIDENT. — La parolc est à M. Goblet contre cette priorité.

M. René Goblet. — Je demande à combattre la priorité acceptée par le GouYernement pour cet ordre du jour et k répliquer brièvement à la réponse très peisonnelle que m'afdite tout à l'heure M. le président du conseil.

M. le président du conseil a paru s'étonner de la procédure que j'avais indiquée et qui consistait, de la part du Gouvernement, à se former une opinion personnelle sur la condamnation de Dreyfus.

Je me demande alors ce qu'ont youIu dire les paroles apportées à diverses reprises à cette tribune par M. le président da conseil lui-même et par M. le ministre de la guerre. Ils tous ont dit que Dreyfus avait été justement condamné; l'ont-ils dit sans s'être informés, sans avoir consulté le dossier?

Ce que je reproche au Gouvernement, c'est de ne pas l'avoir dit avec assez de fermeté pour se faire entendre de l'opinion, c'est surtout de s'être mis en contradiction avec lui-même.

Si le Gouvernement était certain de la régularité de la condamnation de Dreyfus, s'il se re tranchait fermement derrière l'autorité de la chose jugée, pourquoi a-t-il autorisé le procès Esterhazy? (Très bien! très bien! sur divers bancs à gauche. — Interruptions >ur d'autres bancs à gauche et au centre,)

Le Gouvernement a déclaré que, du moment où une plainte était déposée, il ne pouvait pas se dispenser de suivre ; mais M. le président du conseil sait aussi bien que moi qu'il ne suffit pas qu'un citoyen saisisse d'une plainte le ministère public pour qu'il soit obligé d*y donner suite.

Le Gouvernement connaissait l'inanité de cette plainte par l'enquête faite, il y a plus d'un an, au ministère de la guerre ; il Ta connue également par l'enquête officieuse du général de Pellieux et par l'enquête régulière du commandant Ravary.

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Pourquoi alors a-t-il poursui?! deyant le conseil de guerre? Jadis que le Gouvernement avait parfaitement le droit, qu'il avait le devoir de ne pas donner suite à la plainte contre le commandant Esterhazj. En y donnant suite, il a fait une sorte de re vision déguisée.

Avant le procès Esterbazj, le Gouvernement disait : « Il n'y a pas d'affaire Dreyfus. » Et, après le procès Esterhazj, il nous iisait avanl-hier qu'il n'y avait plus d'affaire Dreyfus. Donc, :'est bien la révision qu'on a voulu faire par le procès Esterlazy. Je ne prolongerai pas ce débat.

Les arguties et les subtilités de procédure comme celles qui mt élé employées peuvent tromper la majorité, elles peuvent Dême tromper M. de Laojuinais, elles ne tromperont pas le ►ays. (Applaudissements à l'extrême gauche et sur divers bancs gauche.)

M. LB PRÉSIDENT. — Jc dois prévenir la Cbambre que I. Gendre demande à ajouter à Tordre du jour de M. Nérontancel les mots suivants : « Et regrettant qu'elles soient tarives. » (Exclamations au centre et à droite.) M Lavbrtujon. — Nous demandons la division.

M. LE PRÉsiDHNT. ^ Jc mcts aux voix la priorité demandée our l'ordre du jour de M. Néron-Bancel.

A la majorité de 375 voix contre 171, sur 546 votants, la hambre accorde la priorité à l'ordre du jour de M. Néronancel. {Applaudissements au centre, adroite et sur divers bancs gauche.)

M. LRPRÉsmKNT. -— M. Marccl Habert a la parole sur le fond. M. Marcel Habert. — Mes amis et moi nous avons Tintenion de voter l'ordre du jour approuvant les déclarations du ouvernement, mais nous désirons expliquer sous quelles réirves nous mettrons nos bulletins dans l'urne. Je me suis abstenu jusqu'ici dMntervenir dans ce douloureux ébat, alors surtout quUl prenait un caractère de combat contre i ministère.

