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CHAPITRE DOUZIÈME

Uaffirroation du lieutenant-colonel Henry au comnnandant Ravary « M* Leblois compulsait le dossier secret avec le lieutenant colonel Picquart » est fausse de par la déposition môme du lieutenant colonel Henry à la sixième audience.

La confrontation de la sixième audience fut décisive pour déterminer le degré de véracité que présentait rafûrmationdu commandant Lautb, au sujet du timbre de la poste à apposer sur le petit bleu.

La confrontation du colonel Henry avec le colonel Picquart, au sujet des dires contradictoires de ces deux offlciers relativement à Tenveloppe, dite « du dossier secret »> d'où sortait la pièce « Ce canaille de D... », avait-elle été moins décisive?

Pour se faire une opinion à cet égard, il faut scf référer aux débats très touffus du compte rendu sténograpbique.

Confrontation de M. le colonel Picquart, de Af. le colonel

Henry et de M. le général Ganse,

M. LB Président, au colonel Picquart. — Combien de fois ayez-YOus reçu M. Leblois au ministère ?

M. LK COLONEL PicQUART. — C'cst asscz difficile à préciser^ mais enfin mettons de dix à quinze fois en tout, dans Tespace d'un an.

J. — Erreur matérielle du Président Dclegorgue.

M. LE Président. — Vous nous avez dil hier vingt à trente fois.

Mo Clemenceau. — C'est une erreur matérielle que je me permets de vous signaler; le témoin n'a jamais dit cela : c'est un autre témoin, le général de Pellieux, je crois.

M. LE Prédidrnt. — Je dis qu'un témoin, je ne me rappelle plus si c'est le général de Pellieux ou un autre, avait dit vingt ou trente fois, mettons dix ou quinze.

M. LE COLONEL PicQUART. — Jc uc poux pas préciser.

M. LE Président. — L'avez-vous reçu, notamment en novembre 1896, c'est-à-dire entre son retour à Paris et votre départ ?

M. LE colonel Picquart. — Oui, monsieur le Président, je me souviens très bien qu'il est venu une fois.

M. LE Président, — C'est-à-dire entre le 7 et le 16 novembre ?

M. LE COLONEL PicQUART. — Il faudrait limiter ceci entre le 9 et le 14, parce que le 8 était un dimanche^ jour auquel je ne me rendais pas au ministère, et que le ^4 est le jour où j'ai cessé mon service. Dans l'intervalle de ces deux dates, je l'ai reçu une fois ; il est venu sans s'asseoir, autant que je m'en souviens, pour me dire : « Je suis rentré. » Il songeait à faire une démarche dont il m'a parlé. Je me vois le reconduisant à la porte — je crois qu'il ne s'était pas assis — et lui disant : « Je suis très occupé. » En effet, à ce moment-là venait de paraître le fac-similé du bordereau dans le Matin, et j'avais un tas de choses sur les bras.

M. LE Président, au colonel Henry^ rappelé à la barre. — Monsieur le colonel Henry, voulez-vous nous édifier plus complètement sur les circonstances dans lesquelles vous avez surpris l'entretien du colonel Picquart et de M. Leblois, à l'automne de 1896. Avez-vous vu le dossier secret et la pièce commençant par ces mots : « Cette canaille de D... »?

M. LE COLONEL Henry. — Voici ma déposition au Conseil de guerre... Je vous demande la permission de m'appujer sur la barre, je suis souffrant.

M. LE Président. — Voulez- vous une chaise ?

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