COMPLOT INTERNATIONAL
Ce n'est pas seulement contre la sûreté de l'Etat, c'est contre la sécurité de nos frontières que conspirent les félons amis et défenseurs du traître.
LE PROCÈS REINACHROCHBFORT 143
Après avoir inondé de leurs ineptes brochures Paris et la province, les conjurés se répandent maintenant à l'étranger
Zola et ses Reinach, écrasés en France sous le dégoût public, en sont réduits à se faire délivrer par nos pires ennemis des certificats de civisme.
Le premier conseil de guerre, composé d'officiers ayant tout intérêt à proclamer un de leurs camarades innocent du crime de haute trahison, Ta déclaré coupable.
Mais le ministre allemand Bulow et le sous-secrétaire d'Etat italien Bonin se portent presque garants de son patriotisme.
Ah ! j'oubliais : il y a aussi l'écrivain norvégien Bjœrnson, qui n'a pu se retenir de féliciter Zola de son courage.
Aussi l'auteur de VAssommoir, dans sa réponse, le qualifîe-t-il de « grand génie ». Si le Norvégien lui avait fait honte de sa conduite antifrançaise, Zola l'aurait appelé : « Imbécile! »
Mais, devant l'agitation de nos voisins à propos d'une affaire exclusivement intérieure et qui ne regarde que nous, on se demande d'où vient ce mot d'ordre international.
Quand les Français eux-mêmes n'ont jamais eu sous les yeux le dossier du condamné, lequel^ comme dans tous les procès d^espionnage, a été jugé à huis clos, comment les Allemands, les Italiens, les Norvégiens et les Belges sont-ils ainsi fixés sur la culpabilité ou l'innocence du solitaire de Tîle du Diable ?
Est-ce que si nous apprenions qu'à Christiania ou à Copenhague un officier a été poursuivi et puni comme convaincu d'avoir livré des pièces militaires à la Prusse, aucun de nous aurait l'idée de fonder des journaux tout exprès pour affirmer que ce natif de Norvège ou de
Danemark n*a jamais commis le méfait pour lequel il a été traduit devant la justice de son pays ?
Tous les Danois et les Norvégiens se lèveraient comme un seul homme pour nous crier :
« De quoi diable vous mêlez-vous? Et en quoi ce qui se passe chez nous vous autorise-t-il à fourji*er le nez dans nos affaires ? »
Aussi est-il évident que ce remue-ménage hétéroclite a été provoqué par le Syndicat lui-môme et que le foyer du mouvement cosmopolite est à Paris, là où se sont réunis les conspirateurs à la suite de nos révélations sur la fausse pièce signée « Otto ».
L'inondation de papiers innomables autant qu'illisibles a gagné jusqu'au delà du Rhin.
L'appel à nos compatriotes ayant échoué devant Tindignation générale, c'est à l'étranger qu'on s'adresse.
Les juifs syndiqués l'invitent, avec toutes sortes de politesses et d'avances, à intervenir dans la discussion, avec l'espoir qu'il transformera en conflit extérieur la lutte intérieure engagée depuis trois mois.
Et l'inconscient Zola, à la comparution duquel les médecins aliénistes devraient formellement s'opposer, ne comprend même pas tout ce que ses éichanges de gracieusetés avec ceux qui ne rêvent que notre abaissement offrent de révoltant et de scandaleux.
Il en est, au contraire, on ne peut plus flatté, et dans sa réponse à Bjœrnson il fait allusion aux « sentiments qui ont fait battre son cœur » à la réception de la lettre de cet homme du Nord.
Le seul exotique qui ait touché juste, dans cette question qu'on voudrait bien faire européenne, et donné une leçon de dignité et de tenue aux Reinach et aux Zola, c'est ce professeur teuton qui écrivait récemment à un journal bruxellois :
a Je ne vous fais pas connaître mon opinion ; car si
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elle était favorable à Dreyfus, il mç semble que, venant d'un Allemand, elle lui serait plutôt nuisible. »
Mais ces considérations ne paraissent toucher en quoi que ce soil les agités changés subitement en agitateurs.
