AUX FRANÇAIS
Citoyens,
La crise que traverse la France a mis la surexcitation dans tous les esprits.
Notre devoir est de faire entendre à ceux qui, de toutes parts, s'adressent à nous, le langage du patriotisme et du bon seas.
On ne peut imaginer œuvre plus scélérate et plus infâme que celle entreprise par le Syndicat juif. Pour arracher à un châtiment trop mérité un misérable traître qui a avoué son crime, il n'a pas craint d'affoler le pays tout entier et de couvrir d'injures les chefs les plus respectés de notre armée.
La population parisienne est confiante dans le jury de la Seine, pour faire justice des insulteurs de l'armée. Elle considérera comme un devoir de demeurer absolument calme, pendant le procès qui va s'ouvrir.
Mais le bruit se répand que, pour influencer le jury, l'argent juif, volé aux Français pendant vingt ans de rapines impunies, travaille à provoquer, dans la rue et jusque dans le prétoire, des manifestations en faveur des défenseurs du traître.
C'en est assez ! Les agents de l'étranger qui ont organisé cette campagne monstrueuse, véritable complot international, ont eu la Tribune et la Presse à leur disposition ; ils ont eu le Conseil de guerre.
Ils n'ont pas produit une preuve, une seule preuve de l'innocence de celui qui avait été régulièrement et justement condamné par ses pairs.
Aujourd'hui, ces mêmes agents, malfaiteurs obstinés, seraient disposés à seconder des manœuvres ayant pour effet de troubler la paix publique et la conscience des juges.
La population honnête et patriote de Paris ne supporterait pas de telles provocations. Elle fera elle-même sa police. Si le gouvernement persiste à ne pas appliquer les lois, sans distinction de classe ni de parti, à tous ceux qui menacent la sûreté de l'Etat à l'intérieur et à l'extérieur, la population prendra souci de sa propre défense.
Depuis que cet audacieux complot se déroule, les affaires sont suspendues, les intérêts souffrent, les esprits sont troublés et l'inquiétude gagne tout le monde.
Il est temps que cette agitation scandaleuse prenne fin et que la volonté du pays soit affirmée,
La France veut la justice, mais elle veut aussi avant tout, dans la paix et dans la liberté, rester maîtresse d'elle-même.
Elle ne subira jamais les pressions outrageantes de Juifs étrangers qui, après nous avoir pris notre argent, veulent attenter à l'honneur national.
Elle veut la République honnête et la Patrie affran-
LE PROCÈS REINACH-ROtMKFORT 171
chie du joug des cosmopolites, des corrupteurs, des agioteurs et des espions.
Que notre devise soit celle de tous : (Vive la France aux Français I)
Edouard Drumont, Président d'honneur de la Ligue Antisémitique de France ; Georges Thiébaud, Président du Comité Républicain Nationaliste; L. Gazon, Président de TUnion des Républicains^ patriotes, socialistes et révisionnistes ; Jules Guérin, délégué général de la Ligue Ântisémitique de France ; Dubuc, Président de la Jeunesse Antisémite ; E. Biard, secrétaire général de TUnion socialiste indépendante ; H. Dorfeuil, E. Bornet, délégués de la Solidarité ouvrière, Socialiste, Antisémite ;
Paul Granjean, Dupin de Valène, Lobien, Chavet, Hemet, Chrétien, Parisot, Vergez, Liégeois, Jean- Pierre, Liautaud, Ladevèze, Franchie, Laurent, R. de Galléan, Doin, Lefèvre, Godfroy, Troubadour, Richard, Masson, Gentil, Poccaton, Cornu, Langlois, Jeannin, Morel, Camille Jarre, André Jacquemont, Sellier, Dessein, Laforest, délégués des Organisations et Comités Républicains, Socialistes, Antisémites, Patriotiques et Plébiscitaires»
C'était un beau manifeste. Serait-il plus fécond en effusions de sang juif que son aîné du 17 janvier, celui qui avait avorté au Tivoli Vaux-Hall ?
