Laquelle devait primer les autres
30. ‘‘ Et cela lorsque l’état de nos finances nous forçait à des emprunts dispraportionnés d'avec les revenus,
40. ‘ Sur la nécessité de réduire les dépenses du gouverniment civil et de la législation,
50. ‘‘ Au lieu de recourir à des impôts nouveaux, en vue d’éviter des embarras financiers,
60. ‘‘ Le regret que les ordres soient passés en conseil, pour l'angmentation des salaires des employés dn service civil,
70. ‘* La législation contraire aux principes du droit et de la justice en ce qui concerne le bill intitulé : ‘ Acte concernant le chemin de fer de Québec, Montréal, Ottawa et Occidental,
80. ‘ Le défaut d'autorisation pour présenter les mesures au Parlement.
Voilà huit griefs définis par lui. Les huit contribuent également au renvoi des ministres : ‘“ Pour toutes ces causes.”
re et ii $ |. LES SUBSIDES AUX CHEMINS DE FER DU SUD, , nu Le Lt.-Gouverneur avait-il le droit de se plaindre des dépenses énormes occasionnées par des subsides de chemins de ues- fer déjà votés et sanctionnés ? De sa propre initiative il ne le juées pouvait pas, De sa propre initiatiative, aucune personne n’a le droit de mettre la couronne en contradiction avec elletac- même. Si les dépenses pour ce chef étaient telles que la 54 d conscience ou les prérogatives de la couronne en souffraient, Qué- elles en souffraient au même dégré lors de la sanction de ces Mel mesures le 28 Décembre 1876. Or, le Lt.-Gouverneur avait ainte- alors sanctionné sans la moindre apparence de répugnance Cou- la loi autorisant ces subsides. Et nous avons lieu d’être surpris de voir un représentant de la couronne proclamer à l’en- ; contre de ses aviseurs, dans un document officiel, la supériori-
té de sagesse individuelle sur la sagesse collective des trois t les branches de la législature, composées de la couronne même, du Conseil Législatif et de KAssemblée Législative, 11 est peut-être permis à un homme de se contredire, mais il ne
latu- lui est jamais permis po ir se contredire de se choisir une posire : sition ridicule. La couronne n’a pas à remercier l’Hon. M. u bsi- Letellier de St. Just pour le singulier rôle qu’il lui a fait joner. s que Si à cela l’on ajoute Le fait que huit jours après le même Lt.- } VOIE Gouverneur sanctionuait une autre loi occasionnant plus de
dépenses publiques pour ces subsides de chemins de fer, nous sommes forcément amené à regretter qu’il y ait, dans l’un ou à des l’autre cas, un manque de sincérité. Ce n’est pas l'habitude de corriger les surcroits par de nouvelles additions et puisque Son Excellence a approuvé des dépenses plus énormes, elle
LS w'était pas justifiable de dénoncer des dépenses moins énormes.
e d’é- $ 2. LE NORD DOIT-IL PASSER AVANT LE SUD.
| - Est-il bien sûr que les dépenses pour les chemins du gou- ; vernement devaient primer les dépenses pour les entreprises et de privées? Cela nous paraît être doublement faute. 1. faute con- contre la morale. 2. faute contre l’économie politique. t Oc- Sur quoi pouvait-on se bâser pour qu’entre deux engagements pris de la même manière, le gouvernement donnât ia Sé 4u préférence à l’un plutôt qu'à l’autre ? Est ce que la signature de la Couronne ne garantit pas l’un comme l’autre? Que signifie, dans l’idée du lieutenant-gouverneur, le terme préfétéga- rence, si ce n’est payer pour l’un et ne pas payer pour l’autre ? à Autrement il n’y aurait pas de préférence possible. Nous
aimerions à connaître l’opinion de notre Gracieuse Souve-
raine sur cette proposition qu'elle doit violer sa parole. Et du reste, le voulut-elle qu’elle ne le pourrait pas. Il y a des droits acquis. Les compagnies ont fait des transactions en vue de ces subsides. L'argent voté n'appartient pas au trésor ; il est à celui qui a rempli les conditions voulues pour l’obtenir. Refuser de payer un subside, autant vaudrait dire que le gouvernement a le droit de voler qui bon lui semble.
Au point de vue de l’économie politique, le lieutenant-gouverneur émet une énorme bévue. Le réseau des chemins de fer du sud est aussi imporlant que celui des chemins de fer du nord. La quantité de milles que les subsides officiels ont mis en voie de construciion äGans le sud est pour le moins aussi considérable que le nombre de milles construits par le gouvernement entre Québec et Ottawa, et il y a cette diffé. rence que chaque mille du sud coute 75 p. 100 moins cher à la province que ceux du nord. Ainsi, pour chaque mille piastres que le pays investit dans les chemins du sud la ri- «<hesse publique augmente de quatre mille piasires, parce que l’industrie privée est obligé de suppléer à la différence, tandis que dans le nord, pour chaque mille piastres la fortune publique ne s’accroit que de mille piastres. Maintenant si Pargent disponible n’est pas en quantité suffisante, dira-t-on qu’il sera plus sage de retrancher sur les entreprises privées que sur les entreprises officielles ? Il y a une chose certaine, c’est que les entreprises privées n’ont que des moyens limités et qu’elles tomberaient certainement si le pouvoir public qui devait les soutenir leur fait tout-à-coup défaut. Elles ne pourraient pas se pourvoir ailleurs ; tandis qu’un gouvernenent pourra toujours trouver des ressources suffisantes pour compléter ses propres travaux. De sorte qu’en bonne morale comme en bonne politique, le lieutenant-gouverneur aurait dû plutôt recommander à son cabinet de secourir d’abord les entreprises privées.