J'ai été ému comme tout le pays par cette triste campagne, lais je ne puis pas dire que j'ai trouvé dans les déclarations Dtérieures du Gouvernement tout ce que j'étais en droit d'en Itendre.

La Chambre se rappelle qu'il a fallu un jour l'interyentioD violente de M. de Man pour amener M. le ministre de la guerre à s'expliquer sur d'indignes attaques. Avant-hier encore, il a fallu l'intervention énergique de M. Gavaignac pour obtenir de M. le président du Conseil les déclarations que Ton nous propose d'approuver.

Ces déclarations nous semblent satisfaisantes. M. le président du conseil a reconnu l'existence de la pièce, il a promis de faire cesser l'odieuse campagne menée contre les conseils de guerre . Nous approuvons ces déclarations, mais nous demandons que dorénavant il mette ses actes d'accord avec ses déclarations. (Très bien! très bien! sur divers bancs à gauche.)

M. LE PRÉSIDENT. — Jc mcts aux voix Tordre du jour de M. Néron- Bancel :

(( La Chambre, approuvant les déclarations du Gouvernenement, passe à l'ordre du jour. »

A la majorité de 376 voix contre 133, sur 509 votants, cet ordre du jour est adopté.

M. LE PRÉSIDENT. — Js vais cousultcr la Chambre sur l'addition proposée par M. Gendre.

M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — Lo Gouvememcnt la repousse : elle n*est qu'un blâme à son adresse.

M. Raymond Gendre. — Je regrette que les déclarations apportées par le Gouvernement aient été tardives ; il a affirmé que la pièce du commandant Lebrun-Renaud, contenant les aveux de Dreyfus, existait. Ma conscience a été satisfaite.

Je regrette seulement qu'il n'ait pas apporté cette affir mation plus tôt ; le scandale actuel ne se serait pas produit.

Tel est le sens de ma disposition additionnelle ; je m'en rapporte à la sagesse de la Chambre. (Applaudissements.)

La disposition additionnelle est mise aux voix.

A la majorité de 303 voix contre i40, sur 443 volants, elle n'est pas adoptée.

VIL — Interpellation de M. de Beauregard.

M. LE président. — La Chambre entend-elle discuter immédiatement i 'interpellation de M. de Be^xxxe^^.t^'^

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M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — Je oLeoiaDds à la Chambre de iscater séance tenante cette interpellation ; il importe que ce ébat ne soit pas renouvelé éternellement. {Très bien! très ien !)

La discussion immédiate est ordonnée.

M. DE Bbaukegard. — J'ai déposé mon interpellation pour ^pondre au sentiment de Topinion publique, lasse des maœuyres du syndicat Dreyfus, et pour déférer au désir des lecteurs de ma circonscription, qui a eu le triste privilège 'être envahie par les pamphlets du syndicat.

L'organisation du syndicat est formidable ; son audace croit D raison de l'inertie du Gouvernement.

Ou le Gouvernement aies pouvoirs nécessaires pour réprimer es manœuvres contre la sûreté de TEtat : et alors, qu'attend-

poar en user? Ou il ne les a pas : et qu'attend-il pour demander une loi nouvelle qui rende confiance à l'armée?

Mais il D6 faut pas d'arme à double tranchant : la presse a 3ujours fait soa devoir; presque tout entière, elle a éclairé opinion publique sur les manœuvres du syndicat et défendu e qae nous avons de plus cher au monde, ce qui est pour nous àmede la patrie : j'ai nommé l'armée. {Très bien! très hieni droUe,)

M. LB PRÉSIDENT. — M. de Beauregard a déposé Tordre du our suivant :

« La Chambre fait appel à l'énergie du Gouvernement pour èprimer immédiatement la campagne dirigée par un syndicat Inancier contre la justice militaire et les chefs de l'arméa. »

Voix diverses. — L'ordre du jour pur et simple.

M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — Lc Gouvememcnt accepte ordre du jour pur et simple.

L'ordre du jour pur et simple, mis aux voix, est adopté.

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