Les amateurs d'émotions se le demandaient : les sceptiques avec un sourire, les gens de cœur avec angoisses.
La virulence des paroles ne faisait pas défaut au consortium « Guérin, Gazon, Thiébaud » ; si l'action devait suivre les paroles, Zola et les juifs n'avaient plus qu'à faire leur testament, avant un massacre gèiv^'t^V.
172 LIVRE DEUXIÂME
La Saint-Barthélémy des juifs et des tenants de l'innocence de Dreyfus était, selon Guérin et Thiébaud, le plus limpide des dénouements du procès Zola. Elle était la plus patriotique des solutions aux angoisses que Gabriel Monod, Duclaux et divers autres « intellectuels », que n'avaient intéressés ni Cyvoct, ni Turpin, se permettaient encore de manilester au sujet de l'innocence de Dreyfus.
Première audience du procès Zola (7 février). — L'avocat général requiert le silence sur Taffaire Dreyfus. — La Cour acquiesce. — Témoins militaires récalcitrants : Lieutenant-colonel du Paty de Clam ; générai Mercier ; capitaine Lebrun-Renault. — Témoins civils se réclamant d'Esculape : Madame de Boulancy ; mademoiselle de Comminges.
Le procès Zola s'ouvrit le lundi 7 février. Voici la physionomie de sa première audience, d'après le Matin :
Dans la salle de la Cour (Vassises. —Écrasement général.
Jamais on ne vît foule pareille au Palais. Ni les gros procès de crime, ni les procès anarchistes les plus retentissants n'ont amené un tel flot de curieux à la cour d'assises.
Avant que la cour ne fasse son entrée, tout est envahi. Et, cependant, les consignes avaieul felfe ^feN^;^^'?»^ Vs?^
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gardes républicains multipliés, et, derrière de nombreuses barrières, les gardes du Palais faisaient de tous les personnages qui se présentaient un tri sérieux.
On s'écrasait aux bancs des témoins, et dans le public debout, et dans le prétoire. Nous avons tort de parler spécialement de ce qu'au Palais on appelle le « public debout ». Hier, tout le public était debout. Grimpé au long des lambris, logé sur leâ calorifères, se dressant, par groupes, sur des bancs, tout ce monde haletait, ne pouvant faire un mouvement. Il n'y avait de public assis que celui qui s'était échoué par terre, au milieu du prétoire, étalé sur le parquet. Des membres du barreau, en robe, derrière la table des pièces à conviction, s'étaient accroupis ainsi et y restèrent dans une situation des plus bizarres et dans un raccourci des membres fort difficultueux. On eut pitié de leur héroïsme : on ne les dérangea point.
Parmi cette nappe humaine, quasi uniformément noire, quelques îlots apparaissent, tirant le regard de leurs notes claires, de leurs couleurs chatoyantes. Ce sont des groupes de femmes privilégiées : épouses de magistrats, parentes d'avocats, qui ont fait toilette pour le spectacle.
La presse des deux mondes, d'Europe et d'Amérique, est là. De nombreux reporters sont venus, représentants de tous les organes qui comptent dans la presse internationale.
Quelques dames parviennent à se glisser, au dernier moment, dans cette cohue. Voici madame Zola, madame Labori, madame Lavertujon, madame Decori.
Près de la porte, une foule d'officiers en civil. Derrière les sièges occupés par la cour, toute une corbeille de magistrats, un demi-cercle dont le centre est occupé par M. le premier président Périvier, qui semble présider avant VarfiYée de M. Delegorgue.
L'accusé.
Soudain, le bruit court que M. Zola fait son entrée. Il vient, en effet, suivi de M. Perrenx, gérant de VAurore^ de M* Labori et de MM. Georges et Albert Clemenceau.
Au moment où Tauteur des Rougon arrive à son c( banc », un jeune homme s'écrie : « Vive Zola ! »
Mais les huissiers le font taire et calment d'un geste de menace cet enthousiasme naissant.