C'est tout au plus s*ils ne réquisitionnent pas les baïonnettes étrangères^ afin de mettre à la raison les Français récalcitrants qui s'obstinent à croire que si Dreyfus était innocent, il se serait pas reconnu coupable.
Cette distribution à jet continu d'opuscules répugnants, qu'on jette de l'autre côté de la frontière, n'a et ne peut avoir d'autre but que d'ameuter contre nous les puissances déjà si disposées à mobiliser leurs forces, en attendant l'occasion de s'en servir.
Si encore les abominables entrepreneurs de la réhabilitation du traître avaient la moindre chance de réussir!
Mais ce tohubobu qu'ils ont organisé, ils savent, à n'en pas douter, qu'il arrivera seulement à rendre leur Dreyfus plus odieux, et eux plus méprisables.
N'importe I si peu de mal qu'ils parviennent ainsi à faire à la France, ils se disent que ce sera toujours ça.
Le lecteur flottait à la dérive entre les farces délirantes de Rochefort et le délire sociologique de Orumont.
Voici ce que ce dernier publiait dans la Libre Parole du 1" février :
L'information du Gaulois annonçant que Billot exige que les officiers atteints par la grotesque citation de Zola comparaissent devant la Cour d'assises, sauf à déclarer qu'ils n'ont pas le droit de parler, confirme ce que nous avons dit du double jeu que joue le ministre de la guerre.
Pour coniproidre ce que cette attitude aura de l^<cck&^-
table pour nos officiers, il suffit de transposer la situation et de se figurer ce qui se passerait en Allemagne si un passionné d'immondices et un spécialiste d^œuvres lubriques s'avisait de se payer la tête du général Waldersée et de ses camarades, en les obligeant à se présenter devant un tribunal pour y fournir des explications sur le fonctionnement du grand Etat-Major.
La Mouquette n'a montré aux officiers et aux soldats qu'un visage qui n'en est pas un.
Zola veut à toute force que nos généraux viennent lui montrer leur vrai visage.
Devant chacun de ceux qui répondront : « L'intérêt de la défense m'interdit de révéler le nom des agents qui nous ont renseignés sur la trahison de Dreyfus », le scatologique personnage s'écriera triomphalement : « Vous voyez bien que j'ai raison de dire que ces hommes sont des faussaires et des traîtres, puisqu'on refuse d'ouvrir tout grands devant moi tous les dossiers du ministère de la guerre. »
On ne peut imaginer un exemple de démence imbécile comparable à celui de ce Gouvernement.
Voilà une nation qui, depuis 1871, a dépensé vingt et un milliards pour l'armée, qui a accepté le service obligatoire pour tous et qui, sous les risées de l'Europe, organise une représentation dégradante oh nos chefs militaires doivent servir de plastron à une espèce de Pourceaugnac que l'amour de la réclame a conduit au dernier degré de l'infamie.
Girardin, qu'on railla cette fois encore, avait raison à sa manière lorsqu'il proposait sérieusement, vers 1880, de licencier notre armée et de n'avoir plus qu'un corps de gendarmerie.
«Vous avez eu plus de gloire guerrière avec Napoléon, disait-il, que vous n'en aurez jamais. A quoi vous sert -il de faire des dépenses énormes et d'enlever tant de
forces vives au pays pour tenir sous les armes des centaines de milliers d*hommes avec lesquels vous ne savez même pas vous faire respecter en Europe ? Devenez une grande Suisse, mais une Suisse pleine de lupanars, de lieux de plaisirs, de cafés-concerts et de casinos, et placez votre neutralité joyeuse sous le protectorat de TEurope. »
L'idée parut paradoxale; elle était juste par certains points.
Si nous n'avons pas le droit de condamner un sale Touddi qui vend les secrets de la Défense nationale sans que les coreligionnaires de ce scélérat mettent la France sens dessus dessous et nous menacent d*une intervention de l'Allemagne, il vaudrait certainement mieux louer le ministère de la guerre à une société financière où les Juifs exploiteraient les gogos que n*a pas découragés le Panama.