M. Zola porte ses regards de droite et de gauche et avance la lèvre, d'une mine ennuyée. Quand il s'asseoit, il recouvre tout son calme et contemple d'un œil d'artiste le spectacle curieux qui s'offre à lui. Il semble en prendre tous les détails, en noter précieusement dans sa mémoire la vision. Ceci est évidemment un document précieux pour le livre qu'il prépare, roman d'un genre nouveau, roman vécu par lui et dont il aura été l'un des principaux personnages agissants.
Il est vêtu d'un pardessus gris, à la boutonnière duquel s'épanouit largement la rosette d'officier de la Légion d'honneur ; la redingote noire est boutonnée jusqu'à l'étroite cravate, qui laisse voir une bande de gilet blanc. M. Zola a des gants de Suède bruns et une canne, un jonc, dont il suce, de temps à autre, la pomme d'argent.
Il a adressé quelques saints. Il s'est assis. Puis il s'est relevé. Il s'est assis à nouveau. On attend la cour, et cette attente lui pèse. Il se lève encore et, dans cet étroit espace vide qui se trouve devant le banc des accusés, le voilà maintenant qui se ballade, le chapeau sur la tête et les mains derrière le dos, remuant la mâchoire et faisant d'intimes grimaces de la bouche, ce qui est ordinairement la marque d'une pensée profonde qui l'agite et d'une grande activité cérébrale jointe à une certaine « démangeaison » de répliquer.
Cette démangeaison, il la calmera. Il saura se taire. Il aura de brèves paroles et laissera avec sagesse à son avocat, M' Labori, tout le soin de sa défense, surtout hier, car cette défense fut toute de procédure et de formalités.
Les défenseurs.
M' Labori passe pour un bon avocat d'assises. Il a eu des plaidoiries de talent et a acquis une honnête renommée.
Hier, il s'est révélé sous un jour d'éloquence, de foi, de grandiose emphase, d'indignation à certains moments qui lui ont acquis les sympathies et l'admiration de tout l'auditoire, même de ses ennemis dans le procès actuel. Il s'est montré tel, dès le début de cette colossale affaire, qu'on a presque le droit de se demander, avec une certaine anxiété d'artiste, s'il pourra tenir jusqu'au bout un rôle aussi superbe.
Et nous avons tort d'employer ce mot. Car ce ne fut point là un rôle qu'il joua. Il ne saurait, en effet, être question, dans la circonstance, de comédien ni même d'avocat. Nous n'avons pas eu la tirade de l'un ni l'argument de l'autre : nous avons eu la conviction d'un homme doublé d'un orateur magnifique.
A côté de lui, M* Albert Clemenceau, le frère du rédacteur en chef de l'Aurore, représente l'éloquence utile et précise de l'avocat qui ne laisse rien échapper de ce qui peut le servir et qui sait clore la phrase nécessaire en incident de procédure.
C'est dire combien M® Clemenceau eut à intervenir hier, où nous n'avons eu affaire qu'à ces sortes d'incidents et où la défense eut à batailler sans cesse avec l'accusation, qui ne perdait pas une occasion de lui enlever ses armes. On sait qu'en la circonstance les armes
de la défense sont celles qui lui viennent de la liberté de faire la preuve des faits diffamatoires.
M. Tavocat général Van Gassel a restreint le champ de la preuve autant qu'une interprétation assez élastique des textes pouvait le lui permettre. La tâche de M. Tavocàt général Van Gassel dans toute cette première audience fut des plus ingrates.
Il ne se levait que pour réclamer des entraves à la libre discussion, cependant qu'en face de lui les avocats ne demandaient que la lumière et faisaient constater au iury combien Tattitude du ministère public la rendait impossible.
Cette attitude fut jugée, hier, assez sévèrement, même par les partisans à outrance de l'accusation. Elle était regardée comme maladroite et susceptible d'impressionner fort désagréablement le jury.
Car, s*il faut tirer une conclusion de cette première audience et s'il nous faut dire en toute sincérité l'impression qui s'en dégage, il semble à tous que M. Emile Zola n'a que profit à tirer d'incidents de procédure tels qu'ils lui enlèvent le moyen de se défendre.
Le jury ne comprendra point qu'on l'arrête dès qu'il s'agit d'une preuve à fournir, ni qu'on ne lui donne point les témoins qu'il demande.
Premières menaces. — Cent soixante et onze dépêches.
Le procès commence.
Et maintenant, arrivons aux débats. Dès l'ouverture de l'audience, M. le président Delegorgue a menacé d'évacuation l'auditoire dès la première manifestation. Il y en eut dix. Il y eut des bravos, et des acclamations, et des protestations, et rien ne fut évacué, naturellement.
Tirage au sort des jurés. Deux jurés supplémentaires. Pendant ces préliminaires, M. Emile Zola fait une rapide
lecture des cent soixante et onze dépêches qui viennent de lui être transmises. Elles sont arrivées chez le con- {cierge de la cour.
M. le greffier Wilmès donne lecture de la lettre du Oiinistre de la guerre au ministre de la justice qui constitue la plainte.
M. le général Billot y déclare, en substance :
J'ai pris connaissance de rarticle signé par M. Zola et publié dans V Aurore, Cet article renferme une série d'injures et de diffamations contre les membres des conseils de guerre de 1894 et 1898 et contre diverses personnalités militaires. Chefs et subordonnés sont au-dessus de pareils outrages, etropinion du Parlement, du pays et de l'armée en a déjà fait justice. D'autre part, je ne puis admettre davantage qu'on puisse laisser remettre en discussion, en dehors des moyens légaux, la décision du conseil de guerre de 1894 et l'autorité de la chose jugée. Mais il y a une accusation qu'il convient de faire juger et punir : c'est celle qui représente les membres du conseil de guerre qui a jugé le commandant Ësterhazy comme ayant acquitté par ordre...
Le greffier donne ensuite lecture de la citation lancée en conformité de cette plainte.
Et dès d'abord, avant même que Ton interroge rapidement les accusés, M. l'avocat général se lève et dit :
J'ai pensé que c'était le cas d'user de la faculté donnée au ministère public par le code d'instruction criminelle d'exposer la prévention. Il s'agit, non pas de discuter, mais d'exposer*
La plainte ne vise que la diffamation dirigée contre les membres du conseil de guerre qui a jugé Ësterhazy, accusés d'avoir acquitté par ordre.
La citation ne pouvait, à peine de nullité, s'étendre à d'autres injures et diffamations. Au surplus, le bon sens indique que le plaignant doit être libre de délimiter les faits sur lesquels il entend faire porter le débat pour l'empêcher de dévier. Les personnalités ont le droit de mépriser certaines injures. D'autre
part, on peut garder le secret lorsqu'il s'agit de sauvegarder de hauts intérêts nationaux. Ici, il n'était pas possible de laisser remettre en discussion, devant une juridiction incompétente, des décisions qui^ comme celle de 1894, sont devenues définitives.
Et voilà pourquoi on a strictement limité l'affaire en posant une question précise : Les juges du commandant Ërterhazy ont-ils commis le crime de juger par ordre ?
Il serait absolument illégal, dès lors, de faire porter le débat sur un autre terrain que celui qui a été circonscrit par la citation.
D'où il résulte pour M. ravocat général qu'il ne saurait être question dans cette affaire que du procès Esterhazy et non du procès Dreyfus.
En vain, MM" Labori et Clemenceau s'élèvent-ils contre les prétentions de l'avocat général et invoquent-ils le droit de parler des deux procès, qui, disent-ils, sont connexes ; en vain, se font-ils l'écho de la lettre de M. Emile Zola relative à la citation et à la restriction des débats, lettre qui est ainsi conçue :
Est-ce que le ministère public peut espérer vraiment restreindre le débat aux trois points visés parla citation î Est-ce qu'il n'y a pas une évidente connexité entre ces faits et ceux que l'on veut mettre en dehors du débat ? Gomment démontrerions- Dous qu'on a couvert une illégalité en 1897, si nous ne pouvions démontrer qu'une illégalité a été commise ? Gomment échapper à la nécessité de nous laisser démontrer que Dreyfus est innocent ? Gomment nous empêcher de démontrer comment on a été amené à commettre l'illégalité d'abord, & la couvrir ensuite ? N'y a-t-il pas là une évidente connexité, une liaison étroite des faits?