A mesure que l'affaire Dreyfus se développe, Talliance intime ôt étroite des Juifs et de TAllemagne s'accuse avec un relief plus saisissant.
L'Allemagne, d'ailleurs, a admirablement choisi le terrain de cette campagne.
Elle poursuit un double objectif :
Ridiculiser nos généraux et leur enlever ainsi toute autorité sur les soldats s'ils se laissent traîner dans la boue sans parler, ou bien nous forcer à révéler tous les détails de notre service d'informations au cas oîi quelques officiers se décideraient enfin à parler pour ne pas rester sous le coup des outrages et des mensonges du Syndicat.
Le plan était bien combiné, mais, pour le déjouer, il aurait suffi que le Gouvernement eût un peu d'honnêteté et d'énergie.
Ceci, nous l'avons dit dès le premier jour, et nous le répéterons jusqu'à la fin.
Si on avait fait arrêter immédiatement Mathieu Dreyfus et tous les meneurs du Syndicat qui conspiraient ouvertement contre la sûreté de TEtat, on aurait coupé à sa racine vénéneuse l'effroyable scandale qui déshonore notre pays.
N'est-ce point un spectacle véritablement inouï que de penser que ce Mathieu, qui est sous le coup d*un procès en corruption, a été laissé en liberté et viendra tranquillement, le 7 février prochain, se poser en accusateur et en insulteur de nos officiers?
Pourquoi le Gouvernement n'a-t-il pas pris cette mesure?
C'est parce que, lui aussi, il joue un double jei comme Foulon qui, au mois dejuilet 1789, faisait di fallacieuses promesses au peuple et envoyait en même temps des hiessages & l'Hôtel de Ville pour racontei qu'il se moquait de la naïveté de ceux qui l'écoutaient.
Foulon fut pendu à un réverbère et c'est le sort peut être qui attend dans l'avenir ceux qui, à force de canaiilerie, de fourberie et de trahison, semblent prendre à tâche d'exaspérer ces Français qui sont trop confiants et trop bons.
Il se passe pour l'affaire Dreyfus ce qui s'est pass( pour le Boulangisme, oti les Juifs avaient trouvé moyei d'être les maîtres dans tous les camps et de faire ains avorter un mouvement qui était avant tout un mouvement national.
Reinacb conduisait Quesnay de Beaurepaire et h Haute Cour. Naquet, vice-président du Comité national trahissait le général qu'il faisait semblant de servir, e Arthur Meyer représentait l'élément conservateur.
Le Gouvernement, qui veut Targent des Juifs pour se: élections, favorise le Syndicat en ayant l'air de le com* battre, et il trahit l'armée en feignant de la défendre.
Ces opérations ténébreuses pouvaient réussir autrefois ; elles sont plus difficiles aujourd'hui.
Quand le Peuple est réveillé, il voit très clair et il aperçoit maintenant très nettement le machinateur de toutes ces scélératesses, Tourdisseur de toutes ces trames, le remueur de toutes ces fanges : le Juif.
Il aperçoit l'être néfaste tel qu'il est, tendant une main à TAllemagne en lui disant : a Menace I » offrant Tautre main à Técrivain immonde en lui disant : « Salis 1 »
Il aperçoit le Juif tel qu'il a toujours été : antisocial par essence, destructeur par fatalité, semeur de calomnies, artisan de ruses et de mensonges, et faiseur de ruines.
Organisateur de paniques, de krachs et de complots, ii cherche à détruire la Patrie des autres après avoir mis le feu à la sienne.
C'est toujours l'Ahasvérus auquel il a été dit : a Toute ville dans laquelle tu auras dormi la veille sera détruite le lendemain. »
L'allusion au réverbère de Foulon était le principal argument de ce nouvel article, assez maigre d'ailleurs au point de vue de l'illumination de la question précise : l'innocence de Dreyfus :
Une fois pendus Mathieu Dreyfus, Scheurer-Kestner, Zola, Duclaud, Monod, y verrait-on beaucoup plus clair ?