Il faut que l'opinion publique, si généreuse en France, mais qui, aujourd'hui, ne sait pas, il faut que cette opinion sache I M. l'avocat général a parlé de chose jugée, d'autorité de la chose jugée quand une illégalité a été commise I
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Tous ces efforts sont inutiles. Les conclusions de l'avocat général sont adoptées par la cour, les conclusions contraires de M' Labori sont repoussées. Les débats ne pourront rouler que sur les faits relevés dans la citation et non sur tous les faits énumérés par M. Emile Zola dans sa fameuse lettre de V Aurore où il « accuse ».
Arrêt de la cour.
Voici Tarrôt de la cour. Il est fort important et destiné à faire naître de multiples incidents. Aussi le donnonsnous tout entier :
La Cour,
Considérant qu'en exécution de rarticle 47 de la loi de 1881 M. le ministre de la guerre a porté, au nom du premier conseil de guerre, le 18 janvier dernier, une plainte en diffamation contre MM. Perrenx et Zola ; que cette plainte vise uniquement la diffamation commise contre le conseil de guerre qui, dans ses audiences des 10 et 11 janvier 1898, a acquitté le commandant Esterhazj ;
Considérant que la citation du 20 janvier précise les imputations diffamatoires qui font l'objet des poursuites;
Considérant que l'article 35 permet au prévenu de faire la preuve du fait diffamatoire dans les formes et le délai prévus par l'article 52 ;
Considérant qu'il résulte des termes de ces articles que la preuve est limitée aux faits qualifiés par la citation ; que la citation et la preuve offerte ne peuvent avoir que le même objet ;
Considérant toutefois que, dans la notification, les prévenus ont articulé, sous la lettre B, des faits qui ne se rattachent en fLUCune façon aux faits visés par la citation ;
Que le but évident des prévenus est de détruire l'autorité de la chose jugée et que le respect de la chose jugée rendrait la preuve offerte inadmissible ;
Par ces motifs.
Rejette les huit faits articulés,
Dit que la preuve offerte en sera interdite.
Les experts, ayant déposé à leur tour des conclusioas relatives au passage de la lettre qui les concerne, ont été déboutés de leurs prétentions et renvoyés au procès correctionnel qu^ils ont intenté à M. Zola.
Les témoins.
Après une suspension d'audience, commence non point l'appel des témoins, mais la lecture de la liste des témoins. Cette formalité tiendra toute la An de cette audience.
M. le président fait connaître qu'il a reçu un certain nombre de lettres d'excuse, parmi lesquelles celles de MM. le général de Luxer, de Pressensé, colonel de Ramel, Frédéric Passy et du garde des sceaux.
Le garde des sceaux annonce que le ministre de la guerre n'a pas été autorisé à venir déposer à la cour d'assises.
M. Casimir-Perier a également écrit qu'il ne pourrait rien dire sans sortir du rôle constitutionnel qu'il avait comme président de la République et qu'il ne viendrait, si cela était nécessaire et par déférence pour la cour, que pour répéter cette déclaration.
M® Labori fait toutes ses réserves pour M. Casimir- Perier.
On arrive au témoin du Paty de Clam. M. le président lit une lettre de l'officier, qui déclare qu'il ne peut venir, lié qu'il est par le secret professionnel.
M« Labori proteste de toutes ses forces contre l'abstention de M. du Paty de Clam.
Il dépose les conclusions suivantes, qu'il juge les plus importantes de toutes, attendu, dit-il, que M. du Paty de Clam est, en quelque sorte, la pierre angulaire du procès actuel :